mardi 24 mai 2016

La mesure du temps

Simple réflexion que tout le monde a du se faire sur la mesure du temps.
Le temps est subjectif, il s'étire ou se contracte à loisir, selon nos états d'âme... Qui n'a jamais eu l'impression que sa journée était interminable et mortellement ennuyeuse, et au contraire, qui n'a jamais eu l'impression, après un WE de vacances, d'avoir passé une semaine loin de son train-train, d'avoir complètement déconnecté?
En fait, non, la perception du temps n'est pas liée à notre humeur, mais à notre activité, ou plus précisément aux événements que nous vivons.


Tout se passe donc comme si on fixait le délai habituel entre 2 événements, disons 2 heures par exemple. Lorsque la réalité est différente, et sépare 2 événements de 8 heures dans un cas, et de 10 minutes dans l'autre, alors notre perception doit faire le lien entre la réalité et notre horloge interne.
Lorsque nous vivons un intervalle plus long que prévu, alors on trouve le temps long : notre perception étire le temps pour faire coller les 2 heures interne aux 8 heures réelles, et le temps est multiplié par 8... Et inversement, nous ne voyons pas le temps passer lorsque les événements sont rapprochés : notre perception comprime le temps interne pour le faire tenir en 10 minutes réelles. Au présent, nous sommes ancrés dans le réel, et donc c'est notre perception interne qui s'adapte.
Ça, c'est ce que nous vivons au présent, mais l'histoire est différente lorsque nous faisons travailler notre mémoire. Nous ne sommes plus ancrés au réel, notre mémoire s'attache davantage aux événements. Ainsi, une journée pour laquelle nous nous souviendrons de 2 événements sera associée à une journée de 2 heures dans notre esprit, et inversement, une journée bien remplie, avec 15 événements marquants sera associée à une durée de 30 heures.

Au final, la journée qui nous aura paru interminable laissera la trace d'une journée fugace, et la journée que nous n'aurons pas vu passer donnera l'impression d'avoir duré des jours avec le temps. Ceci explique que lorsqu'on s'ennuie alors le temps nous semble long, et que nous ne voyons pas le temps passé lorsque nous multiplions les activités.
Une fois que l'on sait cela, on peut en jouer. Il devient facile de se dépayser en vacances : il suffit de multiplier les événements : enchaîner les visites, les activités, ne rester pas en place et vous oublierez vitre votre boulot quotidien, vous le laisserez des siècles derrière vous.
Vous trouvez le temps long : idem, il suffit d'interrompre la monotonie par un marqueur de temps, vous brisez à la fois l'ennui et la pesanteur du temps qui s'arrête.

Ceci explique aussi l'évolution de notre perception au fil des âges. Pendant l'enfance, notre vie est soumise à de multiples événements : les cours se succèdent, on change de classe et d'environnement tous les ans, tout est découverte, tout est nouveau : nous vivons tout à 100 à l'heure car le temps nous échappe, il est trop compressé. En vieillissant, il se dilate : les événements marquants sont moins nombreux, la vie est moins surprenante. Et du coup, en regardant en arrière, plus on vieillit, moins on voit le temps passer. Ce qui laisse à penser que notre perception interne reste constante, et ne fluctue pas selon nos habitudes.

Mais la question qui reste entière est d''où nous vient cette perception innée du temps? Est ce véritablement inné? Tout le monde a t'il la même perception initiale (mes fameuses 2 heures)? Ou bien est elle apprise lors de l'enfance, n'évoluant que très peu par la suite?

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