L'équilibre est naturellement vu comme la voie de la sagesse, la voie qui s'éloigne des extrêmes. Tout le monde en fait l'expérience assez tôt. A chacun ensuite de trouver son équilibre, quitte à assumer et à cultiver un certain déséquilibre absolu, pour être à l'aise dans son équilibre : en tenant compte de sa personnalité, de son caractère, de sa situation, de ses aspirations.
L'équilibre peut même parfois être fui : lorsqu'il est vu comme trop neutre, comme inaction, comme tiède.
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samedi 27 août 2016
mercredi 17 août 2016
Relations et amitiés...
Qui n'a jamais essayé de classer ses amis, en mesurant l'intensité de l'amitié, de l'attachement? En faisant apparaître différentes catégories d'amitié? L'envie de classer les choses est ancrée chez tout être humain, même si ça implique de coller des étiquettes sur tout le monde...
Bref, à mon tour ce soir :)
Bref, à mon tour ce soir :)
dimanche 17 juillet 2016
Lâcher prise et acceptation
Thème récurrent chez moi... J'abreuve ma réflexion de nouvelles lectures, et je tente donc de nouvelles définitions.
Prises à la lettre, ces définitions sont synonymes de résignation : à trop lâcher prise, à trop accepter, on se résigne, et du coup on inhibe tout désir d'action, on tombe dans un cercle vicieux qui nous pousse vers une apathie puis vers la dépression. Comment y voir un objectif? Comment y voir des outils permettant de mieux vivre?
C'est simplement qu'il ne faut pas prendre ces définitions à la lettre...
Prises à la lettre, ces définitions sont synonymes de résignation : à trop lâcher prise, à trop accepter, on se résigne, et du coup on inhibe tout désir d'action, on tombe dans un cercle vicieux qui nous pousse vers une apathie puis vers la dépression. Comment y voir un objectif? Comment y voir des outils permettant de mieux vivre?
C'est simplement qu'il ne faut pas prendre ces définitions à la lettre...
dimanche 10 juillet 2016
L'écoute active
Je viens de tomber sur une définition de l'écoute active qui mérite que je la partage (essayer de ne pas rater l'occasion d'un article :) ) Bon, la définition est issue d'une conversation bouddhiste, donc on y retrouvera un peu de ces concepts, mais ça semble être une bonne base. Plutôt qu'écoute active, on pourrait d'ailleurs l'appeler écoute consciente.
Elle reposerait sur différents mécanismes.
Elle reposerait sur différents mécanismes.
dimanche 19 juin 2016
L'égoïste, l'égocentrique, le narcissique et la tarte...
Petite illustration pour mieux comprendre les termes et les ressorts de ces traits de caractères, prolongement d'un article précédent (ici) comme quoi ce sujet me travaille :)
Bref, voilà la situation :
vous apportez une tarte fait-maison à un groupe. Parmi eux, un égoïste, un égocentrique et un narcissique. Vous commencez à découper la tarte et observez ce qu'il se passe...
Bref, voilà la situation :
vous apportez une tarte fait-maison à un groupe. Parmi eux, un égoïste, un égocentrique et un narcissique. Vous commencez à découper la tarte et observez ce qu'il se passe...
dimanche 3 avril 2016
Egoïsme, égocentrisme et narcissisme
Suite des définitions... pas forcément évident de faire le tri entre ces termes, surtout si on regarde la réalité qui est toujours complexe et nuancé.
Les trois termes tournent autour de la place qu'on s'accorde à soi par rapport aux autres. Il est normal et sain de privilégier sa propre existence par rapport à celle des autres : c'est une extension de l'instinct de survie. Le tout est de trouver un équilibre permettant de vivre harmonieusement en société. La seule façon de définir cet équilibre est de partir d'un principe d'un modèle unique : on cherche un équilibre en imaginant que tout le monde a le même comportement, les mêmes envies, les mêmes droits, les mêmes contraintes, les mêmes frustrations... C'est un monde idéal, mais il faut bien simplifier le problème pour commencer à l'attaquer...
Commençons par faire simple :
- l'égoïste est celui qui fait passer ses intérêts avant ceux des autres.
- l'égocentrisme est celui qui se croit an centre du monde
- le narcissique est celui qui s'admire (mythologiquement du moins)
Les trois termes tournent autour de la place qu'on s'accorde à soi par rapport aux autres. Il est normal et sain de privilégier sa propre existence par rapport à celle des autres : c'est une extension de l'instinct de survie. Le tout est de trouver un équilibre permettant de vivre harmonieusement en société. La seule façon de définir cet équilibre est de partir d'un principe d'un modèle unique : on cherche un équilibre en imaginant que tout le monde a le même comportement, les mêmes envies, les mêmes droits, les mêmes contraintes, les mêmes frustrations... C'est un monde idéal, mais il faut bien simplifier le problème pour commencer à l'attaquer...
Commençons par faire simple :
- l'égoïste est celui qui fait passer ses intérêts avant ceux des autres.
- l'égocentrisme est celui qui se croit an centre du monde
- le narcissique est celui qui s'admire (mythologiquement du moins)
samedi 2 avril 2016
Pervers !
Je reviens aux sources : la définition des termes, du vocabulaire.
Commençons par l’étymologie, même si celle-ci n'est pas synonyme de vérité, elle permet de voir les évolutions et les nuances.
Pas de chance, l'étymologie n'a pas l'air des plus claire, avec déjà un sens propre et un sens figuré. Mais bon, généralement le sens figuré est une évolution du sens propre.
Bref, le sens premier : renverser, mettre sans dessus dessous (pervertir)
Et le sens figuré : appliquer à contre-temps, faire mal tourner, corrompre, fausser.
Commençons par l’étymologie, même si celle-ci n'est pas synonyme de vérité, elle permet de voir les évolutions et les nuances.
Pas de chance, l'étymologie n'a pas l'air des plus claire, avec déjà un sens propre et un sens figuré. Mais bon, généralement le sens figuré est une évolution du sens propre.
Bref, le sens premier : renverser, mettre sans dessus dessous (pervertir)
Et le sens figuré : appliquer à contre-temps, faire mal tourner, corrompre, fausser.
mardi 15 mars 2016
La pudeur
L'article devrait être court ce soir. Il s'agit juste de définir la pudeur, et surtout ses deux facettes.
La première facette de la pudeur est simple, c'est la définition courante. C'est la gêne ressentie lorsqu'il s'agit de dévoiler des choses intimes, c'est la retenue qui nous empêche d'agir ou de parler par peur de l'embarras que ceci nous causerait. L'embarras peut venir de quelque chose d'honteux, mais aussi de sentiments positifs, tout comme on peut être embarrassé par des compliments ou des remerciements. La perte de contrôle, le manque de repère, ne pas savoir comment réagir face à une situation provoque de l'embarras, le simple regard des autres peut créer la même gène pour celui qui ne sait pas comment soutenir ces regards tournés vers lui.
Bref, la pudeur est tout ce qui nous protège par anticipation de ces situations.
Mais il ne s'agit ici que de la première partie de la définition.
La première facette de la pudeur est simple, c'est la définition courante. C'est la gêne ressentie lorsqu'il s'agit de dévoiler des choses intimes, c'est la retenue qui nous empêche d'agir ou de parler par peur de l'embarras que ceci nous causerait. L'embarras peut venir de quelque chose d'honteux, mais aussi de sentiments positifs, tout comme on peut être embarrassé par des compliments ou des remerciements. La perte de contrôle, le manque de repère, ne pas savoir comment réagir face à une situation provoque de l'embarras, le simple regard des autres peut créer la même gène pour celui qui ne sait pas comment soutenir ces regards tournés vers lui.
Bref, la pudeur est tout ce qui nous protège par anticipation de ces situations.
Mais il ne s'agit ici que de la première partie de la définition.
lundi 15 février 2016
Empathie, sympathie et compassion
Petit retour aux définitions ce soir, termes voisins dont je ne suis pas sûr de bien maîtriser les différences. Les trois termes sont très proches etymologiquement parlant, ils partagent la même racine : la souffrance/le ressenti, et diffèrent du préfixe :
em- : dedans, à l'intérieur
sym- : avec, ensemble, en même temps
com- : ensemble, avec
Bon, on voit déjà qu'on va avoir du mal avec les deux derniers :)
em- : dedans, à l'intérieur
sym- : avec, ensemble, en même temps
com- : ensemble, avec
Bon, on voit déjà qu'on va avoir du mal avec les deux derniers :)
vendredi 27 novembre 2015
Laïcité?
Interrogation personnelle sur ce terme, que signifie t'il au sens littéral, et quelles sont les valeurs implicites que nous mettons dedans?
La laïcité est simplement la séparation de l'état et du religieux.
Cela signifie quoi en pratique?
L'absence de religion d'état, l'absence de favoritisme parmi les religion, l'absence d'avantages... et l'absence de religion dans l'état, dans le gouvernement.
L'exclusion mutuelle de l'un dans le domaine de l'autre : l'église n'a aucun pouvoir politique ou administratif. C'est sur ce principe que l'église n'organise plus l'éducation dans les écoles. Et le politique n'exerce aucun pouvoir, aucune répression sur la religion.
Deux formules résument ça :
L'état n'intervient pas dans la religion, c'est la laïcité américaine ai-je lu quelque part.
La religion n'intervient pas dans l'état : c'est la laïcité française.
Car en pratique, la séparation église/état ne peut être égale.
La laïcité est simplement la séparation de l'état et du religieux.
Cela signifie quoi en pratique?
L'absence de religion d'état, l'absence de favoritisme parmi les religion, l'absence d'avantages... et l'absence de religion dans l'état, dans le gouvernement.
L'exclusion mutuelle de l'un dans le domaine de l'autre : l'église n'a aucun pouvoir politique ou administratif. C'est sur ce principe que l'église n'organise plus l'éducation dans les écoles. Et le politique n'exerce aucun pouvoir, aucune répression sur la religion.
Deux formules résument ça :
L'état n'intervient pas dans la religion, c'est la laïcité américaine ai-je lu quelque part.
La religion n'intervient pas dans l'état : c'est la laïcité française.
Car en pratique, la séparation église/état ne peut être égale.
dimanche 18 octobre 2015
Simple, compliqué, et complexe
Librement inspiré de l'Introduction à la pensée complexe d'Edgar Morin, voici ma petite réflexion sur le sujet et la définition de ces termes.
Le simple est ce qui peut se décider sans ambiguïtés et rapidement. Pas besoin de raisonnement pour décider si une chose simple est vraie ou fausse. En première approche, nous baignons dans un monde simple : les objets sont simplement définis, les mathématiques de bases sont simples (simples calculs...).
Le compliqué est simplement le fruit d'un raisonnement comportant un certain nombre d'étape et se basant ainsi sur plusieurs éléments simples. Tout ce que nous construisons est compliqué : que ce soit un moteur, un meuble ikéa, un puzzle, ou une démonstration mathématique. Le compliqué peut être vu comme la somme des parties.
Le simple et le compliqué sont déterministes : on détermine à coup sûr, avec plus ou moins de temps et d'effort la véracité de ces choses.
Pour le complexe, ça se complique :)
Le simple est ce qui peut se décider sans ambiguïtés et rapidement. Pas besoin de raisonnement pour décider si une chose simple est vraie ou fausse. En première approche, nous baignons dans un monde simple : les objets sont simplement définis, les mathématiques de bases sont simples (simples calculs...).
Le compliqué est simplement le fruit d'un raisonnement comportant un certain nombre d'étape et se basant ainsi sur plusieurs éléments simples. Tout ce que nous construisons est compliqué : que ce soit un moteur, un meuble ikéa, un puzzle, ou une démonstration mathématique. Le compliqué peut être vu comme la somme des parties.
Le simple et le compliqué sont déterministes : on détermine à coup sûr, avec plus ou moins de temps et d'effort la véracité de ces choses.
Pour le complexe, ça se complique :)
mardi 21 juillet 2015
Envie et jalousie
Ça fait un moment que ce sujet me trotte dans la tête... au point où je me demande si je n'ai pas déjà écrit un article sur le sujet :)
Bref, comment distinguer jalousie et envie, pourquoi les confond on?
Réponse simple, ou plutôt, réponses simples.
Bref, comment distinguer jalousie et envie, pourquoi les confond on?
Réponse simple, ou plutôt, réponses simples.
dimanche 12 juillet 2015
Les émotions
Suite à quelques lectures, je vais faire un petit point... sinon, comme d'habitude, à force d'attendre de lire plus et de mieux comprendre, je remets à demain, et je ne fais rien.
Bref, les émotions.
Comme d'habitude, commençons par une définition.
Les émotions sont à l'âme ce qu'est une pensée pour notre esprit, et le mouvement au corps.
Ce sont des mouvements de notre âme, c'est notre âme en action.
Par âme, j'entends simplement la part de notre psyché qui ne réfléchit pas, mais qui ressent.
Et le mouvement est un changement d'état, ou de position.
Bref, les émotions.
Comme d'habitude, commençons par une définition.
Les émotions sont à l'âme ce qu'est une pensée pour notre esprit, et le mouvement au corps.
Ce sont des mouvements de notre âme, c'est notre âme en action.
Par âme, j'entends simplement la part de notre psyché qui ne réfléchit pas, mais qui ressent.
Et le mouvement est un changement d'état, ou de position.
mardi 9 juin 2015
Passionément
Suite d'un article précédent, forcément :) où j'entrevoyais la passion comme un instinct.
En fait, la passion serait un désir instinctif, non raisonné : on a conscience du désir, mais on ne le comprend pas plus qu'on ne l'analyse, on le subit. Le désir nous gouverne alors : nous cherchons à le satisfaire, et forcément, puisqu'il n'est pas dans le champ de la raison, il ne peut être raisonné, il ne peut être contre-balancé que par un autre désir, une autre passion, plus fort.
En fait, la passion serait un désir instinctif, non raisonné : on a conscience du désir, mais on ne le comprend pas plus qu'on ne l'analyse, on le subit. Le désir nous gouverne alors : nous cherchons à le satisfaire, et forcément, puisqu'il n'est pas dans le champ de la raison, il ne peut être raisonné, il ne peut être contre-balancé que par un autre désir, une autre passion, plus fort.
lundi 4 mai 2015
Mieux avoir des remords que des regrets
Ce soir, je me plonge dans l'explication de cette maxime, pour mieux la comprendre et voir ce qui'il se cache derrière.
La première explication, qui vient à tous, est de dire que dans le doute, mieux vaut faire ce qui semble risquer, quitte à se planter, plutôt que de ne rien faire. Ça serait une nouvelle éloge de la prise de risque, même inconsidérée.
La première explication, qui vient à tous, est de dire que dans le doute, mieux vaut faire ce qui semble risquer, quitte à se planter, plutôt que de ne rien faire. Ça serait une nouvelle éloge de la prise de risque, même inconsidérée.
lundi 19 janvier 2015
Nier n'est pas détruire !
Bordel de dieu !
Comment faire comprendre ça au commun des mortels?
La négation n'est pas destruction ! (@Michel Onfray)
Seul dieu, s'il existe, à ce pouvoir, à travers les mots et les pensées :
il lui suffit d'affirmer pour créer, il lui suffit de nier pour détruire. Sa parole est toute puissante.
Mais nous ne sommes pas Dieu !
Comment faire comprendre ça au commun des mortels?
La négation n'est pas destruction ! (@Michel Onfray)
Seul dieu, s'il existe, à ce pouvoir, à travers les mots et les pensées :
il lui suffit d'affirmer pour créer, il lui suffit de nier pour détruire. Sa parole est toute puissante.
Mais nous ne sommes pas Dieu !
vendredi 24 octobre 2014
Un peu de respect
Je recense 3 formes de respect selon leur origine.
Première forme de respect : celle issue de notre réflexion, de nous mêmes. Nous respectons nos propres valeurs, que nous les considérions bonne dans l'absolu, bonne par calcul, bonne pour nous mêmes.
Ce respect là, les autres s'en moquent en grande partie, car il est égocentrique. Notre empathie ou notre calcul peut nous faire adopter des valeurs qui permettent de vivre en société, mais c'est presque un hasard :)
Il se cache cependant une difficulté concernant la constance de ce respect : lié à nos valeurs, il pourra être tout aussi instable qu'un être humain : changeant, versatile... Nous tolérerons nous mêmes des petites entorses à nos valeurs, ce qui revient juste à constater que nous ne nous connaissons pas assez bien, ou que nos valeurs ne sont pas hiérarchisées de manière aussi noble qu'on voudrait le croire. Une entorse à ses valeurs n'est en fait pas une infidélité, c'est le signe d'une fidélité à d'autres valeurs plus importantes. Ça nous permet de découvrir nos limites. Il restera ensuite à notre conscience de faire le travail : entre remords, culpabilité, déni, acceptation, oubli, occultation, refoulement...
Seconde forme de respect : inspirée par la peur. La peur des conséquences, la peur du regard des autres, la peur de l'amende. C'est cette peur qui tient en partie notre société, elle permet de cadrer les personnes qui ne comprennent pas que les règles sont juste des règles de vie commune. La peur du gendarme nous fera respecter le code de la route, là où d'autres y verront simplement des règles communes pour vivre ensemble et garantir mutuellement sa sécurité.
Cette forme de respect est aussi inconstante : il suffit d'avoir la certitude de ne pas être vu ou pris pour faire tomber cette barrière.
Voleriez vous si vous étiez sûr de ne pas être pris? Etes vous capable de frauder, de payer du travail au noir? Tromperiez vous votre conjoint si vous étiez sûr que ça ne se saurait jamais?
Dernière forme de mon petit recensement : inspirée par la confiance, la légitimité. Il s'agit de respecter aveuglément (sans les remettre en cause) des règles ou des valeurs dictées par autrui, simplement par les qualités qu'on reconnaît à cet autre. On respecte ses décisions et ses choix simplement parce que c'est lui.
Ce respect est sans doute une forme d'amour, avec un peu d'effacement de soi. Peut être moins inconstant que les autres formes dans la mesure où il y a un aveuglement : celui-ci empêche tout changement d'une certaine manière. Il faudrait retrouver la vue pour remettre en cause cet aveuglement.
Au final, qu'est ce qu'il me reste?
Comme souvent, simplement ce que je me dicte à moi même. Il y a une certaine beauté dans le respect aveugle, mais la noblesse vient de soi même, des valeurs que l'on accepte, que l'on fait siennes. La conscience de soi et la conscience du monde doivent mener vers des valeurs qui permettent de respecter les autres. C'est en quelques sortes un manque d'évolution que de ne pas en être arrivé là.
Mais je reste sur ma faim, à définir un monde logique, conscient et respectueux... je fabrique un monde sans folie et au final sans vie...
Première forme de respect : celle issue de notre réflexion, de nous mêmes. Nous respectons nos propres valeurs, que nous les considérions bonne dans l'absolu, bonne par calcul, bonne pour nous mêmes.
Ce respect là, les autres s'en moquent en grande partie, car il est égocentrique. Notre empathie ou notre calcul peut nous faire adopter des valeurs qui permettent de vivre en société, mais c'est presque un hasard :)
Il se cache cependant une difficulté concernant la constance de ce respect : lié à nos valeurs, il pourra être tout aussi instable qu'un être humain : changeant, versatile... Nous tolérerons nous mêmes des petites entorses à nos valeurs, ce qui revient juste à constater que nous ne nous connaissons pas assez bien, ou que nos valeurs ne sont pas hiérarchisées de manière aussi noble qu'on voudrait le croire. Une entorse à ses valeurs n'est en fait pas une infidélité, c'est le signe d'une fidélité à d'autres valeurs plus importantes. Ça nous permet de découvrir nos limites. Il restera ensuite à notre conscience de faire le travail : entre remords, culpabilité, déni, acceptation, oubli, occultation, refoulement...
Seconde forme de respect : inspirée par la peur. La peur des conséquences, la peur du regard des autres, la peur de l'amende. C'est cette peur qui tient en partie notre société, elle permet de cadrer les personnes qui ne comprennent pas que les règles sont juste des règles de vie commune. La peur du gendarme nous fera respecter le code de la route, là où d'autres y verront simplement des règles communes pour vivre ensemble et garantir mutuellement sa sécurité.
Cette forme de respect est aussi inconstante : il suffit d'avoir la certitude de ne pas être vu ou pris pour faire tomber cette barrière.
Voleriez vous si vous étiez sûr de ne pas être pris? Etes vous capable de frauder, de payer du travail au noir? Tromperiez vous votre conjoint si vous étiez sûr que ça ne se saurait jamais?
Dernière forme de mon petit recensement : inspirée par la confiance, la légitimité. Il s'agit de respecter aveuglément (sans les remettre en cause) des règles ou des valeurs dictées par autrui, simplement par les qualités qu'on reconnaît à cet autre. On respecte ses décisions et ses choix simplement parce que c'est lui.
Ce respect est sans doute une forme d'amour, avec un peu d'effacement de soi. Peut être moins inconstant que les autres formes dans la mesure où il y a un aveuglement : celui-ci empêche tout changement d'une certaine manière. Il faudrait retrouver la vue pour remettre en cause cet aveuglement.
Au final, qu'est ce qu'il me reste?
Comme souvent, simplement ce que je me dicte à moi même. Il y a une certaine beauté dans le respect aveugle, mais la noblesse vient de soi même, des valeurs que l'on accepte, que l'on fait siennes. La conscience de soi et la conscience du monde doivent mener vers des valeurs qui permettent de respecter les autres. C'est en quelques sortes un manque d'évolution que de ne pas en être arrivé là.
Mais je reste sur ma faim, à définir un monde logique, conscient et respectueux... je fabrique un monde sans folie et au final sans vie...
samedi 12 juillet 2014
Acceptation ou résignation?
J'ai du mal avec cette notion d'acceptation, autant la creuser...
Commençons par ce que ce n'est pas : face à la résignation et à l'acceptation il y a le déni. Le refus pur et simple d'une certaine réalité, le mental se construit un autre monde. On refuse de croire à la réalité, on conteste, voire on refuse la discussion.
Au-delà de ce déni peuvent apparaître la résignation et l'acceptation.
La résignation, c'est constater la réalité, constater son impuissance face à cette réalité, et du coup abandonner un espoir de changement. La résignation accepte le passé, le présent, et prolonge cet état sur le futur. C'est constater que la partie est perdue, et que rien ne changera ceci.
L'acceptation est légèrement différente : elle est plus ouverte sur le future, et du coup, davantage porteuse d'espoir. L'acceptation consiste aussi à constater la réalité et son impuissance sur le passé, immuable. Par contre, elle ne ferme pas la porte au changement : c'est constater qu'une partie est perdue, mais qu'il y en a d'autres à venir, c'est prendre en compte ces nouveaux éléments, et les intégrer d'une manière neutre dans son raisonnement, dans sa manière d'être.
L'acceptation consiste donc à être capable de se tourner vers l'avenir, et surtout à se libérer du passé, de son poids. C'est être capable de tirer les leçons du passé sans être rongé par d'éternels regrets et sans plonger dans la nostalgie : intégrer ses expériences passées pour mieux se construire au présent et au futur.
Quelque part, on retrouve simplement quelques étapes du deuil : le refus, la résignation (et la dépression qui l'accompagne) puis l'acceptation. Dans les bons cas il s'agit donc d'une évolution linéaire positive.
Bon, ça c'était pour les définitions théoriques et simples, voire simplistes : la nuance entre les deux vient essentiellement de la perception qu'on a du passé et de la vision qu'on en retire. Là ou la nuance est faible c'est quand on regarde de plus près, en pratique, car face à certains événements, l'acceptation comme la résignation conduiront à une même passivité. L'acceptation est porteuse d'un certain espoir, mais pas forcément, l'acceptation n'engendre pas forcément une révolte pour provoquer un changement, mais peut se transformer en acceptation passive et stable. Et alors la différence avec la résignation ne sera plus que mentale, et subjective.
Qu'est ce qui pourra provoquer cette distinction subjective?
La compréhension en premier lieu, je pense. Lorsqu'on arrive à comprendre pourquoi les choses arrivent, on les accepte naturellement. Une explication nous permet de tirer les leçons du passé automatiquement, sans faire d'efforts (après, ça reste pareil : soit le resterai dans le regret ou la nostalgie, soit j'intégrerai ces leçons à mon être...). Accepter les choses sans les comprendre est beaucoup plus dur : on peut les constater, mais c'est plus difficile de se les approprier, de les embrasser, de les accompagner, de les intégrer pour s'en resservir par la suite. Cette acceptation aveugle et passive relève de la croyance pour moi : les religieux y arriveront sans doute beaucoup plus facilement.
Tout ceci amène logiquement LA question, le problème à accepter pour permettre une acceptation complète de tout le reste. Il s'agit de son attitude face à nos propres limites : acceptons-nous nos propres limites, le fait que nous ne puissions pas tout comprendre (tout contrôler?), nous résignons-nous, ou bien nous plaçons-nous dans le déni en croyant que notre compréhension n'a pas de limites? J'ajouterai bien une 4ème option, une espèce de déni positif (ou un déni tout court, que je n'ose avouer) : considérer que l'homme est capable de se transcender, de se dépasser. Je me risquerai même à modifier le regard porté sur le déni : il s'agit en fait de rêver, rêve et déni sont la même choses, ils sont tous les deux un refus de la réalité, après ce sont justes les termes positifs et négatifs de ce même concept. Et Dieu sait que les rêveurs sont profitables, voire essentielles parfois en ce monde...
En tout cas, accepter son humanité, ses faiblesses, accepter de ne pas être capable de tout comprendre, permet sans aucun doute d'accepter par la suite des choses sans les comprendre. Et quelque part, ceci est à la base de bien des religions : les voies du seigneur sont impénétrables...
Et même une fois ceci dit et accepté, il reste encore une complexité à lever : la détermination de nos limites. Et tout est là quelque part : une erreur sur nos limites conduit à une acceptation (voire une résignation) faussée. Accepter de ne pas comprendre alors que c'est à notre portée, accepter une fausse leçon du passé, ne pas essayer de changer une situation croyant que c'est impossible.
Conclusion : je retombe sur la sagesse greco-romaine, l'antiquité quoi, pour pouvoir véritablement accepter les choses, il faut commencer par se connaître soi même (Socrate) et avoir la sagesse de distinguer ce qui est en notre pouvoir de changer de ce qui ne l'est pas (Marc Aurèle) : se connaître soi-même ne suffit pas, il faut aussi connaître le monde... Pas évident comme programme :)
Commençons par ce que ce n'est pas : face à la résignation et à l'acceptation il y a le déni. Le refus pur et simple d'une certaine réalité, le mental se construit un autre monde. On refuse de croire à la réalité, on conteste, voire on refuse la discussion.
Au-delà de ce déni peuvent apparaître la résignation et l'acceptation.
La résignation, c'est constater la réalité, constater son impuissance face à cette réalité, et du coup abandonner un espoir de changement. La résignation accepte le passé, le présent, et prolonge cet état sur le futur. C'est constater que la partie est perdue, et que rien ne changera ceci.
L'acceptation est légèrement différente : elle est plus ouverte sur le future, et du coup, davantage porteuse d'espoir. L'acceptation consiste aussi à constater la réalité et son impuissance sur le passé, immuable. Par contre, elle ne ferme pas la porte au changement : c'est constater qu'une partie est perdue, mais qu'il y en a d'autres à venir, c'est prendre en compte ces nouveaux éléments, et les intégrer d'une manière neutre dans son raisonnement, dans sa manière d'être.
L'acceptation consiste donc à être capable de se tourner vers l'avenir, et surtout à se libérer du passé, de son poids. C'est être capable de tirer les leçons du passé sans être rongé par d'éternels regrets et sans plonger dans la nostalgie : intégrer ses expériences passées pour mieux se construire au présent et au futur.
Quelque part, on retrouve simplement quelques étapes du deuil : le refus, la résignation (et la dépression qui l'accompagne) puis l'acceptation. Dans les bons cas il s'agit donc d'une évolution linéaire positive.
Bon, ça c'était pour les définitions théoriques et simples, voire simplistes : la nuance entre les deux vient essentiellement de la perception qu'on a du passé et de la vision qu'on en retire. Là ou la nuance est faible c'est quand on regarde de plus près, en pratique, car face à certains événements, l'acceptation comme la résignation conduiront à une même passivité. L'acceptation est porteuse d'un certain espoir, mais pas forcément, l'acceptation n'engendre pas forcément une révolte pour provoquer un changement, mais peut se transformer en acceptation passive et stable. Et alors la différence avec la résignation ne sera plus que mentale, et subjective.
Qu'est ce qui pourra provoquer cette distinction subjective?
La compréhension en premier lieu, je pense. Lorsqu'on arrive à comprendre pourquoi les choses arrivent, on les accepte naturellement. Une explication nous permet de tirer les leçons du passé automatiquement, sans faire d'efforts (après, ça reste pareil : soit le resterai dans le regret ou la nostalgie, soit j'intégrerai ces leçons à mon être...). Accepter les choses sans les comprendre est beaucoup plus dur : on peut les constater, mais c'est plus difficile de se les approprier, de les embrasser, de les accompagner, de les intégrer pour s'en resservir par la suite. Cette acceptation aveugle et passive relève de la croyance pour moi : les religieux y arriveront sans doute beaucoup plus facilement.
Tout ceci amène logiquement LA question, le problème à accepter pour permettre une acceptation complète de tout le reste. Il s'agit de son attitude face à nos propres limites : acceptons-nous nos propres limites, le fait que nous ne puissions pas tout comprendre (tout contrôler?), nous résignons-nous, ou bien nous plaçons-nous dans le déni en croyant que notre compréhension n'a pas de limites? J'ajouterai bien une 4ème option, une espèce de déni positif (ou un déni tout court, que je n'ose avouer) : considérer que l'homme est capable de se transcender, de se dépasser. Je me risquerai même à modifier le regard porté sur le déni : il s'agit en fait de rêver, rêve et déni sont la même choses, ils sont tous les deux un refus de la réalité, après ce sont justes les termes positifs et négatifs de ce même concept. Et Dieu sait que les rêveurs sont profitables, voire essentielles parfois en ce monde...
En tout cas, accepter son humanité, ses faiblesses, accepter de ne pas être capable de tout comprendre, permet sans aucun doute d'accepter par la suite des choses sans les comprendre. Et quelque part, ceci est à la base de bien des religions : les voies du seigneur sont impénétrables...
Et même une fois ceci dit et accepté, il reste encore une complexité à lever : la détermination de nos limites. Et tout est là quelque part : une erreur sur nos limites conduit à une acceptation (voire une résignation) faussée. Accepter de ne pas comprendre alors que c'est à notre portée, accepter une fausse leçon du passé, ne pas essayer de changer une situation croyant que c'est impossible.
Conclusion : je retombe sur la sagesse greco-romaine, l'antiquité quoi, pour pouvoir véritablement accepter les choses, il faut commencer par se connaître soi même (Socrate) et avoir la sagesse de distinguer ce qui est en notre pouvoir de changer de ce qui ne l'est pas (Marc Aurèle) : se connaître soi-même ne suffit pas, il faut aussi connaître le monde... Pas évident comme programme :)
dimanche 6 juillet 2014
Chantage ou mise en garde?
On croit toujours les mots simples, mais en creusant un tout petit peu, en les confrontant à différentes situations, parfois extrêmes, on se rend compte que les nuances et la complexité sont toujours juste derrière les premières apparences...
Bref, nouvelle petite interrogation entre 2 termes proches : chantage et mise en garde.
La mise en garde est plus simple je pense, commençons par elle. Simple avertissement d'un danger imminent, visant à créer autrui un état d'alerte, voir à lui indiquer les bonnes actions à faire (ou à ne pas faire).
Le chantage, historiquement, devait consister en la simple extorsion de fonds ou d'autres avantages en nature sous la menace de révélations (donc fallait il se sentir coupable de quelque chose) ou de diffamations. Notion intéressante : agir sur le sentiment de culpabilité de l'autre : la crainte de voir sa culpabilité dévoilée aux yeux de tous. Puis l'usage a fait évoluer la définition je pense. La menace a pu devenir pression psychologique, et l'objectif du chantage a pu devenir a peu près n'importe quoi, du moment que c'est pour assouvir la volonté du maître chanteur au détriment de celle de la cible, et la crainte liée à la culpabilité s'est transformée en crainte tout court. Il ne reste donc du chantage qu'une ressemblance à une manipulation, ou plutôt une influence, basée non pas sur la raison ni même sur la force brute, mais sur la crainte, la peur de la cible. Sa crainte de voir arriver un événement indésirable lui fera se plier à la volonté de l'autre. Et on arrive ainsi au chantage affectif, chantage à la rupture, au suicide...
Mais où se rejoignent chantage et mise en garde? Lorsqu'il s'agit de sauvegarder la santé ou le bien être de la cible, on parlera évidemment de mise en garde, lorsqu'au contraire il s'agit d'obtenir quelque chose de la cible contre sa volonté, au profit de celle de l'autre, on parlera davantage de chantage (belle lapalissade). Mais lorsqu'aucun bien être n'est en jeu, lorsqu'il s'agit simplement de deux volontés, de deux ego qui s'opposent? Le bien être de l'un est il préférable à celui de l'autre? Impossible à départager en fait. On peut peut être simplement les départager en faisant appel à d'autres notions : la liberté par exemple. Si mon bien être dépend de l'autre, l'atteinte de mon bien être prive de liberté l'autre si je le souhaite à tout prix : la tentation du chantage est là, pour conserver ce bien être, pour l'assurer, le garantir. Manipulation protectionniste on va dire. Inversement, si je sais que le bien être de l'autre dépend de moi, je suis en position de force, et pareillement, la tentation du chantage est là aussi : manipulation pour obtenir plus, pour accentuer une domination pré-existante.
Quelque part, les manipulation et les chantages commencent là où la discussion s'arrête. Lorsqu'il y a échange de point de vue, qu'on se met à la place de l'autre et qu'on accepte les rapports tels qu'ils sont (et ils ne sont pas nécessairement équilibrés, ce qui peut être dur à accepter, surtout si on a soif d'égalité) sans en abuser, voire sans en user tout court (ce n'est pas parce que je suis plus fort que je dois dominer, ce n'est pas parce que je connais les faiblesses de l'autre que je dois les viser), il n'y a que des mises en garde, honnêtes et sincères. La sincérité change tout et empêche à mon sens de parler de chantage. Qui osera par exemple parler de chantage dans le cadre de la fidélité dans un couple lorsqu'on dit à l'autre qu'on le quitte s'il est infidèle? Là où il n'y a plus de sincérité, il y a bluff, manipulation et ruse... une mise en garde n'est valable que si elle est sincère et n'exprime qu'une réalité profonde : soit sur les événements extérieurs soit sur sa nature humaine, ses principes. L'inverse d'un raisonnement cherchant justice ou vengeance : la recherche de la justice et de l'équilibre peuvent conduire au chantage affectif. La raison, le calcul sont les ennemis de la compassion et du pardon.
Reste malgré tout une exception à la sincérité : lorsque la sincérité vient d'un esprit irraisonné, voire irraisonnable. Deux cas de figure au moins : lorsque l'objet du chantage est disproportionné. Le chantage affectif au suicide en est l'exemple le plus flagrant sans doute : qu'est ce qui fait le poids face à ça? Ou bien lorsque la personne ne se connaît que très peu elle même : que vaut alors sa sincérité si elle se trompe sur elle même, faute de recul, d'expérience, de réflexion? On se rapproche alors des caprices de l'enfance...
Bref, nouvelle petite interrogation entre 2 termes proches : chantage et mise en garde.
La mise en garde est plus simple je pense, commençons par elle. Simple avertissement d'un danger imminent, visant à créer autrui un état d'alerte, voir à lui indiquer les bonnes actions à faire (ou à ne pas faire).
Le chantage, historiquement, devait consister en la simple extorsion de fonds ou d'autres avantages en nature sous la menace de révélations (donc fallait il se sentir coupable de quelque chose) ou de diffamations. Notion intéressante : agir sur le sentiment de culpabilité de l'autre : la crainte de voir sa culpabilité dévoilée aux yeux de tous. Puis l'usage a fait évoluer la définition je pense. La menace a pu devenir pression psychologique, et l'objectif du chantage a pu devenir a peu près n'importe quoi, du moment que c'est pour assouvir la volonté du maître chanteur au détriment de celle de la cible, et la crainte liée à la culpabilité s'est transformée en crainte tout court. Il ne reste donc du chantage qu'une ressemblance à une manipulation, ou plutôt une influence, basée non pas sur la raison ni même sur la force brute, mais sur la crainte, la peur de la cible. Sa crainte de voir arriver un événement indésirable lui fera se plier à la volonté de l'autre. Et on arrive ainsi au chantage affectif, chantage à la rupture, au suicide...
Mais où se rejoignent chantage et mise en garde? Lorsqu'il s'agit de sauvegarder la santé ou le bien être de la cible, on parlera évidemment de mise en garde, lorsqu'au contraire il s'agit d'obtenir quelque chose de la cible contre sa volonté, au profit de celle de l'autre, on parlera davantage de chantage (belle lapalissade). Mais lorsqu'aucun bien être n'est en jeu, lorsqu'il s'agit simplement de deux volontés, de deux ego qui s'opposent? Le bien être de l'un est il préférable à celui de l'autre? Impossible à départager en fait. On peut peut être simplement les départager en faisant appel à d'autres notions : la liberté par exemple. Si mon bien être dépend de l'autre, l'atteinte de mon bien être prive de liberté l'autre si je le souhaite à tout prix : la tentation du chantage est là, pour conserver ce bien être, pour l'assurer, le garantir. Manipulation protectionniste on va dire. Inversement, si je sais que le bien être de l'autre dépend de moi, je suis en position de force, et pareillement, la tentation du chantage est là aussi : manipulation pour obtenir plus, pour accentuer une domination pré-existante.
Quelque part, les manipulation et les chantages commencent là où la discussion s'arrête. Lorsqu'il y a échange de point de vue, qu'on se met à la place de l'autre et qu'on accepte les rapports tels qu'ils sont (et ils ne sont pas nécessairement équilibrés, ce qui peut être dur à accepter, surtout si on a soif d'égalité) sans en abuser, voire sans en user tout court (ce n'est pas parce que je suis plus fort que je dois dominer, ce n'est pas parce que je connais les faiblesses de l'autre que je dois les viser), il n'y a que des mises en garde, honnêtes et sincères. La sincérité change tout et empêche à mon sens de parler de chantage. Qui osera par exemple parler de chantage dans le cadre de la fidélité dans un couple lorsqu'on dit à l'autre qu'on le quitte s'il est infidèle? Là où il n'y a plus de sincérité, il y a bluff, manipulation et ruse... une mise en garde n'est valable que si elle est sincère et n'exprime qu'une réalité profonde : soit sur les événements extérieurs soit sur sa nature humaine, ses principes. L'inverse d'un raisonnement cherchant justice ou vengeance : la recherche de la justice et de l'équilibre peuvent conduire au chantage affectif. La raison, le calcul sont les ennemis de la compassion et du pardon.
Reste malgré tout une exception à la sincérité : lorsque la sincérité vient d'un esprit irraisonné, voire irraisonnable. Deux cas de figure au moins : lorsque l'objet du chantage est disproportionné. Le chantage affectif au suicide en est l'exemple le plus flagrant sans doute : qu'est ce qui fait le poids face à ça? Ou bien lorsque la personne ne se connaît que très peu elle même : que vaut alors sa sincérité si elle se trompe sur elle même, faute de recul, d'expérience, de réflexion? On se rapproche alors des caprices de l'enfance...
dimanche 8 juin 2014
Altruisme moral et égoïsme matérialiste
Petite digression à ma propre réflexion, encore dans les limbes de mon cerveau, d'où l'intérêt de passer par écrit : y voir plus clair pour mieux avancer.
Petites définitions pour commencer sur de bonnes bases.
L'égoïsme est l'attitude extrême qui consiste à ne penser qu'à soi, sans tenir compte des autres. En tenir compte, même après soi ne relève plus vraiment de l'égoïsme.
L'altruisme est l'inverse : la disposition à faire passer l'intérêt des autres, avant le sien, de manière désintéressé.
Ces deux définitions ne sont que des concepts, des archétypes : personne n'est ni égoïste ni altruiste. On l'est plus ou moins, selon les circonstances, selon les personnes auxquelles on se compare.
On peut rajouter une infinité de nuances entre les 2 extrêmes, certaines étant plus intéressantes que d'autres à observer :
L'égoïste soucieux des autres est une personne en apparence égoïste, qui prend des décisions dans son propre intérêt, mais sans le faire au mépris des autres. Son calcul prendra davantage en compte son intérêt que celui des autres, certains le comprendront, mais la plupart non. Dans certains cas, il pourra même se montrer naturellement altruiste, son intérêt ne faisant plus le poids dans sa balance pondérée face aux malheurs qu'il pourrait provoquer.
L'altruiste par calcul, intéressé, mais indirectement. C'est peut être le pire :) A l'extrême, c'est un égoïste intelligent, manipulateur, prêt à toutes les bassesses pour arriver à ses fins, y compris celle de passer pour un gentil :) Ses dons ne seront jamais désintéressés, mais il espérera toujours une juste compensation, un juste retour des choses : et sans ce retour, il deviendra aigri, frustré. Parfois ce retour peut être faible par rapport au don, il peut s'agir d'une simple reconnaissance, d'un simple merci... Et là, chacun commence à se reconnaître un peu, on s'écarte un peu du manipulateur, mais on reste intéressé. Celui qui se vante de son acte charitable n'est pas véritablement altruiste s'il le fait pour la reconnaissance, s'il le fait pour se faire remarquer, pour sortir du lot. La réaction face à l'absence de remerciement est un bon juge, la frustration est le signe d'un intérêt. Mais bon, il ne faut pas plus caricaturer mes propos que je ne le fais déjà : si le seul retour exigé est un remerciement, on n'est plus qu'à un pas de l'acte désintéressé. Mieux aurait valu un remerciement espéré qu'exigé, la nuance s'amenuise...
Enfin, arrivent les deux catégories les plus intéressantes, les plus subtiles. Lorsque l'intérêt personnel se dégageant d'un don altruiste n'est pas matériel, mais purement moral. Et là encore je distingue deux intérêts différents : l'intérêt individuel et l'intérêt collectif.
Un intérêt individuel peut conduire à être altruiste : il s'agit de règles de conduite que l'on se fixe, de principes personnels auxquels on ne veut pas déroger. Enfreindre ces règles individuels conduirait à renier une partie de sa personnalité, de son identité, et conduirait à plus ou moins long terme au dégoût de soi-même. Quelqu'un qui a décidé d'être généreux par exemple, et qui se force à l'être à tout prix, pour ne pas se décevoir serait dans cette situation. Un don pourrait lui faire mal au cœur, mais tant que ce mal reste moins fort que le mal de ne pas le faire, alors il agira de manière altruiste, avant tout intéressé par la stabilité de sa personnalité. Ce n'est plus un altruisme par nature, mais par volonté. Pas sûr qu'il soit moins appréciable.
Enfin, un intérêt collectif peut conduire à être altruiste. Il s'agit d'un calcul simple, qui consiste à se voir comme acteur de son monde. Par son geste altruiste, cette personne n'exige (et n'espère) rien pour elle en retour, elle espère par contre que son geste puisse servir d'exemple, et puisse être reproduit dans la société où il évolue. Il construit le monde dans lequel il a envie de vivre, ou alors, la contraposée : il ne supporterait pas de vivre dans un monde où personne ne ferait ce geste désintéressé.
Dans les deux derniers cas, on peut donc trouver un intérêt important au geste altruiste, un intérêt vital même. Mais cette importance ne se mesure que dans le domaine moral ou éthique, et il ne faut surtout pas, sous ce prétexte, arriver à confondre altruisme et égoïsme. On peut toujours trouver un intérêt à tout : l'homme est doué de raison, donc il s'en sert. On peut toujours trouver une infinité de nuances permettant de relier deux extrêmes, mais il ne faut surtout pas en arriver à confondre les concepts de base, sinon c'est la fin de tout, à commencer par la fin du bien et du mal (même si ça reste des notions floues, s'appliquant mal au réel...)
Petites définitions pour commencer sur de bonnes bases.
L'égoïsme est l'attitude extrême qui consiste à ne penser qu'à soi, sans tenir compte des autres. En tenir compte, même après soi ne relève plus vraiment de l'égoïsme.
L'altruisme est l'inverse : la disposition à faire passer l'intérêt des autres, avant le sien, de manière désintéressé.
Ces deux définitions ne sont que des concepts, des archétypes : personne n'est ni égoïste ni altruiste. On l'est plus ou moins, selon les circonstances, selon les personnes auxquelles on se compare.
On peut rajouter une infinité de nuances entre les 2 extrêmes, certaines étant plus intéressantes que d'autres à observer :
L'égoïste soucieux des autres est une personne en apparence égoïste, qui prend des décisions dans son propre intérêt, mais sans le faire au mépris des autres. Son calcul prendra davantage en compte son intérêt que celui des autres, certains le comprendront, mais la plupart non. Dans certains cas, il pourra même se montrer naturellement altruiste, son intérêt ne faisant plus le poids dans sa balance pondérée face aux malheurs qu'il pourrait provoquer.
L'altruiste par calcul, intéressé, mais indirectement. C'est peut être le pire :) A l'extrême, c'est un égoïste intelligent, manipulateur, prêt à toutes les bassesses pour arriver à ses fins, y compris celle de passer pour un gentil :) Ses dons ne seront jamais désintéressés, mais il espérera toujours une juste compensation, un juste retour des choses : et sans ce retour, il deviendra aigri, frustré. Parfois ce retour peut être faible par rapport au don, il peut s'agir d'une simple reconnaissance, d'un simple merci... Et là, chacun commence à se reconnaître un peu, on s'écarte un peu du manipulateur, mais on reste intéressé. Celui qui se vante de son acte charitable n'est pas véritablement altruiste s'il le fait pour la reconnaissance, s'il le fait pour se faire remarquer, pour sortir du lot. La réaction face à l'absence de remerciement est un bon juge, la frustration est le signe d'un intérêt. Mais bon, il ne faut pas plus caricaturer mes propos que je ne le fais déjà : si le seul retour exigé est un remerciement, on n'est plus qu'à un pas de l'acte désintéressé. Mieux aurait valu un remerciement espéré qu'exigé, la nuance s'amenuise...
Enfin, arrivent les deux catégories les plus intéressantes, les plus subtiles. Lorsque l'intérêt personnel se dégageant d'un don altruiste n'est pas matériel, mais purement moral. Et là encore je distingue deux intérêts différents : l'intérêt individuel et l'intérêt collectif.
Un intérêt individuel peut conduire à être altruiste : il s'agit de règles de conduite que l'on se fixe, de principes personnels auxquels on ne veut pas déroger. Enfreindre ces règles individuels conduirait à renier une partie de sa personnalité, de son identité, et conduirait à plus ou moins long terme au dégoût de soi-même. Quelqu'un qui a décidé d'être généreux par exemple, et qui se force à l'être à tout prix, pour ne pas se décevoir serait dans cette situation. Un don pourrait lui faire mal au cœur, mais tant que ce mal reste moins fort que le mal de ne pas le faire, alors il agira de manière altruiste, avant tout intéressé par la stabilité de sa personnalité. Ce n'est plus un altruisme par nature, mais par volonté. Pas sûr qu'il soit moins appréciable.
Enfin, un intérêt collectif peut conduire à être altruiste. Il s'agit d'un calcul simple, qui consiste à se voir comme acteur de son monde. Par son geste altruiste, cette personne n'exige (et n'espère) rien pour elle en retour, elle espère par contre que son geste puisse servir d'exemple, et puisse être reproduit dans la société où il évolue. Il construit le monde dans lequel il a envie de vivre, ou alors, la contraposée : il ne supporterait pas de vivre dans un monde où personne ne ferait ce geste désintéressé.
Dans les deux derniers cas, on peut donc trouver un intérêt important au geste altruiste, un intérêt vital même. Mais cette importance ne se mesure que dans le domaine moral ou éthique, et il ne faut surtout pas, sous ce prétexte, arriver à confondre altruisme et égoïsme. On peut toujours trouver un intérêt à tout : l'homme est doué de raison, donc il s'en sert. On peut toujours trouver une infinité de nuances permettant de relier deux extrêmes, mais il ne faut surtout pas en arriver à confondre les concepts de base, sinon c'est la fin de tout, à commencer par la fin du bien et du mal (même si ça reste des notions floues, s'appliquant mal au réel...)
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