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mardi 29 mars 2016

Toute action, toute décision est un pari

Je ne sais plus où j'ai trouvé cette pensée, mais elle me trottait dans l'esprit depuis un petit moment.
Façon courte de résumer nos choix et notre place dans ce monde.

Chaque mouvement, autre qu'un simple réflexe, est l'expression d'une volonté : que ce soit un mouvement de fuite, de foncer, ou même la décision de simplement attendre. Ceci est toujours un pari que l'on fait sur le réel et sur notre capacité à l'influencer (voire à le contrôler pour les cas les plus simples, ou les plus mégalo).

jeudi 13 août 2015

L'effet exponentiel

Petite réflexion suite à un reportage, pour mieux illustrer les effets induits par les accroissements exponentiels.

D'abord, l'exemple repris de l'émission télé. Tout le monde connait l'histoire des nénuphars qui doublent leur surface occupée dans un lac tous les jours. Le premier jour, j'ai un nénuphar, le second, 2, le 3eme : 4 et ainsi de suite... Et tout le monde sait répondre à la question suivante : si au bout de 100 jours le lac est couvert de nénuphar, alors quand est ce que les nénuphars occupaient la moitié du lac? Et la réponse : au 99ème.
 L'effet est même accentuée si on augmente la durée : s'il fallait 1 000 jours pour recouvrir le lac alors il en fallait 999 pour en recouvrir la première moitié. Il a donc fallu un seul jour pour reproduire ce qui a pris 999 jours pour commencer !
Mais ce n'est pas encore ça qui est le plus surprenant, attendez la suite. L'exemple tel qu'il est posé là ne permet pas de saisir la dimension du problème.

dimanche 22 mars 2015

La liberté d'expression en droit européen

La formulation de ce principe au niveau européen est tout simplement stupéfiante. Tout y est.
C'est l'article 10, et surtout son principe qui est révélateur.
La liberté d'expression vaut non seulement pour les informations ou idées accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent l'Etat ou une fraction quelconque de la population. Ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture, sans lesquels il n'est pas de société démocratique.

dimanche 1 juin 2014

Avoir toujours raison ou n'avoir jamais tort?

Deux attitudes similaires mais pas du tout identiques, question de principe, de fierté, et généralement on se défend de l'une comme de l'autre. Petite analyse rapide, comme d'hab :)

Déjà, factuellement, il est plus simple de n'avoir jamais tort : il suffit de ne jamais rien affirmer, de n'émettre que des doutes. Ne rien faire, ne rien dire est la meilleure solution pour n'avoir jamais tort, mais de manière un peu moins extrémiste, il suffit de ne pas trop s'engager, de ne rien affirmer pour ne jamais se tromper.

Avoir toujours raison est plus engageant, et est aussi beaucoup plus difficile à tenir. Avoir raison signifie non seulement ne pas se tromper, mais implique en plus voir juste, de manière précise. Il existe en effet différents moyen rhétoriques pour ne pas avoir tort, pour ne pas perdre la face : relativiser les propos, les particulariser à un contexte précis (et implicite, non dit), rajouter des éléments, des précisions... bref, grâce au non dit, on peut facilement tellement diminuer le périmètre de notre propos pour qu'il ne s'applique à presque plus rien.

Au final, avoir toujours raison dénote un complexe de supériorité ou une forte confiance en soi : c'est une question de connaissance, de savoir : de puissance. Mais cette position de principe devient vite intenable face à une réalité contraire : à trop s'engager, à trop affirmer, on finit par se tromper et le désengagement est impossible. Reconnaître son tort est douloureux, mais devient obligatoire.
Au contraire, n'avoir jamais tort dénote un complexe d'infériorité et/ou un manque de confiance en soi, ce n'est plus une question de puissance mais une question de fierté. Face à contradiction, cette position est toujours tenable en faisant mine de préciser sa pensée. Cette position incite à la mauvaise foi, pour sauver sa fierté.

L'objectif qui se cache derrière le besoin d'avoir toujours raison est la recherche de la vérité : l'illusion de notre toute puissance nous incite à croire que nous détenons cette vérité, illusion entretenu par notre culture, notre expérience, notre intelligence et notre confiance en nous.
L'objectif caché derrière la crainte d'avoir tort est celui de ne pas être pris en défaut : la recherche de vérité est secondaire, au pire, il s'agit de notre vérité, qui s'applique à nous seul, pour nous seul, pour un cas précis, nous permettant de sortir du débat contradictoire la tête haute.

Celui qui pense avoir toujours raison acceptera plus facilement de changer d'avis, de se ranger du coté de la vérité, de reconnaître son tort. Ce tort sera reconnu de manière passagère, car en changeant d'avis, il se rangera du coté de la réalité, de la vérité (contraire à sa première affirmation) et pourra défendre ce nouveau point de vue avec la même véhémence, et affirmer à nouveau avoir raison. Pus vite le tort sera reconnu, plus vite on changera d'avis, et plus vite on aura à nouveau raison :) la logique est simple.
Celui qui ne veut jamais avoir tort n'a pas besoin de se remettre en cause face à une contradiction, il pourra continuer à tenir ses propos, toujours en les relativisant, en les minimisant : mais arrêter de tenir ses propos serait une manière de reconnaître son tort. Le mécanisme est donc beaucoup plus figé.

Conclusion, (ouf!) avoir toujours raison est un principe beaucoup plus acceptable car beaucoup plus risqué et impliquant presque obligatoirement la reconnaissance de ses torts (qui ne sont que passagers), et dénote un sentiment positif : l'excès de confiance. Ouf! car c'est un peu mon principe :) je m'en sors bien donc, ou alors c'est que je ne suis pas vraiment objectif :)
Mais le principal reste la capacité à reconnaître ses torts, et à ne pas rester figé sur une position intenable face à des preuves irréfutables.
On pourrait aussi choisir une voie moins extrême, entre les 2, mais bon, cette voie serait tiède et dénote simplement un manque de confiance en soi, ou en tout cas l'absence d'un avis éclairé : ce qui est tout à fait permis en amont d'une réflexion, mais une fois la réflexion posée, il est préférable d'être capable de se forger un avis et de le défendre, et sa défense passe forcément par une des deux stratégie citées. Ne pas avoir d'avis sur tout est normal, n'avoir un avis sur rien est un mauvais signe, signe de manque de personnalité, de confiance en soi... toujours le même dilemme : être acteur ou spectateur, prendre parti ou non.

Et au final, avoir toujours raison n'est que l'application du principe scientifique : prendre pour acquis l'hypothèse la plus crédible, la défendre bec et ongles jusqu'à preuve du contraire et la naissance d'une nouvelle hypothèse, à adopter au plus vite, sans faire jouer une quelconque fierté.

jeudi 26 septembre 2013

Persévérer dans l'erreur ou tourner la page?

Petite réflexion tirée, inspirée plutôt, d'une lecture (Je suis vivant et vous êtes morts -joli titre- de E. Carrère)...

Quelle est la meilleure règle de conduite à adopter?
Persévérer sur une première impression, un premier avis, s'accrocher à une idée en se disant que c'est la bonne, et que le temps le prouvera... quitte à se tromper et à finir par persévérer diaboliquement dans une erreur?
Ou bien se hâter de tourner les pages, de passer à autre chose, de sauter sur une nouvelle opinion, un nouveau plaisir, un nouveau désir tel un Don Juan passant de passion en passion, quitte à transformer sa vie en une succession de pages hâtivement tournées (la formule n'est pas de moi, j'aurais aimé.. mais non)

Stabilité contre éphémérité, sécurité contre mouvement, continuité contre renouvellement.
Le problème dans la vie, c'est qu'il n'y a pas de bonne réponse. Chaque décision, chaque comportement a son bon côté et son mauvais côté. Ce qui fait que chaque choix est attirant à sa manière. C'est aussi ce qui fait la richesse de la vie bien entendu.
Et l'esprit cartésien cherche généralement à comprendre les choses, à les classer, à les disséquer pour pouvoir ériger des lois, des principes. Cet angle d'attaque semble avoir fait ses preuves dans tous les domaines scientifiques, dans notre maîtrise de la nature, et du coup, on l'a naturellement généralisé à d'autres domaines... mauvaise idée. Il n'est pas applicable partout, ou disons à minima que la complexité peut rendre cette approche totalement inefficace!
Ça aurait un coté rassurant de se dire qu'une fois le problème bien posée, on peut adopter une règle de conduite, et s'y tenir : ça apporterait une certitude à notre vie, à notre comportement. Le problème vient du fait que cette recherche est vaine d'après moi... et nous conduit au final à passer notre vie perdu dans la réflexion sur la voie à choisir. A ce compte là, on peut se demander s'il ne vaudrait pas mieux en choisir une et s'y tenir. Certitude ou pas.

En fait, je pense qu'il y a une solution à ce problème, en fait il y en a même deux :)
La première est donnée quelques pages plus loin dans le livre. Les généralités sont une illusion, rien n'existe en général, il n'existe que des choses (et des situations) particulières. Ça, c'est le point de vue du sage, qui a dépassé ses interrogations et accepte pleinement sa vie, ses variations et sa complexité. Faire preuve en toute situation d'esprit critique, remettre en cause constamment ses choix passés, et donc n'avoir aucun principe, aucune ligne de conduite prédéfinie, pas même les plus évidentes (faire le bien...)
L'autre solution consiste à choisir ses principes : non pas parce qu'après une réflexion on aura trouvé que ce sont les meilleurs, que c'est la véritable voie à suivre, l'unique. Ceci est impossible, le doute sera toujours là avec cette approche. Choisir ses principes parce qu'on a ce pouvoir, cette possibilité : on peut choisir ce qu'on voudrait être. Pas forcément ce qu'on est, car on vouloir n'est pas pouvoir. Mais choisir ce qu'on voudrait être est déjà pas si mal, c'est même l'essentiel, c'est se doter soi même de principes qui gouvernent notre monde : quelle différence entre notre monde et le monde? Aucune, notre subjectivité est reine, nous sommes par définition le centre de notre monde, notre monde s'arrêtera sans doute avec nous. Je ne prône pas l'égoïsme en disant cela, je prône le pouvoir et la responsabilité qui est liée. A nous de choisir les principes que nous voulons voir gouverner le monde, puis à nous ensuite d'essayer de vivre selon ces principes, ces valeurs morales : vérité, amitié, entraide...

Au final, la solution reste un mélange d'approches : au cas par cas dans certains cas, et par principe dans d'autres cas. Croire que la sagesse consiste justement à être capable de distinguer les situations est ce déjà un premier dans l'illusion du classement, de la généralité? Pas vraiment, car je pense qu'on touche à la définition de la sagesse là : notion idéale. Et quand bien même, on peut faire le choix de ce principe :) et s'évertuer à trouver cette sagesse, à chercher sans arrêt à distinguer les choses.. que ce soit dans leur généralité ou dans leur singularité. L'approche est simplement paradoxale, donc humaine :)

Il n'y a pas de bonnes réponses, mais la bonne nouvelle, c'est qu'il n'y pas de mauvaises réponses non plus. Il n'y a que des essais, des tentatives, des choix, des chemins à emprunter, pour un temps ou pour une vie.

dimanche 21 juillet 2013

Intention ou résultat?

Doit on juger selon l'intention ou selon le résultat?
Question de croyance intime je pense, on se fait tous son idée, en tout cas on l'applique, sans forcément le savoir...

Histoire d'être provoc', j'ai envie de dire que la réponse est en fait qu'il ne faut pas juger. Nous ne sommes ni juge ni Dieu. Tout ce que nous pouvons faire c'est ressentir, et agir selon nos sentiments pour nous-mêmes, pas pour les autres, et lorsqu'ils sont contradictoires, essayer d'affiner nos sensations, se poser la question de si l'on veut encore connaître ce genre de dilemme.

Cette absence de jugement et de sanction étant posée, on peut quand même se poser la question vis à vis de l'intellect : les sentiments ne suffisent pas à dicter notre conduite, et il ne faut pas sombrer dans l'impulsivité non plus.

Lorsque intention et résultat coïncident, la question se pose pas : si les 2 sont bons, alors on sera heureux et visera à encourager ce comportement, si les 2 sont mauvais alors nous serons tristes et on tentera d'empêcher que ceci se reproduise (par la fuite si on ne souhaite pas agir sur la cause, sur la personne à l'origine de la cause).

Lorsque l'intention est bonne et le résultat mauvais : l'objectif est de viser à reproduire le comportement mais en améliorant la conscience de la personne qui en est à l'origine, l'empêcher de faire une erreur de jugement qui conduit au mauvais résultat. La réponse passe donc à travers l'éducation. La sanction n'est pas nécessaire : si l'intention était bonne, la culpabilité sera là, et suffisante. Par contre, l'éducation passera par le constat du mauvais résultat et l'analyse des causes.

Lorsque l'intention est mauvaise et le résultat bon : ce cas est assez simple, on visera à empêcher de fournir une nouvelle occasion à la personne de perpétrer une nouvelle mauvaise intention. La sanction sera donc nécessaire.

L'analyse est simple dans la théorie, qu'est ce qui la rend si complexe en pratique? Deux choses sans doute : l'affect et la gravité des situations : une légère bonne intention qui conduit à une catastrophe aura tendance à nous faire oublier nos "principes", et inversement...

Quelque part, derrière cette question se pose la question de la responsabilité et de la maturité. Sanctionner une bonne intention qui s'accompagne de mauvais résultats revient à dire que la personne aurait dû se rendre compte de ce qu'elle produisait comme conséquence, faire le contraire, c'est tolérer ou accepter une insouciance, et clairement dans certains cas, lorsque l'enjeu est fort, l'insouciance est condamnable.
C'est évident pour moi qui prône une extrême conscience, une présence à la réalité, mais est ce que ça l'est dans l'absolu? Certainement pas...

Au final, dans ces cas litigieux, on ne juge plus ni l'intention, ni le résultat, mais l'insouciance / la responsabilité de la personne. Si la personne avait tous les éléments, y compris intellectuels, pour estimer correctement la situation alors on qualifiera son insouciance de criminel (laisser des armes à la portée d'enfants par exemple...). Le défaut d'attention est un crime dans la mesure où nous considérons chaque être comme responsable d'un peu plus que de sa simple personne, mais responsable aussi de ce qu'il provoque autour de lui : sur le monde physique et sur les personnes. Responsabilité impossible à porter en pratique : je ne suis pas responsable des battements d'ailes autour de moi, ni de l'effet que mon unique existence peut provoquer chez autrui. La limite me semble impossible à définir. On se retrouve seul face à sa conscience, et on projettera son propre résultat, ses propres limites, sur les autres pour estimer leur responsabilité. Il est nécessaire de garder à l'esprit ce mécanisme afin de ne jamais être trop sûr de soi dans nos affirmations sur la responsabilité d'autrui...

Mais ce qui est sûr, pour moi, est qu'il faut se méfier des insouciants, ils sont potentiellement dangereux, vont créer des soucis supplémentaires chez nous (pour simplement prendre leur part de conscience, d'inquiétude). Mais heureusement pour eux, ils apportent généralement beaucoup à leur entourage : à chacun de faire son choix, en connaissance de cause. Puis de l'assumer.