mardi 22 octobre 2013

Argumentaire et débat : confrontation et affrontement

Le sujet me trotte dans la tête depuis un petit moment, ça promet d'être brouillon (enfin vu que quand je veux faire court ça part dans tous les sens, si ça se trouve, là ça va être clair et synthétique) -j'en viens même à me demander si je n'ai pas déjà écrit un article de ce genre...-

Bref, petites réflexions sur les débats, discussions, argumentations qu'on peut tous avoir (surtout moi :))

A quoi doit servir une discussion? Il peut y avoir plusieurs objectifs : découvrir l'autre, découvrir de nouvelles choses, se découvrir... ça, ce sont pour les objectifs "nobles", mais le gros problème est que souvent on se laisse emporter dans la rhétorique.

Le principal écueil est bien celui-ci : virer à l'affrontement, ou au ping-pong ou chacun son tour on essaye d’asseoir une position dominante sur l'autre, de détruire ses arguments, ou de montrer la force des siens. Ce mouvement est naturel dans la mesure où le jeu est très stimulant et très jouissif. Il fait appel à nos instincts primaires et les récompenses sont tout aussi primaires mais n'en sont pas moins extrêmement plaisantes, au plus niveau de notre être, dans nos plus profonds instincts. C'est stimulant d'essayer de maintenir sa position et de faire vaciller l'autre, tout à tour, argument après argument. Et c'est jouissif de finir en position de force, avec le dernier mot. On en vient à chercher la victoire par KO, à tuer l'autre. On est emporté dans notre élan, on ne se rend plus compte de rien, on ne maîtrise plus rien, ce sont les meilleurs conditions pour faire apparaître un peu de mauvaise foi, pour ne plus reconnaître ses torts... C'est d'autant plus facile de  se laisser emporter dans cet élan que l'autre nous y invite aussi : soit il éprouve le même plaisir vers la victoire par KO, soit il se sent menacé. Mais dans cette position un autre instinct le fera réagir tout aussi sauvagement : l'instinct de survie. Bref, nous pouvons nous retrouver avec 2 dominants face à face, prenant plaisir dans la lutte, ou alors un dominant face à un opprimé, qui luttera pour sa survie, pour exister. La lutte sera féroce dans les 2 cas. Dans tous les rapports humains, il y a une pat de soi en jeu, et c'est bien cette part qui active nos bas instincts, qu'ils soient de survie ou de domination.

Malheureusement ce type de victoire ne sert pas à grand chose : l'autre sera juste KO, abasourdi, ne sera pas réellement convaincu pour autant. Ce n'est pas parce qu'il n'aura plus d'arguments qu'il estimera avoir tort, on ne convainc jamais réellement l'autre avec des arguments : changer d'opinion est un processus personnel, qui prend généralement du temps, le temps d'assimiler les différents éléments... Ceci se fait rarement en direct lors d'une conversation. Ça sera même contre-productif dans la mesure où l'autre gardera une certaine rancœur de cet affrontement, de cette défaite. La victoire ne sera que de courte durée, la rancœur et la vengeance viendront ensuite... Et ces sentiments occulteront toute réflexion postérieure sur le sujet : l'opposant ne sera sans doute même plus capable de reconnaître qu'il avait tort (pour peu que ce soit le cas). La réflexion est impossible lorsque les sentiments (et les ressentiments) sont présents.

L'objectif commun, qui a fait naître la discussion doit rester la préoccupation principale, et ne doit pas être remplacé par les instincts primaire de victoire, de domination, voire de destruction...

Reste à savoir quels sont ces objectifs communs. Et malheureusement, je pense que dans bien des cas, ils ne sont pas réellement communs, mais personne ne s'en rend compte.. jusqu'au clash. Les objectifs communs nobles, j'ai commencé à les citer :
- découvrir l'autre : en ce cas on est à l'écoute... mais pas seulement, on peut bien gratter pour mieux le découvrir. Mais pourquoi gratter là où ça fait mal? Certes, c'est une partie à découvrir, mais l'objectif commun était t'il la découverte de l'autre à tout prix? L'autre ne partage sans doute pas cet avis...
- progresser / affiner sa vision de la réalité : l'échange de points de vue permet d'agrandir son propre champ de vision, permet de s'approprier des réflexions, des observations rapidement, sans avoir à en faire une expérience personnelle. La confrontation permet de valider les observations et les réflexions, mais il faut rester humble et partir du principe que notre point de vue est aussi défendable / valable / vrai que celui de l'autre. Cette disposition d'esprit est un pré-requis pas si simple que ça à adopter. Et quand bien même on l'adopte, si un seul des 2 est dans cette position, la guerre apparaîtra tout de même, mais ne sera jugée féroce et violente que par un seul des 2 protagonistes.
Les autres objectifs, à mon sens, sont rarement nobles, mais partent dès le début dans une mauvaise direction : s'imposer, convaincre... que ce soit pour flatter son ego ou rabaisser l'autre (ce qui revient au même) : de tes objectifs ne peuvent être partagés. Il y a donc un peu de mauvaise foi (ou de manipulation malsaine) dès le début, les bases sont biaisées (sans qu'on l'admette forcément).

Mais bon, tout ça c'est la théorie : comment savoir en pratique lorsqu'on arrive à l'état de guerre, lorsque la confrontation se transforme en affrontement? Cet état pouvant même être atteint par l'une des 2 personnes sans que l'autre ne s'en aperçoive : la déclaration de guerre n'est pas forcément simultanée :)
On peut s'arrêter dès les premiers échanges d'arguments en mode ping-pong. C'est certes un mauvais signe dans la conversation. Mais je crains que ceci soit un peu prématuré. Cet échange est normal lorsqu'il est encore maîtrisé. Il permet la confrontation d'idées, il faut bien descendre un peu plus profondément dans les réflexions et les exemples pour comprendre...
Le mieux, qui me vient à l'esprit ce soir, est de s'arrêter lorsqu'on considère que l'autre s'est décrédibilisé par ses arguments ou sa réflexion, lorsque nous estimons qu'il est dans une position de faiblesse. Ce jugement n'est que personnel bien entendu, et peut refléter au contraire notre manque d'objectivité et notre manque de clairvoyance et de réflexion. Il y a même fort à parier que ce jugement est partagé : à ce stade là, l'autre doit certainement nous voir aussi en position de faiblesse.
Et c'est à ce moment de crise bien particulier que tout doit basculer : devant une cible jugée affaiblie, nos instincts se réveillent sûrement : nous pouvons la pousser davantage dans ses retranchements avant de lui porter le coup de grâce. Et c'est bien à ce moment là qu'il faut se contrôler et s'arrêter... net.
Mais ceci ne suffit pas forcément : dans le cas hypothétique du sage discutant avec une personne se sentant attaquée, agressée, que se passe t'il? Le sage peut ne se rendre compte de rien et peu estimer la position de l'autre tout autant que la sienne, mais ses interrogations, ses doutes seront perçues par l'autre comme autant d'agressions. Ce cas est sans doute plus dur à déceler. Le sage est il condamnable dans ce cas là? Ma foi, la question de la culpabilité ou de la responsabilité ne se pose pas en ces termes : il faut être 2 pour la discussion, les 2 sont tout autant responsables.

Bref, j'en reviens toujours au même point : le tout est de développer sa conscience (et de s'entourer de personnes tout aussi conscientes... sinon il faut être conscient pour deux...). Sa conscience des choses, de l'autre, de sa perception, de soi-même. Ça reste le meilleur moyen de ne pas se mettre dans de telles situations. Même si on peut toujours se poser la question de savoir si cette conscience ne pousse pas vers l'immobilisme et l'inaction. Autre débat :)

samedi 19 octobre 2013

La vallée des larmes

Drôle de concept sur lequel je suis tombé, enfin c'est surtout le nom qui m'a attiré :)

Après recherche, cette vallée serait présente dans deux phénomènes : l'apprentissage et la réaction face à un changement.

En phase d'apprentissage, il s'agit du moment où on a l'impression de ne plus progresser, de ne plus apprendre, de stagner : on a atteint une sorte de palier. On va même jusqu'à avoir l'impression de reculer, de perdre quelques récents acquis. La confiance en soi s'effrite.
Il s'agirait en fait (ça m'arrange de le croire sur parole) d'une phase de repos du cerveau, de notre intellect : toute ceci se remodèle, afin d'intégrer l'important volume appris, durablement. Bref, ce sont enfin les effets à long terme de l'apprentissage qui se mettent en place, mais cette mise en place s'accompagne d'une impression de recul. C'est reculer pour mieux sauter.
Sauf que si on laisse cette impression de recul nous hanter, et bien nous nous arrêtons là et l'apprentissage n'aura servi à rien, nous le perdrons et retournerons à notre point de départ, voire plus bas. Et si nous persistons, alors nous repartons de plus belle.
D'où cette appellation de vallée sur une courbe d'apprentissage. D'où l'intérêt d'être soutenu et encouragé pendant cette période où nous aurons tendance à voir les choses en noires.

L'autre domaine d'apparition de ce terme, plus classiquement, est face à un changement, face à un choc, un traumatisme. Nous passons pas le déni, la colère, la peur, puis la tristesse avant de repartir dans un mouvement positif : acceptation, pardon et renouveau.
Le bas de la courbe, la vallée, apparaît pour faire la transition entre deux mouvements : l'un descendant, l'autre remontant. C'est le moment du déclic, où on fait véritablement notre deuil, où on se rend compte que le passé ne reviendra plus : le retour est impossible. On n'accepte pas encore tout, on ne va pas encore de l'avant, mais on réalise que le retour arrière est impossible, et on va se remettre en marche de manière hésitante pour commencer. Bref, c'est le moment de la tristesse, des larmes qui sortent toutes seules, le déclic s'opère souvent là.

L'explication donnée, il s'agit maintenant de voir dans quelle mesure ce phénomène se répète (ou non) constamment dans notre vie. Ne sommes nous pas sans arrêt en train de traverser ce genre de vallée (plus ou moins profondes), ne sommes nous pas sans arrêt en train d'apprendre?
Le plus notable pour moi dans cette histoire est cette explication (que je n'ai pas pu vérifier) : il s'agit du fonctionnement normal du cerveau, qui doit se reconfigurer en quelque sorte pour s'adapter à la nouvelle situation, que cette situation soit un choc ou le fruit d'un apprentissage. Cette reconfiguration va nous faire douter, va nous faire perdre davantage nos repères, va replacer au centre nos émotions. Sorte de lâcher prise dictée par la nature, la volonté est réduite, les émotions -et les larmes, le découragement ou l'absence de courage- l'emportent. La volonté s'est usée dans les phases précédentes, soit pour forcer l'apprentissage, soit pour opposer toute sorte d'obstacles au changement.
L'important est de réaliser qu'il ne s'agit que d'un cap mécanique à passer... et de le réaliser pour les autres aussi, pour mieux les aider mon enfant...

mardi 15 octobre 2013

La vie est un jeu

Trop commun pour être une citation, c'est juste la une d'un magazine :) (ça pourrait être bien que je lise l'article d'ailleurs :p)

Oui, la vie est un jeu (autant y aller franco), depuis qu'elle a perdu son caractère sacré, elle a perdu de sa superbe et de son sérieux. Tant mieux en un sens, ça la rend moins rigide, plus plaisante, plus libre. Trop la sacraliser la tuait, l'enfermait et ne créait plus que frustrations.
Bon par contre, comme souvent, on passe d'un extrême à l'autre (enfin, je suis persuadé qu'on va aller encore plus dans le côté extrême prochainement.. avec la multiplication des yolo / on ne vit qu'une fois), la vie a tellement perdu de son sacré que ce sont toutes les valeurs qui se sont écroulées avec : après tout, la valeur de la vie est une sorte d'étalon dans l'échelle de valeur non, et lorsque l'étalon ne vaut plus grand chose... Bref, pas là pour parler de ça ce soir, pas tout de suite en tout cas :)

Si la vie est un jeu, reste à déterminer si on est le jouet ou le joueur :) -pas pu m'empêcher de la replacer celle-là...
L'idée du jouet est un peu simpliste et ne mène pas à grand chose (même si elle est vraie) : jouet de Dieu(x), du destin... peu importe. Mais dans ce cas, ça ne changerait pas forcément grand chose, puisqu'en tant que jouet on ignore ce qui nous attend : un rôle nous est imposé, autant le jouer le plus intensément possible ! Faisons honneur au metteur en scène et à l'auteur, et en plus ça ne pourra que rendre la vie plus intéressante, plus intense. Autant voir sa vie comme une pièce de théâtre, et ne pas hésiter à surjouer. Ça fera réagir soit le metteur en scène (faut pas rêver...mais on sait jamais) soit le public / les autres acteurs, mais ça sera toujours plus sympa que de faire tapisserie.
Au final, on adopte tous différents rôles selon la situation : le rôle de l'employé modèle, du petit ami, du bon pote, du rebelle, de la brute, du comique... Sans aller jusqu'à dire que ce sont des masques, ce sont au moins des facettes de notre personnalités, qui révèlent notre personnalité profonde, par un de ses aspects du moins. Ce rôle, imposé par Dieu, le destin, notre éducation, la pression sociale.. peu importe : nous pouvons toujours le choisir, l'envoyer balader (même si c'est notre destin :) ). A nous de choisir ce que nous voulons jouer, comment nous voulons le jouer... et d'assumer les conséquences qui vont avec :)
En fait, le truc est là : la vie est un jeu, mais c'est nous qui en fixons les règles. Par contre ces règles ne s'appliquent qu'à nous -mais c'est déjà pas mal- et nous ne fixons ni les récompenses ni les punitions : la seule récompense réside dans un certain sens de l'honneur : le sentiment du devoir accompli, le sentiment d'avoir été fidèle à ses convictions, à ses règles, à ses principes. Nous fixons nos règles par rapport à ce que nous voulons être, par rapport à nos valeurs, voire par rapport à un objectif, à ce que nous voulons obtenir : souhaitons nous être quelqu'un de bien? souhaitons nous liberté? richesse? souhaitons nous être honnête? fiable? égoïste? martyr? sage? anarchiste? épicurien? hédoniste? artiste?... De ces choix découlent nos règles du jeu : personne ne nous forcera mieux que nous-mêmes à les respecter. Et ultime privilège, nous pourrons même changer les règles à loisir : il faudra juste assumer le poids du passé.
Nous fixons nos propres règles, mais de nous devons aussi intégrer dans notre comportement les règles des autres, de la société et des individus qui la composent. A chacun de les intégrer et de les respecter comme il l'entend, que ça soit par conviction ou par intérêt : car là, les récompenses et les punitions sont à peu près fixées : salaire, prison, confort... Et dans les cas extrêmes, nos propres règles supplantent totalement les règles de la société, nous transformant en yolo où une des principales règles consiste à ne pas se faire prendre... et où la punition, quelle qu'elle soit, ne fait plus peur du tout. Bon allez, j'arrête ma vieille morale là :)

Que la vie soit un jeu ou un art, que nous en soyons les joueurs, les artistes ou les acteurs, à nous de lui donner les formes, les valeurs et l'intensité qu'on souhaite.

Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon, vous n'en sortirez pas vivants !
(Bernard Fontenelle)

lundi 14 octobre 2013

La seule chose pire que d'être seul, c'est que les autres sachent que tu es seul.

Petit extrait -déprimant mais juste- de Misfits, qui me rappelle l'épisode de South Park avec facebook et le pauvre Kip Drordy.
La solitude est déjà pesante en soi, mais il y a en effet pire, c'est son effet : elle effraye les autres, enferme et crée davantage de solitude. Elle s'auto-entretient et crée au passage une sorte de honte. La richesse appelle la richesse, et la solitude appelle la solitude.

Le premier effet est lié à la marginalisation du solitaire : il est mis au ban, il n'est pas bien vu de se rapprocher d'un tel individu (cf Kip), le côté marginal est contagieux, les a priori voyagent vite, donc on s'écartera d'une telle personne, on l'évitera tant que possible. Une personne seule n'a donc aucun intérêt à le faire savoir si elle ne veut pas de ce statut de marginal. -Et je ne parle pas des effets sur l'ego, que la peur de la pitié peut inspirer...-
Le second effet est sans doute plus discutable, mais plus violent. On n'est jamais véritablement seul, on a toujours quelques connaissances/amis. Par contre, on ne tient pas à ce qu'ils connaissent notre degré de solitude : pourquoi? Pour deux raisons je pense, la première rejoint le paragraphe précédent : pour ne pas être perçu comme un marginal par ces proches, pour ne pas être abandonné par eux. L'autre raison tient peut être à l'ego : ne pas (s')avouer la dépendance qu'on peut avoir d'eux mêmes. Il n'est jamais agréable ni d'être dépendant de quelqu'un, ni d'être responsable de quelqu'un sans l'avoir demandé ! Que feriez vous demain si vous appreniez que la vie d'un ami dépendant de vous, de vos actions, de vos réactions? Ce poids, personne n'en veut je pense...

Dans cette époque où le bonheur est imposé, où il est déjà presque anormal de ne pas être heureux, ne pas être entouré est encore pire -à moins que ça soit choisi et que ça participe à notre bonheur- et est donc à l'origine d'un sentiment de honte. Le fardeau est déjà lourd, mais en plus il faut le cacher, mentir et faire comme si de rien n'était. Double peine. La sortie est évidente : il suffit de se prendre en main... en tout cas, c'est comme ça que les occidentaux voient les choses, ce qui a tendance à responsabiliser, et culpabiliser, davantage la victime. En Inde on voit les choses différemment paraît il : ce n'est pas à la personne de s'intégrer dans un groupe, d'aller vers eux, mais c'est au groupe d'accueillir la personne, de faire cet effort. Ce qui semble normal et logique : le groupe est plus fort, à lui donc de faire cet effort, qui lui pèsera nécessairement moins. Il reste encore beaucoup à apprendre de nos différences... il n'y a plus qu'a espérer qu'on retiendra le meilleur de nos différences :)

Selon les dernières études, entre une personne sur 10 et une sur 5 souffre de la solitude : ne cherchez pas bien loin, il y en a dans votre entourage... Et à cette personne sur 5 ou 10 : rassures toi, tu n'es pas seul : 1 personne sur 10, ça en fait du monde...

Si tu nous entends souviens-toi que t'es pas tout seul
Jamais
On est tellement nombreux à être un peu bancals
Un peu bizarres et dans nos têtes y'a un blizzard
Teubés mystiques 
Losers au grand cœur
Il faut qu'on sonne l'alarme qu'on se retrouve
Qu'on se rejoigne et qu'on s'embrasse
Qu'on soit des milliards de mains sur des milliards d'épaules
(@Fauve)

mardi 8 octobre 2013

La source désapprouve presque toujours l’itinéraire du fleuve.

Citation qui m'est tombée dessus sans que je ne demande rien, sans que je la recherche, citation de Jean Cocteau.

Reste à s'amuser à l'interpréter, au-delà de la poésie et du mystère :)

Naïveté enfantine face aux contingences réalistes de la vie? L'itinéraire s'impose à la source, la volonté de la source est brisée par la suite. L'enfance est révolte par rapport au chemin tracé par les prédécesseurs : la source a un idéal autre que le chemin tout tracé. Mais au final, la source perd ce combat dans cette vision pessimiste : rares sont les fleuves qui sortent de leur lit comme ça.

Surprises de la vie? L'itinéraire n'est pas celui prévu par la source. Le futur est imprévisible et va souvent à l'encontre de nos prévisions, de nos estimations. Mais l'idée de désapprobation est plus forte.

Détachement et émancipation? Il s'agit juste d'inverser la vision du premier point, et de voir la source non plus comme l'enfant, mais comme le parent. La source a ses idées sur l'itinéraire, mais heureusement, en grandissant, en avançant, le fleuve s'écarte de ces idées, adopte les siennes propres, coupe le cordon d'une certaine manière.

Créature qui échappe à son créateur : pour le meilleur ou pour le pire. Le créateur perd son emprise sur la créature dès qu'il lui laisse un peu de liberté, et la créature peut aller à son encontre. Tour à tour créateur ou création, il reste à chacun de voir si notre changement de cap est positif ou non. Pour juger de cela, nous n'avons que notre esprit, notre conscience et notre moral.

Les deux visions, positives ou négatives semblent applicables... et conciliables. Il s'agit soit de voir la fleuve comme une force créatrice, échappant à sa destinée voulue par sa source, soit de voir le caractère inéluctable (ou presque) de l'itinéraire du fleuve. La citation ne donne pas les clés à mon sens pour trancher, elle ne donne pas d'interprétation morale, elle ne prend pas parti, elle énonce seulement un fait.

Cette citation est étrange au final, elle a quelque chose de mystique, de transcendant, de poétique. Elle raisonne en moi, elle est un simple constat imagé et pourtant je ne puis l'expliquer de manière claire et raisonnable.

vendredi 4 octobre 2013

Le rêve du lépreux

Petit rêve récent :
je marchais sur les pas d'un lépreux, ou en tout cas à ses côtés. Tout le monde me disait de faire attention, tout le monde s'écartait. Mais je marchais sur ses traces, je le suivais de plus ou moins près.
Dans mon rêve, la raison qui me poussait à ne pas m'écarter était cette espèce de solidarité humaine, cette charité : je voyais les autres le traiter différemment, comme un paria... et je voulais le traiter normalement.
Malgré tout je ressentais cette gène, cette peur, cette répulsion : peur d'être contaminé, d'être infecté. Je ressentais la tension entre ces 2 désirs contradictoires : l'intégrer et me protéger.
Je tenais bon, au moins en apparence, même si c'était à contrecœur, ma volonté de bien faire était la plus forte, même si je le faisais en grimaçant.
Sur la fin de mon rêve, j'ai vu le visage de l'homme : tout gris, déformé, on y reconnaissait à peine un visage humain, on voyait les lèvres rouges, mais pas les yeux, recouverts par des paupières grises et enflées... le visage était informe.
Mais au final je ne pense pas l'avoir véritablement approché ou touché... j'étais la personne la plus proche, mais je restais à une certaine distance.

Sommes nous au final ce que nous voulons être comme le chante Fauve, ou sommes nous l'animal naturel qui sommeille en nous? J'ai envie de croire à la première version : certes notre naturelle est là, présent, nous ne pouvons pas lutter. Nous ne choisissons pas ce que nous sommes, nous ne choisissons pas nos sentiments, ni nos peurs, ni même nos pensées... mais nous choisissons au final nos réactions. Et quand bien mêmes nous serions trop faibles pour tenir nos choix, ça reste eux qui nous déterminent, nous définissent le mieux.
Grimaçant ou pas, l'homme qui se force à faire ce qu'il pense être bien est bon, même si sa nature (en partie au moins) le pousse au contraire. Nous sommes tous ambigus, attirés par des contraires, nous sommes des paradoxes ambulants.

Dans mon rêve, est ce que je faisais ça par charité ou bien pour me prouver à moi même que je suis charitable? Ma foi, c'était sans doute la seconde réponse, mais est ce que ça fait une différence? Il y a certes une différence entre celui qui est charitable par nature et celui qui se force à l'être, l'un fait un effort, l'autre non, l'un fait un choix conscient, l'autre non, l'un fait un sacrifice, l'autre non. Les deux, pour des raisons bien différentes sont tout aussi remarquables.

mardi 1 octobre 2013

Livre de Job

Suite de l'article précédent, le livre de Job est souvent présenté comme la réponse à la question du Mal sur terre.

Petit résumé de l'histoire, pour bien se la remettre en tête :
Job a une vie saine et religieuse, Satan fait un pari avec Dieu pour lui prouver que l'amour désintéressé, la foi, n'existent pas. Dieu accepte -avec quelques conditions-, et Satan met alors l'homme le plus intègre à l'épreuve.
Voyant ça, les amis de Job le prient d'avouer son péché : seul un péché, une faute peut expliquer tant de souffrance. Dieu ne pouvant tolérer une telle souffrance que pour une punition. Job reste droit et intègre, n'avoue aucun péché et refuse de maudire Son nom.
Sur ce, Dieu apparaît et demande à Job s'il a connu les expériences que Lui même a connu. Job admet ne pas être en mesure de comprendre ce qu'implique cette responsabilité et demande pardon.
Dieu condamne finalement les amis de Job pour avoir tenter d'interpréter les motifs et méthodes de Dieu, puis récompense Job en lui rendant tous ces biens perdus, et même plus.

Comment interpréter ça et les paradoxes qui vont avec?
Le côté totalement anthropomorphique de Dieu qui fait un pari avec ses potes : mettons le sur le dos de la métaphore, pour illustrer un propos.
Dieu semble se contredire avec la récompense finale de Job : il dit ne pas punir le pécheur ni récompenser l'honnête mais finit par le faire. A la limite on peut mettre ça sur le dos de ses voies impénétrables : il peut dire quelque chose (ou plutôt nous pouvons comprendre quelque chose) et faire le contraire.

Reste le message au final : les voies de Dieu sont impénétrables (essayer de les pénétrer est un péché? sacré despote tout de même!), les récompenses et les punitions ne sont pas nécessairement divines et porteuses de sens humain : il ne faut donc pas voir les chanceux comme des saints et les malheureux comme des pêcheurs. Dieu a une responsabilité que l'homme ne peut comprendre. Il n'y a donc pas de justice divine, pas de justice tout court.

Un tel système d'ailleurs nous priverait en quelque sorte de notre libre arbitre : nous serions simplement dressés comme de vulgaires animaux, à réagir à des punitions et récompenses de notre Maître. Qui donc peut voir l'humain aussi stupide? (bon, il l'est sans doute dans notre société, mais pas par nature : je maintiens l'hypothèse de notre nature divine!) A nous mêmes d'être notre seul juge pour finir, pour nous diriger tout au long de notre vie. Lui sera peut être notre dernier juge, mais en attendant, à nous de mener notre barque, sans d'autre repères que les nôtres : nous sommes notre Dieu, nous sommes nos repères, nous sommes notre jugement.

D'autres interprétations ont vu le jour : la possibilité pour Dieu d'affliger des souffrances pour d'autres raisons que pour punir. Pour éviter une souffrance plus grande, pour faire grandir, donner de l'expérience... mais bon, ça revient à tenter de pénétrer les voies de Dieu.
Une autre interprétation est l'opposition de la raison et de la foi. La raison recherchant un réconfort à travers la quête de sens, la justice. La foi étant elle même source de réconfort.

Au final, ceci fait de Dieu un parfait despote, parfaitement arbitraire par rapport à la perception humaine. Et dans ce cas, la meilleure chose à faire pour lui n'est elle pas de se cacher? Cela a au moins l'avantage de ne pas le faire passer pour un despote... juste pour un absent, un créateur absent. La moindre de ses actions serait sans cesse interprétée et commentée par les humains, et source de conflit... il n'y a qu'à voir comment s'est terminée la venue de son Fils sur terre et toutes les guerres de religions.
Au final, c'est peut être cela la meilleure explication de son silence :)

lundi 30 septembre 2013

Ou Dieu n'existe pas, ou c'est un salaud, ou il s'en branle

Petit mot toujours tiré du bouquin d'E. Carrère, ou plutôt de la bouche d'un de ces personnages...

La formule m'a fait sourire, et résume bien tous les arguments des athées, ou plutôt des anti-dieu, de ceux qui luttent pour démontrer son inexistence.
Cet argument fait mouche au premier abord, mais n'est que simpliste en fin de compte (et pourtant je ne suis pas croyant!). Il s'appuie de manière tacite -j'adore ce procédé de manipulation!- sur une vision totalement anthropomorphique de Dieu, et totalement égocentrique, plaçant Dieu tout puissant comme le serviteur des hommes, comme étant leur obligé. Dieu n'aurait pas le droit de nous laisser dans notre souffrance?
De plus si Dieu nous a fait à son image, il est à la nôtre : c'est donc sûrement un salaud qui s'en branle :)

Bref, la seule chose démontrée par ce genre de raisonnement est que Dieu n'est pas humain, n'est pas à notre échelle, ne fonctionne pas comme nous... s'il existe. Il y a sans doute plus de différence entre nous et Dieu qu'entre nous et des fourmis : nous pouvons certes influencer le monde des fourmis, mais nous sommes incapables de communiquer avec, de leur apprendre quelque chose, et à mon avis la plupart des tentatives pour s'approprier une fourmilière doivent se terminer en catastrophe pour elles ! (bon mon raisonnement est aussi anthropomorphique, mais je parle tout seul : peu importe ! :p )

Le plus grand mystère reste cette vision pseudo anthropomorphique de Dieu présente dans les textes sacrés, alors qu'elle est combattue en même temps : simple artifice pour mieux convaincre les esprits (faibles) ?


dimanche 29 septembre 2013

Il faut faire des efforts, sinon rien ne se passe et on finit par accuser et en vouloir à tout le monde, tout le monde sauf soi.

Petit extrait, de tête, de Blue Jasmine de Woody Allen.

Tout le monde ressent ça un jour ou l'autre : d'abord le sentiment d'être isolé, de devoir toujours faire les efforts, d'aller vers les autres, de devoir inventer sa vie. Et on a en même temps l'impression que pour les autres c'est plus facile. Mais en fait non, c'est juste la condition humaine, et la vie.
Nous sommes à la fois exigeants et fainéants : nous avons des rêves, nous sommes envieux de tout ce que nous voyons, et nous voudrions que tout ça nous arrive tout cuit. Du coup, nous devenons aussi plaintifs :)

Mais en fait, nous ne faisons qu'idéaliser la vie des autres, pour justifier notre comportement et notre fainéantise, pour nous complaire dans notre état.

La condition humaine est ainsi semble t'il, Woddy semble d'accord avec moi :)

Le pire, c'est que nous complaire ne nous suffit pas, excuser notre fainéantise ne nous suffit pas, il nous faut en plus trouver un coupable : les autres feront ce coupable idéal. Les autres qui ne font pas tout pour nous rendre la vie plus facile, les autres qui ne se plient à nos désirs, de leur plein gré, sans qu'on ait à leur demander, sans qu'on ait à l'exprimer.
Alors que pour trouver le véritable coupable, il suffit de regarder un miroir...

Un peu (beaucoup) de courage, de volonté et d'optimisme, et tout le monde peut reprendre sa vie en main. On ne peut certes pas tout faire, nous ne sommes pas le Dieu de l'Univers, mais on peut améliorer les choses, faire des efforts et éviter de sombrer dans l'ennui, le défaitisme, la complaisance. On peut faire en sorte que des choses se passent ! Et c'est déjà le cercle qui se brise...

jeudi 26 septembre 2013

Persévérer dans l'erreur ou tourner la page?

Petite réflexion tirée, inspirée plutôt, d'une lecture (Je suis vivant et vous êtes morts -joli titre- de E. Carrère)...

Quelle est la meilleure règle de conduite à adopter?
Persévérer sur une première impression, un premier avis, s'accrocher à une idée en se disant que c'est la bonne, et que le temps le prouvera... quitte à se tromper et à finir par persévérer diaboliquement dans une erreur?
Ou bien se hâter de tourner les pages, de passer à autre chose, de sauter sur une nouvelle opinion, un nouveau plaisir, un nouveau désir tel un Don Juan passant de passion en passion, quitte à transformer sa vie en une succession de pages hâtivement tournées (la formule n'est pas de moi, j'aurais aimé.. mais non)

Stabilité contre éphémérité, sécurité contre mouvement, continuité contre renouvellement.
Le problème dans la vie, c'est qu'il n'y a pas de bonne réponse. Chaque décision, chaque comportement a son bon côté et son mauvais côté. Ce qui fait que chaque choix est attirant à sa manière. C'est aussi ce qui fait la richesse de la vie bien entendu.
Et l'esprit cartésien cherche généralement à comprendre les choses, à les classer, à les disséquer pour pouvoir ériger des lois, des principes. Cet angle d'attaque semble avoir fait ses preuves dans tous les domaines scientifiques, dans notre maîtrise de la nature, et du coup, on l'a naturellement généralisé à d'autres domaines... mauvaise idée. Il n'est pas applicable partout, ou disons à minima que la complexité peut rendre cette approche totalement inefficace!
Ça aurait un coté rassurant de se dire qu'une fois le problème bien posée, on peut adopter une règle de conduite, et s'y tenir : ça apporterait une certitude à notre vie, à notre comportement. Le problème vient du fait que cette recherche est vaine d'après moi... et nous conduit au final à passer notre vie perdu dans la réflexion sur la voie à choisir. A ce compte là, on peut se demander s'il ne vaudrait pas mieux en choisir une et s'y tenir. Certitude ou pas.

En fait, je pense qu'il y a une solution à ce problème, en fait il y en a même deux :)
La première est donnée quelques pages plus loin dans le livre. Les généralités sont une illusion, rien n'existe en général, il n'existe que des choses (et des situations) particulières. Ça, c'est le point de vue du sage, qui a dépassé ses interrogations et accepte pleinement sa vie, ses variations et sa complexité. Faire preuve en toute situation d'esprit critique, remettre en cause constamment ses choix passés, et donc n'avoir aucun principe, aucune ligne de conduite prédéfinie, pas même les plus évidentes (faire le bien...)
L'autre solution consiste à choisir ses principes : non pas parce qu'après une réflexion on aura trouvé que ce sont les meilleurs, que c'est la véritable voie à suivre, l'unique. Ceci est impossible, le doute sera toujours là avec cette approche. Choisir ses principes parce qu'on a ce pouvoir, cette possibilité : on peut choisir ce qu'on voudrait être. Pas forcément ce qu'on est, car on vouloir n'est pas pouvoir. Mais choisir ce qu'on voudrait être est déjà pas si mal, c'est même l'essentiel, c'est se doter soi même de principes qui gouvernent notre monde : quelle différence entre notre monde et le monde? Aucune, notre subjectivité est reine, nous sommes par définition le centre de notre monde, notre monde s'arrêtera sans doute avec nous. Je ne prône pas l'égoïsme en disant cela, je prône le pouvoir et la responsabilité qui est liée. A nous de choisir les principes que nous voulons voir gouverner le monde, puis à nous ensuite d'essayer de vivre selon ces principes, ces valeurs morales : vérité, amitié, entraide...

Au final, la solution reste un mélange d'approches : au cas par cas dans certains cas, et par principe dans d'autres cas. Croire que la sagesse consiste justement à être capable de distinguer les situations est ce déjà un premier dans l'illusion du classement, de la généralité? Pas vraiment, car je pense qu'on touche à la définition de la sagesse là : notion idéale. Et quand bien même, on peut faire le choix de ce principe :) et s'évertuer à trouver cette sagesse, à chercher sans arrêt à distinguer les choses.. que ce soit dans leur généralité ou dans leur singularité. L'approche est simplement paradoxale, donc humaine :)

Il n'y a pas de bonnes réponses, mais la bonne nouvelle, c'est qu'il n'y pas de mauvaises réponses non plus. Il n'y a que des essais, des tentatives, des choix, des chemins à emprunter, pour un temps ou pour une vie.

mercredi 25 septembre 2013

Si deux hommes sont d'accord sur tout, c'est qu'un seul des deux pense

Fainéant en ce moment, je joue la facilité avec les citations :) Lyndon Johnson ce soir.
Ça aurait sans doute été un bon copain lui (ouhla, ça sent la fatigue ce soir...)

Finesse et ironie : cocktail magique pour une citation.
Et c'est tellement moi j'ai envie de dire, à n'être jamais d'accord sur rien (ou presque), a toujours chercher la faille dans le raisonnement de l'autre, pour mieux le comprendre, le cerner, le délimiter.. et au final me l'approprier s'il résiste à ma charge.
Je dois peut être un peu trop penser, être trop critique même... mais ça, c'est une autre histoire.

Mais bon, l'esprit critique est la seule chose qui nous permette de rester éveillé : cause et conséquence d'une certaine conscience, de son usage. Seule arme qui nous permet d'éviter de ressembler à un mouton, ou à un zombie (même si c'est attirant les zombies !) Ne pas en user devrait être un crime, c'est ne pas réaliser son potentiel, c'est renoncer à une partie de son humanité je trouve...

Et ça reste la plus grande marque de respect qu'on peut avoir à l'égard de nos aînés, de nos professeurs. Toujours remettre en question les savoirs et connaissances transmises par un autre, même les plus basiques, les plus fondamentaux. Il n'y a que comme ça qu'on peut vraiment comprendre et avancer.

Bon, à côté de ça, on a le droit d'être d'accord de temps en temps quand même (sinon ça serait trop fatigant), au pire, en se disant que c'est l'autre qui ne pense pas :D

-ça sent vraiment la fatigue ce soir... tant pis-

mardi 24 septembre 2013

un rêve...

Petit rêve qui date de presque 24H maintenant, j'espère me souvenir des détails, même si certains se sont déjà évanouis... je vais broder autour de ceux qui me restent.

J'étais dans un parc me semble t'il, peut être sur la terrasse d'un restaurant, avec des amis en vacances. Je reçois un coup de téléphone sur mon portable : ma mère. Qui commence à me sermonner, m'engueuler, me faire la morale, à moitié en colère, moitié triste, parce qu'elle aurait vu sur mon relevé de carte de crédit une dépense étrange qui lui fait penser que j'ai commandé une strip-teaseuse ou une prostituée !
Je lui explique qu'elle a tort, et qu'elle confond avec une pizzeria (si si !)... puis n'entendant rien, je m'énerve à mon tour ! Énervé de ne pas être cru, d'être jugé (qui plus est sur un mensonge), de l'absurdité de la situation, d'être pris pour un pervers.
Je crois que pendant le rêve je réalise le coté absurde de la situation...

Sur ce, je fais quelques pas dans le parc, toujours tendu, sous le coup de la dispute, et je vois un étrange animal : mi homme (ou femme?... sans doute une femme réflexion faite) mi chat. Qui se tient debout, avec des mains énormes -je devrais dire des pattes : je voyais les coussinets- une fourrure sauvage, multicolore (noir, marron, vert, bois...).. je n'arrive pas à distinguer si c'est une capuche et un déguisement avec des oreilles de chats, un masque ou si c'est vraiment une créature anormale. Elle est accompagnée de 2 autres créatures, modèles réduits de la première, et ils gambadent dans le parc, devant moi, à une distance respectueuse.
Je suis intrigué et essaye de m'approcher, mais ne parviens pas à les distinguer correctement.. puis je crois me souvenir que je vois d'autres créatures arriver (chien?) et les premières disparaître, évanouies...

Vraiment bizarre ce rêve !
La première partie totalement improbable, tous les éléments sont à l'opposé de la réalité !
Et cette créature dans le second rêve ! J'aimerai bien la revoir :) c'est rare que je rêve de chimères comme ça...

lundi 23 septembre 2013

Quand tout est fichu, il y a encore le courage

Citation de Daniel Pennac ce soir.
Pour se donner un peu de courage justement, rien de mieux qu'une petite exhortation de temps en temps, plus efficace que la prière pour les athées.
Je crois que je commence à rassembler pas mal de citation sur ce thème, comme quoi la ressource la plus importante est à l'intérieur de nous-mêmes. Les contingences sont extérieures, nous n'avons que peu de maîtrise sur l'extérieur, mais il nous reste toujours la possibilité d'interpréter le réel à notre guise : nous choisissons notre réaction, notre regard. Bon, c'est limite un conseil de schizophrène que je donne là, de tordre le réel pour le considérer selon sa propre image, sa propre définition, sa propre volonté. Mais en fait ce n'est pas le réel qu'il faut tordre, c'est notre réaction face à celui-ci.
A nous de trouver l'énergie, le courage, l'optimisme à l'intérieur de nous-mêmes lorsque l'extérieur ne nous alimente plus positivement.

Lorsque tout va bien, nous emmagasinons de l'énergie, ou du moins, l'énergie extérieure nous porte : nul besoin d'être courageux ou optimiste pour affronter un réel confortable et généreux.
Lorsque ça commence à aller moins bien, on va chercher naturellement de l'énergie là où elle est disponible : amis, famille, soutiens en tout genre. On peut essayer de se recharger avec certaines activités, certains divertissements (non, ils ne sont pas inutiles ! pas absolument !), pour être capable d'affronter sereinement les obstacles. Cette énergie est elle inépuisable? Si on a assez d'amis, de soutiens... elle est potentiellement inépuisable, sauf que elle n'est pas disponible à tout moment.
Arrivera un moment où les amis ne seront plus joignables, plus disponibles, ou tout simplement où nous n'aurons plus envie de les joindre, plus envie de ces soutiens artificiels. A ce stade là, la certitude peut encore être tournée vers l'extérieur : la certitude de retrouver un soutien disponible dans peu de temps peut suffire, peut être une source d'énergie, mais un peu de noirceur, de pessimisme peut suffire à faire perdre cette certitude.

Qu'est ce qui tombe en premier? Notre confiance/certitude en nos amis/familles/soutiens ou notre confiance en nous-mêmes?
Un manque de confiance en soi, un découragement, se projettera sur notre entourage, et nous verrons le monde en noir. Impossible (ou du moins difficile) d'accorder une confiance que nous ne nous accordons pas à nous-mêmes, que nous n'estimons pas mériter.
Inversement, la perte de confiance dans les autres nous fera vaciller mais nous offrira plus certainement la possibilité de résister.
En définitive, les deux sont très liées, la confiance en soi est sans doute un peu plus stable. On peut sans doute opter pour une confiance, une énergie extérieure : s'entourer suffisamment est une solution... qui comporte le risque de sentir une dépendance et un vide intérieur. Et à l'inverse, travailler sa confiance en soi, son indépendance comporte le risque de nous isoler : à quoi bon vivre seul?

Le dépressif est sans doute celui qui n'a plus d'énergie intérieure, plus de pulsion de vie,
le désespéré est celui qui peut encore s'appuyer sur l'énergie du désespoir : dernières ressources internes dont il dispose pour se donner de l'élan et du courage.
Peut être ai je trouvé là un bon remède contre la dépression : viser le stade désespéré pour rebondir ensuite :)

Ce courage, cette lueur interne ne dépend que de nous, à nous de la travailler, à nous de nous en souvenir...

jeudi 12 septembre 2013

L'important, ce n'est pas ce que l'on fait, mais de le faire bien et de pouvoir en être fier

Petite citation tirée de la bouche d'un infirmier, dans un bouquin de Emmanuel Carrière.

J'aime bien cette façon de voir la vie, de relativiser les choses négatives pour en tirer du positif, de prendre du recul par rapport aux normes pour se centrer sur ses propres valeurs, se remettre au centre du monde, ou de son monde à minima (mais y'a t'il une différence?)
Ce comportement peut être vu comme égocentrique, narcissique, voire mégalomane : tout rapporter à soi, se moquer des "valeurs" et jugements des autres, ne prendre en compte que son propre avis pour mieux se glorifier, pour être fier de soi. Mais bon, tant qu'on ne sombre pas dans un excès, je trouve cela plutôt positif (et me vante souvent d'un certain égoïsme/égocentrisme/égomachin...). Je suis mon propre Dieu, je fonde mes valeurs, mes actes et mes jugements : ne jamais oublier ceci, ne jamais se laisser déposséder de ce caractère divin, ne jamais l'abandonner... au risque de s'effacer et de devenir vraiment spectateur de son existence.
C'est aussi une manière de replacer la conscience du monde au cœur de son existence : être présent, se concentrer sur la moindre tâche, qui mérite d'être bien faite... et en retirer un sentiment positif ! Un sentiment de présence au monde, de réalisation, d'apport, de juste réalisation.

Tout n'est que point de vue. On peut soit s'enfermer dans une spirale négative, soit s'élever renforcer son rapport au monde, sa confiance en soi, son ego, sa fierté personnel. Facile à dire, un peu moins à faire, mais ceci ne fait pas partie des théories les plus difficiles à mettre en pratique... Il suffit d'être attentif et conscient.

dimanche 8 septembre 2013

J'entends et j'oublie. Je vois et je me souviens. Je fais et je comprends.

Citation de Confucius aujourd'hui.

Bon clairement, c'était pas un auditif lui, mais un visuel.
Mais bon, la différence auditif/visuel m'importe peu : ce qui m'intéresse c'est la dernière partie !
Pour mémoriser correctement un truc, le mieux est encore de le comprendre et pour cela, rien de mieux que de le faire soi même. Peut on réellement comprendre quelque chose sans l'avoir expérimenté? Je le pense de moins en moins. La compréhension est par nature limitée, mais lorsqu'elle est virtuelle elle l'est d'autant plus.

Je redécouvre à travers ça une espèce d'échelle de mémorisation :
- la mémoire passive, auditive ou visuelle : on est spectateur, et on capte quelques informations. Les plus doués arrivent sans doute à capter beaucoup d'informations : moi pas :)
- la mémoire passive renforcée, obtenue par lé répétition (la répétition fixe la notion, n'est il pas? ;) ) A force de voir et d'entendre la même chose, ça finit par rentrer !
- la mémoire de l'action : en s'impliquant dans une action, on s'en souviendra d'autant mieux. L'action peut être une simple ré-écriture de leçon. On n'est plus le spectateur qui écoute la leçon, mais on est l'acteur qui la recopie.
- la mémoire de la compréhension : une fois les mécanismes compris et décortiqués, on se souvient non seulement du résultat, de la leçon, mais aussi des moyens d'y arriver. Il sera donc plus dur d'effacer tout ceci de notre esprit !

Reste aussi la mémoire du "par cœur" : certains y voient une espèce de mémoire de l'âme, du cœur, autour de l'apprentissage d'un poème. J'y vois plus une mémoire du corps, mémoire réflexe à force de répétition. Mais bon, au final, le souvenir est gravé dans notre corps, à défaut d'être gravé dans notre cœur.

Et du coup, je découvre l'objectif de ce blog : mémoriser mes pensées, les retenir. Les mettre par écrit. En faisant ça, je me remets dans l'action, et en même temps je décortique mes pensées (ou les pensées des autres... pour me les approprier). Et je redécouvre l'intérêt des cartes postales, des journaux intimes... il n'y a sans doute rien de mieux pour fixer les bons souvenirs. Ce n'est donc pas juste pour les autres qu'il faut écrire des cartes, mais pour soi, en grand égoïste que je suis :)

PS : ne vous étonnez pas si vous ne recevez pas de cartes postales. Ce n'est pas parce que je le réalise que je le réaliserai ;), il y 'a d'autres moyens de fixer un souvenir, et une carte postale suffit : pas la peine d'en écrire à tous à chaque fois :D

vendredi 6 septembre 2013

petit rêve

Ça commençait à faire un petit moment...
Tout petit rêve, ou plutôt tout petit souvenir de rêve :
je suis sur mon vélo et je vois se sectionner mon câble de frein (peut être même les deux...), mais ça n'a pas l'air de m'inquiéter... je regarde par curiosité et me dis que ça sera plus dur pour freiner. Mais je continue me semble t'il... tellement étrange que j'ai l'impression que ma mémoire occulte ce souvenir.
C'est peut être pour ça qu'on a tant de mal à se souvenir de nos rêves d'ailleurs : ils sont parfois / souvent en contradiction avec notre réalité, notre cerveau, notre esprit ne peut tolérer cette bizarrerie, et essaye de donner du sens à notre souvenir, notre expérience, de la caler sur un schéma connu et maîtrisé. Nous sommes une fois de plus victime de nos limites :) L'incompréhension est intolérable pour notre cerveau ou notre esprit : quitte a déformer la réalité ou notre perception, c'est préférable.

Interprétation du rêve :
je vais peut être droit à la catastrophe :) ou alors c'est le début du lâcher prise. J'espère qu'il n'est pas prémonitoire, ni au sens propre, ni au sens figuré !

mardi 3 septembre 2013

Celui qui se perd dans sa passion est moins perdu que celui qui perd sa passion

Citation de Saint Augustin. Bon je ne connais pas assez le type pour voir exactement ce qu'il voulait dire, si ses paroles étaient religieuses ou pas, mais libre à moi de l'interpréter à ma façon.

J'y vois évidemment une apologie de la passion. La passion comme moteur de la vie, quitte à y perdre sa raison, à se perdre. Mieux vaut un moteur qui tourne dans toutes les directions, sans direction fixe, qu'un moteur à l'arrêt. Ou est ce à dire qu'on retrouve plus facilement son chemin au travers une passion qu'on ne retrouve une passion? J'écarte ce sens pour ce soir et retiens le premier, plus direct.

Citation paradoxale pour moi, étant donné ma manière habituelle de penser : raisonné et donc dépassionné. A fuir les troubles de l'âmes, les pulsions, les passions... à chercher une sorte de sagesse et d'acceptation, d'union avec le présent, de communion avec le réel... et pourtant, je sens bien que quelque chose m'échappe. Suis je attiré par ces passions comme on peut être attiré par le diable, le péché, la transgression ou bien par la lumière, la vérité ?

Je suis clairement incapable de trancher. Les deux idéaux m'attirent, je reconnais une vérité en chacun d'eux : la sagesse, la raison face à la passion, la folie. Et je reconnais aussi que ni l'un ni l'autre ne sont complets, satisfaisants. Comment concilier l'inconciliable? La question de ma vie est là. La réponse est dans la question, j'en suis persuadé aussi. Il suffit de vivre les deux, d'écouter sa raison qui demande de la passion, de savoir quand se laisser aller à la passion, où mettre des limites à sa raison. Vouloir vivre au présent, dans le réel, c'est aussi accepter ce présent et ce qu'il procure : y compris les passions. Il ne faut sans doute pas les chercher, et chercher à s'y perdre, à vivre de passions en passions, sans continuité, mais savoir les accueillir lorsqu'elles se présentent, lâcher prise.
La raison sait qu'elle n'est pas suffisante, qu'elle a besoin de la passion. La passion l'ignore, c'est sans doute pour ça que j'ai tendance à placer la raison au-dessus de la passion : il faut simplement que je n'oublie pas que la raison est incomplète. Seule, elle ne servira pas à grand chose, et son premier objectif sera de recréer de la passion, de l'envie : de remettre en marche le moteur. Il n'y a qu'à voir comment on se relève après avoir touché le fond : soit une passion nous tombe dessus, et nous remonte avant même que nous touchions le fond, soit notre raison nous poussera a recréer, même artificiellement, cette passion, cette étincelle.

[fatigue ou sujet délicat : je l'ignore mais je sens que je manque d'inspiration... ou de clarté d'esprit...]

lundi 2 septembre 2013

Qu'est ce qui me soutient?

Drôle de question qu'on m'a posée récemment : qu'est ce qui me soutient lorsque je ne vais pas bien, lorsque j'ai l'impression que tout s'écroule autour de moi, vers quoi je me retourne?

Drôle et douloureuse question : douloureuse, car elle nous force à nous rendre compte des lacunes de nos soutiens. On aimerait tous ne jamais avoir à se poser cette question, et ceux qui ont cette chance ont sans doute des réponses naïves... à supposer que de telles personnes existent, ce dont je doute de plus en plus.

A une autre époque (ou d'autres personnes) on aurait pu dire la religion, soutien indéfectible, foi en la rédemption, au paradis. Mais bon, c'est pas pour moi ça... malheureusement j'ai envie de dire. Comment ne pas être envieux des gens qui ont cette force, ce soutien?

La famille? C'est sûr que je vois la famille comme étant indéfectible. On la garde pour la vie, c'est une certitude. Sauf qu'on en est plus ou moins proche. Et de la même manière que je regrette de ne pas être religieux, je regrette ce manque d'intimité avec ma famille... je sais, à moi de changer cette situation... pas facile. Bref, ma famille m'offrirait sans doute ce soutien, mes parents, tant qu'ils sont présents (un peu moins confiance dans les frères/sœurs et les enfants quand même quand je vois les problèmes qu'il peut y avoir autour des successions, des soins pour les grands parents...), MAIS il y a peu de chance au final pour que je fasse part de mon désarroi à ma famille lorsque la situation l'exige. Au final, je crois que je préférerais rester seul.

Les amis? Magnifique idéal chez moi... il y a bien quelques amis proches vers qui j'arrive à me tourner, auxquels je peux m'exposer sans trop de craintes. L'intimité est là, le soutien est là aussi... mais j'ai conscience des limites humaines. Mes amis ne sont pas là pour régler mes problèmes, ni pour me soutenir inconditionnellement (ils ont leur liberté), ni pour se sacrifier pour moi (ils ont leur vie... et aussi leurs problèmes), ni pour endurer mes plaintes (mes complaintes?)... au bout d'un moment, j'abuserai nécessairement de leur temps ou de leur patience. Je pourrais toujours mettre en balance mes besoins, ma vie par rapport à un peu de leur temps, de leur ego, de leurs besoins, mais bon qui suis je pour exiger une telle chose? pour juger cela? L'amitié va dans les deux sens : non seulement on donne et on offre, mais on doit être suffisamment sage pour savoir ce qu'on ne peut pas demander et ce qu'on ne peut pas refuser. Bref, l'amitié comme soutien : non. On naît seul, on vie seul, on meurt seul. Les amis sont là pour nous accompagner et nous soutenir la plupart du temps (95%?), mais je suis bien en train de parler des 5% restants. De la même manière (je crois, il faudrait que je vérifie) qu'on conseille aux amis de tourner le dos aux alcooliques pour ne pas qu'ils sombrent eux mêmes... Il faut se méfier des situations nocives et qui prêtent à la manipulation. Je pense être capable d'être présent pour mes amis dans 95% du temps, mais il y aura forcément des limites... et elles ont été parfois atteintes, pour me laisser un sale sentiment dans la gorge (chercher pas l'image, il est tard), mais c'était comme ça. Mon instinct de survie (mon égoïsme?) était le plus fort, et je ne voulais pas me perdre. J'étais dans les 5%. Je le crois.

Que me reste t'il alors? Un sens à ma vie? Ma foi, je n'en ai pas trouvé de transcendant, et je n'en accepte pas d'artificiel, suggéré par la société. Il me reste une seule chose :  Moi... un peu orgueilleux et prétentieux comme réponse peut être... un peu triste? réaliste? peu importe. Et en particulier le moi pensant, mon esprit. Je ne peux compter que sur moi, et je peux compter sur moi. Nécessité d'avoir confiance en soi... ce qui est malheureusement très difficile lorsque tout va mal. Mais j'en reviens toujours à ceci, ça reste le socle solide sur lequel je m'appuie lorsque je touche le fond. Mon esprit est fort, il a ce caractère divin comme je le répète parfois (libre arbitre et création à partir de rien). Je suis capable de réfléchir, de prendre du recul, de chercher, et trouver, des solutions, des remèdes. Réfléchir sur ses maux, mettre des mots dessus, c'est une première étape... elle peut commencer par nous enfoncer, le constat, le bilan peuvent être très difficiles et éprouvant, mais là sont les germes du renouveau. Partant de là, je peux ensuite trouver différents remèdes.. et si je n'en ai aucun, je peux essayer tout ce que je ne connais pas : c'est un début de remède ! : sport, hygiène de vie, lecture, musique, nourriture, plaisirs faciles...trouver des divertissements avant de recréer une pulsion de vie (le divertissement peut être une bonne étincelle), se forcer à ces divertissements, même si une part de nous n'y croie plus vraiment : le chemin est là. Je peux écrire un blog pour essayer d'avancer, de me consolider. Je peux y construire ma vie, y trouver mes règles de conduite (aimer, apprendre , agir - ce qui revient à faire intervenir les autres moi : âme et corps), faire ma profession de foi (croyance en un avenir meilleur, que le meilleur reste à venir). L'esprit est capable de tout (dans son univers au moins), et il est à la base de tout.

Petit regret peut être : je ne trouve pas assez de place pour l'âme, l'art, l'émerveillement... ainsi suis je. J'aurai aimé être un autre, je ne peux qu'apprendre et évoluer, je ne peux changer le passé ou le présent, seulement le futur, et encore. A moi d'accepter la réalité, pour peu que j'arrive à la définir.

vendredi 30 août 2013

La boîte de Pandore

...était en fait une jarre !

Petit article pour m'amuser et rétablir une Vérité face à une croyance commune et répandue.
En ouvrant sa boîte, Pandore aurait libéré tous les maux sur l'humanité : guerre, famine, mort, maladie, tristesse... voulant refermer la boîte, elle empêcha l'espérance d'en sortir.
voilà pour la version commune.

Mais que foutait l'espérance au milieu de tous ces maux? Elle s'était perdue? Zeus avait prévu le coup, et pour frustrer davantage l'humanité avait calculé de laisser l'espérance au fond de la boîte? Ça ne tient pas debout, pourquoi ne pas rouvrir la boîte à ce compte là ! L'espérance est elle un maux que nous interpréterions mal? L'attente, l'espoir, l'espérance sont ils des maux destinés à nous bercer d'illusion et au final à nous frustrer? Ma foi, peut être selon certaines philosophie : mais ces maux sont présents dans l'humanité, ils ne sont pas restés au fond de la boîte, donc ceci ne tient pas plus debout !

En fait, il s'agit d'une simple erreur de traduction ! A été traduit par espérance une expression signifiant plutôt l'attente de quelque chose, en l'occurrence, l'attente des maux. Ainsi nous avons échappé à la perpétuelle angoisse liée à l'attente des maux, de notre mort, de la vieillesse, de la maladie... nous réussissons à vivre globalement insouciant, et ne sommes pas constamment accaparés par ces angoisses. Nous ignorons l'heure de notre mort, et c'est sans doute mieux comme ça.

Étrange de voir que la version de l'espérance se soit répandue aussi facilement, et que personne ne l'ait remise en question pendant aussi longtemps : manquerait on autant d'esprit critique? d'analyse? Il faut toujours remettre en cause ce qu'on nous enseigne, la parole de nos anciens : c'est encore le meilleur signe de respect qu'on peut leur montrer.

Fascinant de voir que les malentendus, les erreurs de traduction, les problèmes de vocabulaire puissent se manifester à ce niveau là ! L'humanité entière (ou presque) en a été victime, personne n'a rien remarqué... chacun étant sans doute un peu trop enclin à rester sur sa croyance (ou celle qui lui a été transmise) plutôt que d'essayer de réellement comprendre les choses, les analyser, les remettre en cause si nécessaire... On a tous d'impressionnantes œillères, il est difficile de s'en débarrasser... mais pas impossible !

mardi 27 août 2013

L'homme est capable de prendre position pour ou contre la peine de mort en 2 minutes, mais il en prendra 15 pour choisir son menu au restaurant.

Citation (de tête, donc fausse) de je ne sais plus qui (je n'ai plus toute ma tête) : Woody Allen peut être...(si quelqu'un retrouve la source originale...)

L'esprit humain est étrange, mais les mécanismes sont simples je pense. Par quel miracle (ou malheur) ce comportement est il devenu la norme?
Premièrement, il est facile de donner un avis qui engage assez peu : il y a pu de chance que la peine de mort nous touche personnellement un jour, alors que le choix du menu ! Sorte d'égoïsme mêlé à une certaine forme de lâcheté : lorsque nous sommes concernés, nous prenons le temps de la réflexion, sinon, nous nous permettons des jugements à l'emporte pièce. C'est vrai pour des sujets aussi éloignés que la peine de mort, mais ça l'est tout autant pour des sujets un peu plus personnels, impliquant notre entourage... l'intensité change un peu, c'est tout.
L'important est placé autour de notre personne, et autour de notre présent. La question du menu se pose immédiatement, celle de la peine de mort ne se posera probablement jamais, si ce n'est hypothétiquement. Pourquoi donc faire un effort, s'investir dans une certaine réflexion? Pire, je ne pense même pas que ce désengagement soit conscient ! On prend juste naturellement position très facilement, car on ne se sent pas impliqués, voilà tout.
Dans le même ordre d'idée, le concret prend le dessus sur l'abstrait : le concret est engageant, l'abstrait l'est moins, il est plus facile à oublier.

Tout ça tourne autour de la même idée : plus les conséquences seront directes, concrètes, rapides, plus notre esprit donnera de la valeur au choix à faire, à la décision à prendre. Sorte d'instinct de survie si l'on veut.

Faut il lutter contre ça?
Je pense que oui, je pense qu'on peut se vanter d'avoir dépasser ce stade de la survie, il est temps d'essayer de voir un peu plus loin, d'être un peu moins égoïste... sans renier totalement ce penchant bien entendu.
Fais les choses urgentes comme si tu avais tout ton temps, et fais les choses qui peuvent attendre comme si elles étaient urgentes : joli programme non? En plus il nous permet de nous débarrasser rapidement des petites tracasseries qu'on a pris l'habitude de laisser traîner...