Affichage des articles dont le libellé est livre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est livre. Afficher tous les articles

mardi 3 novembre 2015

Entre défoulement et refoulement

Comme disait Freud : Re foulez fous un peu de thé? :)

Bref, nouvelle réflexion tirée de La force des émotions.
On est face à deux extrêmes : le défoulement et le refoulement.

Se défouler revient à exprimer ses émotions sans retenue, sans se soucier des conséquences sur les autres. On peut se défouler avec des émotions négatives (laisser libre cours à sa colère destructrice...) ou avec des émotions positives (laisser éclater sa joie).
Refouler, au contraire, consiste à garder ses émotions pour soi, à ne rien laisser paraître, voire même à soi même, et à tout garder dans son inconscient.

jeudi 29 octobre 2015

Etre sujet, c'est être presque tout pour soi, et presque rien pour l'univers

Citation d'Edgar Morin, tirée de son livre Introduction à la pensée complexe.

Le passage, et cette citation, résume en quelques sortes ma pensée égoïste, ou plutôt égocentrique. Il ne faut pas nier cette facette de notre personnalité, sans pour autant devenir un connard fini bien entendu : mais c'est un fait : nous sommes le centre de notre monde. L'accepter permet de mieux appréhender notre vie, et notre place dans ce monde.

Nous sommes le centre de notre monde, et non pas nous sommes le centre du monde. La frontière entre égocentrisme et bêtise est là.
Chacun est son propre monde : il en est le début, il en sera la fin. Nous sommes donc quasiment tout pour nous mêmes, pour notre subjectivité, notre conscience, nos sentiments, nos expériences...
La seule chose qui nous échappe, c'est ce qui est hors de nous : nous sommes la source de notre être, de nos sentiments, et le monde extérieur, qui nous échappe, en est la cause. Dans cet univers extérieur, nous sommes rien, ou presque. Nous sommes une poussière.
Voila le paradoxe de nos vies.

mercredi 28 octobre 2015

Les effets de l'écriture mélancolique

Étonnante expérience rapportée dans La force des émotions (François Lelord et Christophe André)

Prenez deux groupes de personnes, demandez à l'un d'écrire à propos de l'événement le plus douloureux de leur vie. Il faut que cet exercice soit fait avec suffisamment de sérieux et d'implication : la phase d'écriture doit donc durer un certain temps (15 minutes pour l'expérience) et être répétée pour faire effet (4 jours de suite pour l'expérience).
Le groupe témoin s'astreindra au même exercice d'écriture, mais sur des sujets libres.

Qu'observe t'on?
A court terme, après l'écriture, on voit le résultat attendu : les personnes du premier groupe sont davantage tristes et abattues. On décèle même des signes physiques de malaise : la pression artérielle est plus élevée.
A court terme on est donc dans le morfond, la rumination, la mélancolie.

Mais quatre mois plus tard, on observe d'autres résultats !

dimanche 18 octobre 2015

Simple, compliqué, et complexe

Librement inspiré de l'Introduction à la pensée complexe d'Edgar Morin, voici ma petite réflexion sur le sujet et la définition de ces termes.

Le simple est ce qui peut se décider sans ambiguïtés et rapidement. Pas besoin de raisonnement pour décider si une chose simple est vraie ou fausse. En première approche, nous baignons dans un monde simple : les objets sont simplement définis, les mathématiques de bases sont simples (simples calculs...).

Le compliqué est simplement le fruit d'un raisonnement comportant un certain nombre d'étape et se basant ainsi sur plusieurs éléments simples. Tout ce que nous construisons est compliqué : que ce soit un moteur, un meuble ikéa, un puzzle, ou une démonstration mathématique. Le compliqué peut être vu comme la somme des parties.

Le simple et le compliqué sont déterministes : on détermine à coup sûr, avec plus ou moins de temps et d'effort la véracité de ces choses.

Pour le complexe, ça se complique :)

lundi 24 août 2015

Violence dans les médias : le débat est terminé

C'est par ces mots que commence un communiqué de l'association américaine de psychiatre, de 1998, même son de cloche chez les pédiatres, dès 1995 (tiré de La force des émotions de François Lelord et Christophe André, d'ailleurs tout l'article de ce blog en est tiré plus ou moins directement...)
En fait, il n'y a plus de débats, tellement il y a eu d'études sur le sujet. Ces communiqués ne se faisaient que l'écho de toutes ces études. Et pourtant, personne n'y croit...

mercredi 5 août 2015

Le bonheur en six questions

Tiré du livre La force des émotions de François Lelord et Christophe André (comme quelques articles précédents d'ailleurs...)

Six questions pour remettre le bonheur au centre de sa vie,
six questions qui au final peuvent déranger par rapport à ce qu'elles nous apprennent sur nous et notre quête,
six questions à garder en tête,
six questions sur lesquelles revenir régulièrement pour se retrouver...

- Aujourd'hui, qu'est ce qui pourrait vous rendre plus heureux?
- Ce qui pourrait vous rendre plus heureux est il probable ou réalisable?
- De quelle catégorie se rapproche le plus votre idéal de bonheur?
- Quels ont été les moments les plus heureux de votre vie?
- Quels ont été les moments de bonheur que vous avez gâchés?
- Ce qui pourrait vous rendre le plus heureux dépend-il de vous?

mercredi 31 décembre 2014

Même si la vie n'a pas de sens, qu'est ce qui nous empêche de lui en inventer un?

Heureuse citation, trouvée par hasard, tirée de Alice aux Pays des Merveilles de Lewis Caroll.

Un petit mélange de de cynisme et de nihilisme, renversé par une espièglerie qui prête à sourire, mais qui au final est tout à fait sérieuse.

dimanche 2 novembre 2014

Les sagesses de Sancho

Bon, en fait, ce sont celles de Don Quichotte, mais le titre sonnait mieux avec son écuyer :)

Je vais en prendre quelques unes, pour commencer, concernant la justice.

Que les larmes du pauvre t'inclinent à plus de compassion -mais non à plus de justice- que les plaintes du riche.
Don Quichotte a beau se placer en défenseur des opprimés, a beau être aveuglé par sa chevalerie, il n'en demeure pas moins droit et intègre. Il comprend bien que la souffrance, les larmes n'ont pas à peser dans la balance de la justice. Celles-ci doivent faire naître la compassion, mais ne doivent pas rentrer sur le terrain de la justice.

Efforce-toi de découvrir la vérité à travers les promesses et les cadeaux du riche, comme à travers les pleurs et les sollicitations du pauvre.
L'idée est reprise, pour montrer en quelques sortes que chacun fait avec ses armes, chacun essaye de s'attirer les faveurs de celui qui juge. L'un utilise la compassion, l'autre sa richesse : deux formes d'influence. On peut (on doit?) compatir et accepter les cadeaux, les aides, mais le jugement doit rester intègre, et ne pas se faire influencer par ces passions.

Chaque fois que l'équité le permet, n'accable pas le délinquant de toute la rigueur de la loi, car un juge impitoyable n'a pas meilleure réputation qu'un juge compatissant.
Si tu fais plier la verge de la justice, que ce soit sous le poids de la miséricorde et non sous celui des cadeaux.
Ces idées sont notamment reprises un peu plus tard par Sancho Panza :
Dans les cas où la justice serait hésitante, on doit s'en remettre à la miséricorde. [...] car il vaut toujours mieux faire le bien que le mal.
Sorte de conclusion à tout cela. L'honnêteté, la rigueur, l'austérité, la neutralité ou la froideur sont des valeurs essentielles chez un juge, ou tout simplement pour émettre un jugement, mais il reste un fond d'humanité derrière cette approche clinique. Elle permet à la fois de donner une direction en cas de doute : le pardon, la miséricorde... sorte d'ancêtre à la présomption d'innocence. Et aussi d'éviter les excès de zèle, d'éviter les punitions pour l'exemple : inutile d'en faire trop.

samedi 1 novembre 2014

Le cerveau filtre...

Je suis retombé sur cette théorie qui voit le cerveau comme un filtre, une mécanique physique permettant de faire le lien, et donc le filtre, entre un monde spirituel, notre conscience universelle et le monde matériel, notre ego.

Nous serions pris (et absorbés) par les contingences matérielles, notre survie en dépend : nous avons des besoins physiques à satisfaire. Cette partie de notre être prend le dessus sur le reste, et toute notre attention se porte sur cette réalité, sur cette temporalité.

Trois choses, trois événements permettent d'échapper à cette emprise du réel, et permettent de nous reconnecter avec la Réalité.
La méditation et/ou la contemplation permet dans certains cas une révélation, un sentiment de connexion avec toute chose, de ne faire qu'un avec l'Univers, de comprendre que tout est lié.
Certaines drogues permettent de se plonger artificiellement dans cet état mystique (cf les portes de la perception de Aldous Huxley où il raconte son expérience sous mescaline), de renouer avec un émerveillement continu et de voir de la beauté en toute chose.
Et enfin, l'expérience de mort imminente permettrait aussi de faire tomber certaines de ces barrières, donnant accès à une autre connaissance, une autre manière de voir en fait.

Un point commun se détache de ces 3 méthodes, c'est l'effacement de soi, voire sa désintégration. L'oubli de son corps physique et de ses contraintes permet d'apercevoir ce qui se cache derrière. Nos pensées sont bien trop prises par le quotidien et notre place dans ce lieu, à cet instant précis. Notre raisonnement se veut spatial, et relatif : nous mesurons tout par rapport à nous, temps et espace. Difficile d'échapper à notre condition, mais pas impossible, surtout pour l'homme qui cherche la transcendance...
La méditation est sans doute l'approche la plus noble, les hallucinogènes sont sans doute plus violents, plus extrême. L'effet recherché reste une ouverture au monde, sans plus se soucier de soi, de son corps, voire de son esprit : abandonner toute individualité et se fondre dans l'existant ou l'observation, et en ressentir le bien être, l'apaisement. Débarrassé de cette mécanique, de ces préoccupations individuelles, de ce filtre, apparaît enfin la conscience universelle, et avec elle un nouveau rapport aux choses et au temps.

dimanche 21 septembre 2014

Ce n'est pas la possession, mais l'usage de la fortune qui rend heureux ; encore faut il savoir dépenser

Pensée extraite de Don Quichotte, prolongement plus raffiné de notre célèbre "argent qui ne fait pas le bonheur". L'argent ne fait pas le bonheur, accumuler une fortune relève plus d'une tendance psychiatrique, à accumuler le plus de choses possibles, sans utilité, sans autre objet que l'accumulation. Cette absence de sens causera plus de malheur qu'autre chose, elle révélera sa vacuité au final.
L'accumulation pour elle même est un non sens.
L'accumulation pour la sécurité, pour le cas où a un peu plus de sens, mais l'objectif reste limité, et le sentiment d'insécurité, l'angoisse est un puits sans fond hors duquel il faut se hisser si l'on ne veut pas y rester empêtré...
Le moindre objectif, même s'il est totalement égoïste est déjà une amélioration et permettra quelque jouissance. L'hédonisme égoïste apporte son lot de satisfactions. Confort, luxe, divertissements,... tous les symptômes du bonheur seront là, pourra même s'y ajouter une certaine joie, liée au plaisir de profiter de ses possessions, de ses dépenses. Ces dépenses personnelles apporteront à un moment ou à un autre un certain partage, ne serait ce que dans leur sillage. Ce sillage apportera convoitises (qui flatteront l'ego) et joies. Plutôt que d'essayer d'acheter son propre bonheur, petit à petit on sera conduit à favoriser celui de notre entourage. Et c'est sans doute une très bonne recette pour se fabriquer son bonheur à soi, pour le provoquer. Plus on est entouré de gens heureux, plus on sera heureux nous mêmes, il y a un effet entraînant à cela (bon, ça ne veut pas dire qu'il faille abandonner les gens tristes... au contraire, ils ont besoin de plus d'aide) : empathie, solidarité, renforcement des liens sociaux... Mais bon, ceci reste très théorique : l'argent est tellement tabou qu'il est quasi inconcevable d'imaginer un ami demander / prêter de l'argent à un autre autrement qu'en dernier recours. Hors de question donc d'imaginer une aide aussi directe. Il reste cependant les cadeaux, et les occasions ne manquent pas à qui veut les trouver : anniversaire, fêtes, noël, naissances... Le plus dur reste de trouver la bonne idée du cadeau (je crois que si j'avais la possibilité de choisir un don, ce serait celui là :D mais j'en suis bien loin... à l'opposé même)

Reste bien entendu la dépense totalement désintéressée, la charité, la générosité. Mais au final, la charité anonyme est, je pense, à la fois plus difficile à atteindre et rapporte moins de satisfaction. Le suivi est moindre, les retours aussi. Savoir savourer ceci est sans doute réservé à un certain niveau de sagesse, à ceux qui arrivent à se définir sans le regard des autres...

mercredi 10 septembre 2014

Don Quichotte et l'amour

Deux citations pour le prix d'une ce soir, les deux tirées de Don Quichotte de Miguel de Cervantes.
L'amour n'a pas meilleur complice que l'occasion.
On ne peut vaincre l'amour qu'en le fuyant.


L'amour, sentiment tant vanté et recherché, même s'il n'existe aucune méthode à ce jour pour provoquer ce sentiment, s'y entraîner, l'apprivoiser... alors qu'on peut facilement se mettre en conditions pour tester d'autres sentiments : la peur, la tristesse, la joie, la colère... L'amour continue à échapper à tout cadre.

Et sa naissance échappe aussi à tout contrôle. Mais, nous sommes tellement en attente de le rencontrer qu'il ne faut généralement pas grand chose pour faire naître une étincelle (après c'est un autre problème que de savoir si l'étincelle est éphémère ou pas...). Mettez 2 jeunes gens de sexes opposés dans un lieu suffisamment confiné et un premier rapprochement se fera naturellement. Puis de la proximité naîtra l'intimité, puis viendra le désir et le reste en découlera naturellement.
Vous voulez tomber amoureux : vous n'avez qu'à créer et multiplier ces occasions. L'amour est tellement présent (au moins dans nos esprits, dans nos espoirs) qu'il en devient presque palpable. Rajoutez une dose d'hormone ou de sensualité, et vous constaterez qu'au final l'amour (ou son illusion, pour peu qu'il y ait une différence entre les deux) est près à fondre sur nous à chaque coin de rue, à la moindre occasion. Le tout est de savoir si nous sommes disposé à nous laisser emporter par celui-ci ou si nous sommes effrayés.

Et nous arrivons à la seconde citation. L'amour ne peut être vaincu que par la fuite. Cette passion ne peut être contrôlée, une fois entrée en nous elle ne nous quitte plus. Impossible d'échapper à l'obsession, surtout si l'être aimé est à notre portée, sous notre regard. Ni la raison, ni la volonté n'ont d'emprise sur cette passion. On ne peut la calmer que par la fuite : fuite psychologique (divertissement) ou physique (éloignement) -ou en aimant davantage une autre personne, mais c'est une autre histoire. Plus on attend, plus la fuite devient difficile, et plus elle devra être longue pour que les effets s'estompent.

Conclusion : si on veut contrôler quelque chose, ça se joue au début. L'amour étant quasi omniprésent, prêt à bondir, le contrôle se fait principalement par évitement. On ne choisit pas de qui on va tomber amoureux, on choisit de qui on ne veut pas tomber amoureux : et on fuira cette personne, pour ne pas créer d'occasions, pour ne pas laisser se créer un rapprochement. Cette fuite précoce sera efficace, et les fois où on baissera notre garde, on risquera de se faire emporter par l'amour (et ce seront sans doute les plus belles histoires, de celles qu'on nous vend dans les contes). Et lorsque nous laisserons tomber nos barrières, nous accepterons le rapprochement, nous aurons fait le premier pas vers l'amour : il fera le reste... dès qu'on rencontrera une personne qui ne fuira pas, et qui aura fait le même pas. L'élu de notre cœur est peut être davantage un élu des circonstances et un élu de notre psychologie : celui qu'on n'aura plus voulu fuir, ou le moment fortuit où on aura décidé d'arrêter de fuir. Bon, tout n'est peut être pas aussi simple, il y a peut être autre chose... mais peut être pas : après tout, nous sommes tous uniques, nous sommes tous digne d'amour, nous pouvons aimer tous nos prochains...


dimanche 22 juin 2014

L'habitude est empoisonnement du présent par le passé

Petite citation d'un bouquin Michel Onfray (bouquin épuisant à lire, trop jargonneux pour moi...).

Bref, point de vue hédoniste, qui fait de la vie un art, et de l'homme un artiste, qui ré-invente sans arrêt sa vie. Éloge de la création, de l'aventure et de l'esthétisme. Chaque acte, à défaut d'être réfléchi, doit tendre vers le sublime, doit s'inscrire dans une ligne de vie qui tend vers l'élégance, le remarquable, l'extra-ordinaire -au sens premier.

L'habitude devient alors un ennemi à éviter. Il nous endort, nous enferme, et tue toute créativité dans l’œuf. Plus question d'oser, de tenter quoi que ce soit : l'habitude nous suffit, on s'en contente, on s'endort sur nos lauriers. La vie perd toute créativité, et nous transforme en robot, en acteur récitant le même texte sans arrêt. Faisant perdre toute valeur au présent, le tuant à petit feu, l'emprisonnant. Un peu extrême comme raisonnement, mais ce n'est pas moi qui critiquerais cette approche :)

Idéal séduisant, qui rejoint un peu celui de l'aventurier (faire de sa vie une aventure... et donc partir aux devants de celles-ci) en y ajoutant la notion d'élégance, de panache ! Idéal inaccessible, comme toujours, mais devant servir à donner une direction : inutile donc de perdre son temps à critiquer le coté irréaliste, l'énergie et la créativité nécessaire pour l'atteindre. Cela doit juste être une inspiration.

Par contre, question d'équilibre, je pense qu'il ne faut pas oublier le réconfort apporté par les habitudes. Les habitudes peuvent rythmer notre vie, et ce rythme donnera d'autant plus de valeurs à ce qui en sort, le contraste permet de savourer, de mieux distinguer les différences, les nuances. Le mouvement ne se mesure que par rapport à un point fixe, immobile. Ces habitudes, tout comme les temps mort, permettent aussi de se reposer, de souffler, de réfléchir, de se souvenir. Les habitudes apportent aussi leur part de certitude : les aventures et la nouveauté apportent l'espoir de l'intense, avec les déceptions et les découragement associés. Les habitudes apportent un espoir plus paisible, mais plus pérenne, l'espoir d'une construction à long terme, d'une vision et apportent un îlot de certitude : réconfort et encouragement en font partie. Une vie sans habitude est sans doute belle et pleine de panache, mais laissera au final un goût de futilité encore plus prononcé qu'une vie rangée et construite. Que vaut il mieux viser : mourir en regrettant de ne pas avoir tenté davantage, d'avoir céder à plus de tentations, d'avoir vécu plus d'aventures ou mourir en regrettant une vie égoïste, vaine et futile, sans attache? Réflexion à laquelle il faut rajouter la notion de risque et dangerosité : combien d'échecs pour une vie avec panache? Cette voie n'apporte aucune garantie (à la limite elle est peut être à rapprocher de celle qui consiste à voir la vue comme un jeu... auquel on peut perdre rapidement). Question de dosage sans doute...

Il faut réussir au final à ne pas se laisser enfermer par ses habitudes, mais à s'en servir comme source d'énergie pour en sortir, y revenir pour se ressourcer et mieux repartir, oser davantage. Question d'équilibre, voire d'équilibriste.

jeudi 12 juin 2014

D'aucuns triomphent dans leurs ratages là où d'autres échouent dans leurs succès

Petite formule de Michel Onfray, qui m'a fait légèrement sourire :)

Petit rappel de la relativité et la subjectivité : ratages et succès sont ce qu'on en fait
Petit rappel des apparences trompeuses : l'essentiel n'est pas dans l'aspect extérieur
Petit rappel qu'à quelque chose malheur est bon : la défaite peut même se transformer en victoire
Petit rappel que la chasse est meilleure que la prise : le résultat compte si peu au final
Petit rappel des leçons de la vie : ça reste la manière la plus accessible de triompher d'un échec
Petit rappel d'humilité : ça reste la meilleure manière de profiter d'un succès

Triompher d'un ratage est avant tout une question d'attitude et de remise en cause. La remise en cause permet d'en tirer les leçons, d'apprendre, s'en sortir grandi, voire de rire de son échec. L'attitude, entre l'acceptation, la prise de recul, voire le panache esthétique permet aussi de traverser les échecs en gardant la tête haute : nettement préférable à la mauvaise foi, à la honte ou à la fuite...

Échouer dans un succès est malheureusement nettement plus aisé. Déjà, parce qu'une fois le sommet le sommet atteint, on n'a plus rien à gravir : le rêve et l'envie s'enfuient, la motivation disparaît au profit d'un repos mérité et inactif. Le succès marque déjà une différence, mais lorsqu'il appelle aussi l'arrogance, la fierté (en excès) alors l'isolement s'en suit naturellement. Il est important de garder ses rêves inaccessibles, ou alors d'en avoir de suffisamment nombreux pour continuer à les chasser. Et le succès, comme beaucoup de choses, ne vaut que s'il est partagé : liberté et isolement n'ont jamais fait un homme heureux je pense...

mercredi 11 juin 2014

Où prendre notre impératif?

Question et réponse de Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra)
Il n'y a pas de "tu dois" ; il n'y a que le "il faut que je..." du tout-puissant, du créateur.

Prolongement ou origine des articles précédents. J'aime bien la tournure de la question, et sa force.
A quelles valeurs, quelles règles, quelles obligations devons nous nous soumettre?

Pour le religieux, la réponse est simple : la vérité est divine, les règles aussi.
Pour les robots mouton, la réponse est simple : la vérité vient de la masse (ou du moins d'un groupe), la norme est la règle, la société en est la représentante.
Dans les deux cas, nous sommes cernés par les "tu dois", notre existence est encadrée, voire gouvernée.

Mais au final, et de manière théorique, que ne pouvons nous pas remettre en cause?
Comme pour toute vérité ou démonstration extérieure, il est essentiel de se l'approprier plutôt que d'obéir aveuglément, et de répéter ce qu'on a entendu. Toutes les règles extérieures (religieuses ou civiles) ne sont là que pour permettre de vivre ensemble, que pour apporter stabilité et sécurité à un groupe d'individus : pas de meurtre, pas de vol, pas d'arbitraire, mais ces obligations n'en sont pas : nous ne sommes pas frappés de la foudre si nous ne les respectons pas, nous ne nous désintégrons pas... nous subissons juste le courroux potentiel des autres individus.

Les seules obligations qui pèsent sur nos épaules sont liées à la vie, à l'instinct de survie. L'obligation de manger, boire, dormir, et dans un second temps l'obligation de rester sain d'esprit. Le respect de la vie est ce qui devrait unir athées et croyants. Autrement dit, les obligations viennent de nous mêmes, de ce que nous sommes : corps et esprit.
Les "tu dois" ne sont là que pour poser un cadre : à nous, à chaque instant de voir si nous voulons nous inscrire dans ce cadre, par calcul d'avantages et d'inconvénients, par facilité, par confort, par habitude...
Toute obligation ne doit venir que de nous mêmes. Le tout-puissant, le créateur de Nietzsche ne sont (sans doute -je ne suis pas expert en Nietzsche) que nous mêmes : je suis mon propre Dieu. Je suis l'origine, je suis la volonté, je suis le juge. Mon existence est une pure création ex nihilo (en tout cas à ce jour), je suis capable de créer, je suis mon maître et je suis tout puissant sur moi-même, et le créateur de ma vie. Les seules différences avec les dieux habituels est que nous sommes une armée de Dieu (nous sommes uniques, mais nombreux à l'être), que nous ne sommes pas éternels et que notre toute-puissance est limitée à nous-mêmes, mais le reste de l'essence est identique.

A chacun d'assumer ce statut divin, et la responsabilité qui va avec, sur sa propre vie (et seulement sur celle-ci, c'est déjà pas mal). Nous sommes l'unique responsable de nos choix (mais parfois nous oublions même que nous pouvons faire un choix... d'où la nécessité de la veille, de la conscience, de la remise en question permanente) : inutile de chercher ailleurs. Assumer cette responsabilité, c'est commencer par affirmer son existence, son individualité... et sa volonté, son égoïsme.

mardi 1 avril 2014

Libre arbitre ou folle expérience n°3

Allez, une dernière pour la route, toujours avec ce cher Benjamin Libet.
Prenez un patient, demandez lui de prendre une décision librement : la décision d'appuyer sur un bouton quand il le souhaite, et mesurez ce qu'il se passe dans son cerveau, dans sa conscience (quand il formule sa prise de décision) et son acte.
Vous remarquerez qu'une seconde avant son acte, son cerveau s'affole : enfin, vous verrez la préparation de son geste, un potentiel électrique. Puis, 0.2 seconde avant son acte, il y aura la conscience de la décision : le patient aura l'impression de s'être décidé à ce moment, inconscient des mécanismes physiques qui s'opèrent dans son cerveau, et enfin viendra l'acte. Bon, on peut aussi s'amuser à y voir un voyage dans le temps, mais bon cette solution n'est pas à sortir tout le temps non plus, c'est juste un signe physique d'une préparation mentale.
Là où ça devient intéressant, c'est qu'en suivant l'activité du cerveau, on peut voir la même préparation mentale se produire, les tracés sont identiques, sauf que l'acte ne se produit pas, et après ce non-acte, les tracés deviennent différents (pas le même relâchement de la tension). Le patient interrogé sur ces épisodes là dira qu'il a failli appuyer, puis qu'il s'est finalement retenu.
Il se passe quelque chose 0.2 secondes avant l'acte : le sujet choisit à ce moment de laisser faire ou de stopper le processus physique. Le libre arbitre est là, il est le choix de laisser jouer ou d'interrompre l'action (la métaphore avec l'arbitre devient évidente : il n'intervient pas directement dans le jeu, mais à tout moment il peut tout stopper, et reprendre le contrôle pour repartir à zéro)
L'esprit, l'âme ne se mesure sans doute pas, mais là on s'en approche sérieusement, à déduire l'existence de quelque chose qui s'impose aux processus neuronaux (bon d'un autre coté, on place toujours Dieu ou l'esprit dans l'inconnu, dans ce qu'on ne mesure pas... encore... En tout cas, on peu au moins en déduire que quelque chose de non mesurable, non neuronal, non électrique se produit et influence fortement les processus standards)

Bon, ça c'était l'expérience, à moi de réfléchir maintenant.

Ça rejoint un peu (beaucoup) ma conception de l'esprit et du libre arbitre, ça la consolide.
Le libre arbitre, c'est comme l'esprit critique (et les antibiotiques), ça n'est pas automatique ! C'est un acte conscient, intrusif sur la réalité qui s'écoule doucement, machinalement, prévisiblement. L'habitude, ou une vie sans question conduit à une vie sans libre arbitre, confortable et prévisible, dans les actes et surtout dans les pensées. Où l'homme devient robot abruti.

Le libre arbitre est quelque chose de discret, pas seulement dans le sens peu détectable, mais dans le sens de non-continu. Le libre arbitre intervient en pointillé, de manière limité. Il ne peut que nous mettre des petites claques, nous faire marquer des temps d'arrêts pour nous relancer sur d'autres rails, d'autres décisions... et le pilotage automatique reprend le dessus, jusqu'à sa prochaine intervention. Nous restons des robots, mais pas forcément stupides, avec des éclairs de lucidité. Les éclairs peuvent se produire souvent, mais pas de manière continue je pense, j'ai le sentiment que ce serait trop éprouvant. Au mieux le libre arbitre donne une direction, une voie... et si le pilotage automatique va dans une autre direction, il faudra multiplier les rappels. Un peu comme la lutte de la volonté contre une addiction. Au premier relâchement l'addiction essayera de reprendre le dessus, le naturel, l'habitude. Au libre arbitre de s'exprimer, et de choisir.

L'action du libre arbitre est de ce fait limité, mais bon, ceci était évident je pense. Je ne peux changer radicalement, tout se joue dans un champs de contraintes assez étroit. Suffisamment étroit pour y voir une notion de destin, à chacun sa croyance.

Enfin, dernier point, pas des moindres, ceci nous déresponsabilise de nos pensées, mais pas de nos actes (ce qui se rapprocherait de la pensée juive à priori, la pensée chrétienne condamnant la moindre pensée impie, dommage pour nous d'avoir grandi là dedans...). Nous ne choisissons pas d'avoir peur, mais nous décidons ce que nous en faisons, nous ne choisissons pas nos sentiments (pour peu qu'on tente de les expliquer par des phénomènes chimiques et matérialistes), nous ne choisissons même pas nos pensées, qui se construisent toutes seules dans notre cerveau suffisamment complexe pour ça (simple hypothèse matérialiste, car certains peuvent voir la source des nos pensées encore ailleurs...) mais nous avons constamment la possibilité de nous laisser diriger par celles-ci, qui sont en dehors de notre conscience, ou d'interrompre cette aliénation. Et je retombe sur un de mes principes : la conscience, la prise de conscience... être aware quoi. A nous de détecter tout ce qu'il se passe en nous, d'en avoir conscience, et de choisir : laisser jouer, laisser aller ou bien interrompre et donner une autre direction....

lundi 31 mars 2014

Le meilleur des mondes

Petite réflexion sur ce vieux roman de Aldous Huxley, lu il  a bien longtemps. Pardonnez les approximations, ma mémoire n'a jamais été fameuse, la seule chose essentielle à retenir est qu'il faut lire ce bouquin :)

Bref, petite réflexion tirée de ce roman, réflexion centrée sur la sexualité dans ce meilleur des mondes : la sexualité y est sans tabou, la notion de couple, ou de famille n'y existe plus (pour plus de détails, lisez le bouquin !) Le sexe est devenu un loisir commun, les partenaires sont multiples (plus de fidélité), un peu comme des sex friends (à l'extrême), sauf qu'o n'a même pas besoin d'être ami ou proche pour devenir un sex friend. Vous pouvez proposez ça à la première personne que vous croisez dans la rue, c'est normal, et le plus marquant est que vous êtes quasi sûr que la personne acceptera : il faut juste régler les questions d'emploi du temps. Bref, absence totale de tabou, et disponibilité totale et complète. Ça simplifie bien les choses.

Où voulais je en venir? Parfois je ne sais plus moi-même...
Ha oui, d'abord un constat (ou la projection d'une crainte?). J'ai un peu l'impression qu'on tend de plus en plus vers cette société idéale décrite par Aldous (ça c'est du prénom quand même!). Entre la libération sexuelle, semi-avortée par les MST, l'explosion du porno (merci internet! enfin, vaut mieux ça qu'une utilisation militaire, puisque les 2 plus grands catalyseurs de progrès seraient, semble t'il le sexe et la guerre) et la facilité de nouer des rencontres (re-merci internet : après les sites de rencontres, les sites d'adultère... et ensuite?), je pense qu'on est bien parti pour ça.

Est ce un mal après tout? Bon, sur le chemin, c'est sûr que ça génère pas mal de frustration, tant que tous les tabous ne sont pas tombés, ça crée plus d'excitation que ça n'en apaise, donc forcément, ça crée quelques tensions dégénératrices de temps en temps. Mais une fois l'objectif atteint, ça devrait avoir à peu prêt le même effet qu'une légalisation des drogues : ça devrait calmer beaucoup de personnes et faire disparaître des rapports de force. Plus de frustration (puisqu'elles sont toutes assouvies), plus de séduction, plus de rejet : reste simplement l'amusement et le plaisir du sexe (et à mon avis, pour une certaine partie de la population ceci est déjà une réalité, et pour une autre c'est une tentation, voire une attente). Tout devient rapide et simple.

Bon, par contre, ceci a un prix : c'est la perte de l'attachement, du sentiment. Le plaisir rapide (et répété) prend le dessus sur le plaisir en profondeur, raffiné (tout raffinement est il patience? faudrait que je me le note ça...). La répétition, l'accessibilité font perdre la valeur à la chose, la valeur, mais pas le plaisir. Alors certes mon esprit vieux jeu et réactionnaire place davantage de foi dans ces valeurs que dans le plaisir, mais je suis peut être juste dépassé. Une multiplication sans fin de plaisirs ne vaut elle pas mieux qu'une dégustation compliquée et frustrée (frustration qu'on trouve en plus à la fois chez les célibataires malgré eux et chez les couples malheureux...), l'abondance ne vaut elle pas mieux que l'abstinence? Sachant qu'en fin de compte, le sentiment et l'attachement ne seraient pas voués à disparaître, mais ils devraient simplement changeur leur symptôme, leur signe de reconnaissance : ne plus être attaché au sexe, mais à l'intimité psychologique par exemple (trop perdue de vue à notre époque?)

La question se pose. Je suis trop attaché à mes valeurs et mes principes (que ça coûte cher des principes!) pour en faire le deuil rapidement, mais intellectuellement, c'est séduisant. La destruction de certaines valeurs apporterait sans doute plus de liberté, voire d'égalité et moins de sources de tensions, voire de conflit. Et la première des valeurs territoriales (ou la dernière, selon le point de vue) est sans doute la famille : territoire sacré.

vendredi 21 février 2014

Tout est improbable, jusqu'à ce que ça arrive

Extrait tiré de Échecs et maths de Terry Bisson.

Petite perle, paradoxe ambulant, tellement vrai et tellement faux à la fois, du coup tellement profond, ou tellement naïf.

Tout est improbable ici, à commencer par notre existence, la vie sur terre : et pourtant nous sommes là.
L'approche mathématique, probabiliste peut nous aider à faire des choix, ou plutôt nous aider à nous rassurer sur nos choix, mais au final notre expérience personnelle est forcément unitaire. Nous faisons s'écrouler les fonctions de probabilités (on pourrait même trouver un peu de mécanique quantique dans cette petite phrase...)
Les proba et les stats restent vraies : elles donnent un éclairage global et offrent une approche froide et rationnelle. Mais notre expérience n'est pas globale.
L'avion que je prends a un certain risque de se crasher, mais au final, il se crache ou pas : c'est binaire. La vie est binaire, les nuances sont apportées par la masse, qui apporte la diversité. Et s'il n'a qu'une chance sur un million de se crasher, ça me fera une belle jambe de le savoir s'il se crache effectivement. L'expérience transforme les hypothèses en faits réels.
L'improbable est partout : peut être que d'en avoir conscience peut rendre la vie plus forte. Il est à peu prêt aussi improbable que je sois là en train d'écrire un article pieds nus que que je gagne au loto. Voire même peut être plus : le loto voit des gagnants chaque semaine, et je suis le seul à faire ce que je fais, à avoir mes idées, à être là, à cet instant précis, à écrire et penser et ceci.
Et pourtant, nous ne voyons pas cet émerveillement, nous y sommes (devenus?) hermétiques, aveugles. Oubliant que toute notre vie est improbable, que tout ceci est déjà un miracle, que chaque rencontre est improbable, chaque amitié encore plus, chacune de nos expériences...

Tout ceci est improbable, fragile et éphémère, et pourtant nous le considérons comme normal, comme un dû. Pourquoi mon esprit est il capable d'un rationalisme froid et extrême quand ça l'arrange et n'est pas capable de réaliser (et garder à l'esprit) une vérité aussi bête et rationnelle ?

Nous avons juste notre regard qui porte à une mauvaise échelle : plus centré sur nous, nous serions égocentriques, nous serions notre propre Dieu, et chacune de nos actions serait divine. Nous ne sommes pas une probabilité, nous sommes le centre, notre centre, tout puissant, le reste important peu. Extrême inverse, nous sommes l'improbable au milieu de ce vaste univers, et pourtant, miraculeusement, nous sommes là. Grain de sable perdu dans l'univers, certes, mais là : à vivre, ressentir, l'émerveillement devrait être là (même s'il pourrait place à un abattement général de se sentir si petit : ma foi, il suffit de l'accepter). Mais malheureusement, notre regard est intermédiaire, il reste suffisamment ouvert aux autres pour nous comparer sans cesse, pour prendre en compte des probabilités faussées, basées sur que nous percevons des autres, du monde. Cette vision fait apparaître des dus : la norme devient un dû, la norme n'étant que le fruit de notre regard subjectif. On ne voit que ce que l'on veut bien voir, et on en oublie à la fois notre unicité et notre chance (probabilité) d'être, d'exister...

jeudi 16 janvier 2014

Il peut arriver qu'on s'inquiète davantage pour d'autres que pour soi

Tiré de l'essence de l'art de Iain M. Banks.

J'ai même presque envie de dire que c'est la règle. Et ce malgré notre égoïsme inné.

Pourquoi? Bah pour plein de raisons, comme d'habitude.
Par facilité : il est plus facile (au moins en apparence, mais ça suffit à nous tromper) de prendre soin des autres que de soi même. Sans doute lié à un coté éternel insatisfait. On trouvera toujours que pour soi la situation pourrait être meilleure, alors que si un autre nous remercie de notre action, on peut s'arrêter à ce constat et considérer que sa situation est pleinement satisfaisante.
Par souci d'objectivité (ou à cause sa propre subjectivité) : on a un regard extérieur, on se pensera plus objectif, on se dira que l'autre n'a peut être pas vu tous les aspects du problème. On se croit en bonne position pour pouvoir l'aider (et on oublie notre propre subjectivité).
Pour un complexe de supériorité : on croira l'autre plus faible, il méritera donc notre protection, il en aura besoin en tout cas. Et en plus offrir notre protection nous permettra de consolider notre image.
Pour un complexe d'infériorité : on peut s'estimer indigne de protection, l'autre étant meilleur, il mérite davantage qu'on se soucie de lui, nous sommes insignifiants. On s'efface devant l'autre. En plus, ça nous permettra d'être enfin utile à quelque chose.

Marrant comme ça me montre (confirme?) qu'un comportement peut s'expliquer par tout et son contraire. Les arguments sont malléables, les situations et les explications complexes.

Mais il reste facile de se perdre hors de soi, de s'oublier, de s'effacer. Sorte de divertissement comme un autre, pour oublier sa condition. Et quoi de mieux que les autres comme cible de cette fuite?
En un sens il vaut mieux être égoïste, prendre ses responsabilités, s'assumer, s'accepter (et ensuite s'ouvrir aux autres : s'aimer soi même avant d'aimer les autres... et de laisser les autres nous aimer - voyez comme je peux vous convaincre que l'égoïsme est bon :) ), mais il y a pire comme comportement. Et si chacun pouvait se soucier de son voisin, plus personne ne serait malheureux. Ça serait une autre dynamique vertueuse, conduisant peut être à des situations où on pourrait enfin penser à nous mêmes. La destination est la même, le chemin est différent, je ne sais pas lequel est le bon : autant emprunter les 2 à la fois :) en prenant juste garde de ne pas se perdre en chemin.

Non Non, je ne parle pas pour rien dire... :)

vendredi 3 janvier 2014

Les systèmes coupables n'admettent pas l'innocence

Tiré de L'Hommes des Jeux de Iain M. Banks.

Trait fondamentalement humain je dirais : l'homme n'aime pas être mis en situation d'infériorité. Formidable moteur à l'origine de l'esprit de compétition, de beaucoup de progrès et du désir de surpasser l'autre, avant même de vouloir se surpasser (désir plus simple).

Mais chaque médaille a son revers. Et la saine motivation peut se transformer rapidement en soif de destruction.
L'autre est meilleur que moi? Je n'ai pas la force, l'envie de me mettre à son niveau : détruisons-le !

Soit on arrive à prendre une certaine distance par rapport à l'autre, histoire de ne pas prendre l'existence de l'autre comme un affront personnel, soit on le prend comme un exemple à suivre, un encouragement sur une voie à poursuivre... sinon, le côté sombre de l'être humain prendra le dessus. La simple existence de quelque chose de mieux nous renverra à nos limites, à nos défauts. Ceci est difficilement supportable dans ces conditions : il ne reste qu'à fermer les yeux ou à détruire cet objet.

Un système coupable est par définition limité, et ne cherche pas à tendre vers plus d'égalité, d'innocence. La vision d'un innocent lui sera insupportable. Il l'accusera souvent de ses propres maux, le transfert étant plus facile que de chercher ailleurs.

Même phénomène à l'échelle individuelle (mais largement amplifié par tout effet de masse) : une assemblée de personnes ne payant pas la redevance sera outrée de voir quelqu'un la payer, idem pour les excès de vitesse, le respect des règles de bonne conduite... On tournera souvent en ridicule ces innocents plutôt que de les prendre en modèle.
Même chose pour les qualités physiques : la jalousie entraîne souvent la raillerie, le commérage...
Pareil pour les qualités morales : mais plutôt que de tourner ces gens en ridicules, on préférera souvent les éviter (à moins bien sûr de supporter la comparaison...). On ne comprendra pas les gens qui donnent de leur temps et de leur argent à des personnes plus démunis alors que nous même ne le faisons pas.

Et les modèles, plutôt que de sentir encouragés, appréciés, se sentent rejetés, remis en cause. Triste conséquence de cette mesquinerie humaine. Il suffirait de s'en détacher pour simplement apprécier la compagnie du modèle, même s'il nous est inaccessible (tout le monde n'est pas capable des mêmes choses... nous ne naissons pas égaux...), l'envier positivement.


Cette règle s'applique aussi aux états, qui ne supportent pas les régimes plus libertaires, plus justes, moins corrompus qu'eux mêmes, aux entreprises et aux systèmes économiques.

Je sens qu'il va être dur d'être un idéaliste optimiste en 2014 ! :)

dimanche 1 décembre 2013

Ce qui définit les humains, ce sont leurs relations

Paroles sorties de la bouche d'un sociopathe dans Mr Monster de Dan Wells.

Les humains ne sont donc pas définis par ce qu'ils pensent, souhaitent, désirent, cherchent, font... mais par leurs relations. Ma foi, pourquoi pas, il ne s'agit que de rappeler que l'homme est un animal social, que nous ne nous définissons quasiment que au travers du regard des autres.
Nous cherchons à la fois leur attention, leur amitié, leur approbation, leur consentement, voire à l'inverse nous cherchons à leur nuire, à les faire souffrir. Bref, c'est un véritable moteur pour la vie.
L'homme se sent naturellement seul (il l'est), il est très difficile pour lui de se définir intérieurement, de se chercher intérieurement. L'introspection et la recherche d'un sens personnel et intime à sa vie ne fait que nous isoler, au moins en apparence. Nous cherchons donc tous à être moins seul, à créer des relations, en quantité et en qualité. Tissu qui nous permet de nous sentir soutenus, encouragés, aidés.

Notre capacité à créer des relations est elle ce qui mesure nos qualités humaines? Étranges paroles venant d'un sociopathe. Quoique, il est justement le mieux placé pour le dire, d'une certaine manière, étant donné que c'est ce qu'il a le plus de mal à faire... d'un autre coté, cela peut juste être l'expression de sa propre frustration : on idéalise souvent ce qui nous manque, ce qui nous frustre.

En même temps, je ne peux que constater ce paradoxe : certitude que la stabilité, le sens, les valeurs ne peuvent venir que de nous mêmes. Le bonheur est en chacun de nous : à nous de le définir, de le voir, de le saisir au fil des jours. Et certitude que le bonheur, la vie ne valent que si c'est partagé. La solitude n'est pas la solution.
Le résultat de ce paradoxe est de trouver le bonheur au fond de soi, de l'appliquer, le connaître et en faire profiter les autres, le partager chaque jour avec son entourage, pour le décupler. La recette est simple, il me manque simplement quelques ingrédients. Un peu trop sociopathe à mon goût... Je le retrouve dans ma plus grande crainte : la solitude, la peur de l'isolement total et subi. J'espère ne pas en faire une prophétie auto-réalisatrice... J'espère qu'il ne s'agit pas non plus d'un éclair de lucidité, mais juste d'une erreur d'appréciation. Mais quand j'énumère mes relations...

Dans le même bouquin, une autre réflexion me fait sourire, concernant les sociopathe et serial killers : leur principal motivation serait généralement le contrôle, qui s'exprimerait de manière primaire par le contrôle total de leurs victimes. La soif de comprendre, dans l'optique du contrôle serait-elle donc un signe avant-coureur? :)