lundi 24 février 2014

La stratégie de l'échec

Petite réflexion sur les erreurs, ou en tout cas les problèmes de l'éducation.

Pour atteindre un niveau de bien-être acceptable, voire de bonheur, il semblerait qu'il faille être capable de s'adapter, d'accepter le changement, voire de l'accompagner, de le favoriser. Ceci aide en un sens à mieux affronter la vie : un peu plus de lâcher prise, un peu moins de contrôle maladif.

Ceci est sans doute naturel chez certains (c'est trop'injuste), et va malheureusement à l'encontre de nombreux principes éducatifs (ce qui expliquerait certains maux de notre société?).
Notre éducation se base sur des principes de réussite, de persévérance, d'efforts et de contrôle (dans les deux sens du terme), voire de perfection (un petit peu d'élitisme à la française?). J'en suis sans doute un pur produit, une caricature : enfin, en avoir conscience est le premier pas de la guérison, non? :)
Même face à l'échec notre réflexe n'est pas de l'accepter, mais de nous relever, de persévérer jusqu'à y arriver : l'échec n'est pas tolérer. Comment voulez vous lâcher prise dans ces conditions?
On devrait davantage apprendre à accepter l'échec... et à passer à autre chose. De manière à dédramatiser l'échec et à encourager notre capacité à rebondir plutôt qu'une capacité à résister et à insister.

Première leçon de ce type que l'on apprend : sans doute la drague (pour les garçons en tout cas). On apprend à encaisser un râteau, à se dire que ce n'est pas la fin de l'univers pour se donner le courage d'oser (message ô combien répété dans les séries pour ados!) tellement on est paralysé par la peur de l'échec. Puis enfin à passer à autre chose, à une autre fille... :)
Bon, j'ai clairement pas eu ma dose quand il était encore temps. Va falloir que je rattrape ce retard d'une manière ou d'une autre :)

A se demander si ce genre de chose ne participe pas au charisme des cancres. Les cancres et les marginaux se sont habitués à l'échec, et en retire une force supplémentaire. Ou plutôt, ils n'ont pas forcément une force supplémentaire, mais perçoivent le monde moins fort, et sont donc relativement plus forts, mieux armés. Ils réussiront sans doute moins de choses (sinon ils ne seraient pas cancres :p) mais oseront sans doute plus, plus facilement.

On apprend toujours plus de ses erreurs, il en va de même pour ses échecs, mais on en retire encore plus de choses lorsqu'on reste sur cet échec plutôt que d'essayer de l'effacer en le transformant en une victoire à force de persévérance.

vendredi 21 février 2014

Tout est improbable, jusqu'à ce que ça arrive

Extrait tiré de Échecs et maths de Terry Bisson.

Petite perle, paradoxe ambulant, tellement vrai et tellement faux à la fois, du coup tellement profond, ou tellement naïf.

Tout est improbable ici, à commencer par notre existence, la vie sur terre : et pourtant nous sommes là.
L'approche mathématique, probabiliste peut nous aider à faire des choix, ou plutôt nous aider à nous rassurer sur nos choix, mais au final notre expérience personnelle est forcément unitaire. Nous faisons s'écrouler les fonctions de probabilités (on pourrait même trouver un peu de mécanique quantique dans cette petite phrase...)
Les proba et les stats restent vraies : elles donnent un éclairage global et offrent une approche froide et rationnelle. Mais notre expérience n'est pas globale.
L'avion que je prends a un certain risque de se crasher, mais au final, il se crache ou pas : c'est binaire. La vie est binaire, les nuances sont apportées par la masse, qui apporte la diversité. Et s'il n'a qu'une chance sur un million de se crasher, ça me fera une belle jambe de le savoir s'il se crache effectivement. L'expérience transforme les hypothèses en faits réels.
L'improbable est partout : peut être que d'en avoir conscience peut rendre la vie plus forte. Il est à peu prêt aussi improbable que je sois là en train d'écrire un article pieds nus que que je gagne au loto. Voire même peut être plus : le loto voit des gagnants chaque semaine, et je suis le seul à faire ce que je fais, à avoir mes idées, à être là, à cet instant précis, à écrire et penser et ceci.
Et pourtant, nous ne voyons pas cet émerveillement, nous y sommes (devenus?) hermétiques, aveugles. Oubliant que toute notre vie est improbable, que tout ceci est déjà un miracle, que chaque rencontre est improbable, chaque amitié encore plus, chacune de nos expériences...

Tout ceci est improbable, fragile et éphémère, et pourtant nous le considérons comme normal, comme un dû. Pourquoi mon esprit est il capable d'un rationalisme froid et extrême quand ça l'arrange et n'est pas capable de réaliser (et garder à l'esprit) une vérité aussi bête et rationnelle ?

Nous avons juste notre regard qui porte à une mauvaise échelle : plus centré sur nous, nous serions égocentriques, nous serions notre propre Dieu, et chacune de nos actions serait divine. Nous ne sommes pas une probabilité, nous sommes le centre, notre centre, tout puissant, le reste important peu. Extrême inverse, nous sommes l'improbable au milieu de ce vaste univers, et pourtant, miraculeusement, nous sommes là. Grain de sable perdu dans l'univers, certes, mais là : à vivre, ressentir, l'émerveillement devrait être là (même s'il pourrait place à un abattement général de se sentir si petit : ma foi, il suffit de l'accepter). Mais malheureusement, notre regard est intermédiaire, il reste suffisamment ouvert aux autres pour nous comparer sans cesse, pour prendre en compte des probabilités faussées, basées sur que nous percevons des autres, du monde. Cette vision fait apparaître des dus : la norme devient un dû, la norme n'étant que le fruit de notre regard subjectif. On ne voit que ce que l'on veut bien voir, et on en oublie à la fois notre unicité et notre chance (probabilité) d'être, d'exister...

mardi 18 février 2014

Encore un rêve...

Tant que j'en ai, j'en profite...

Je convoque une réunion au boulot, à mon vrai boulot ou presque : je reconnais quelques détails, mais tous ne coïncident pas. La réunion va commencer, je regrette de n'avoir rien pris pour noter : ni papier, ni stylo. J'attends avec angoisse mon tour de prendre la parole. Petit débat puis la réunion s'arrête.
On sort du bâtiment pour en rejoindre un autre : il faut traverser une route à double sens.
Comme à mon habitude, je me jette juste derrière des voitures pour commencer à traverser, des collègues s'engagent à ma suite : je crie pour les arrêter. Une voiture qu'ils n'avaient pas vu, masqué par celles qui viennent de passer leur fonce dessus dans l'autre sens. Ils s'arrêtent à temps, on attend quelques secondes au milieu de la route, puis on traverse.
Je regarde ceux qui sont restés de l'autre côté de la route, et commence à remonter le long du trottoir ou d'un chemin, en direction du bâtiment principal. Je me retourne et vois une collègue qui traverse, et veut forcer le passage devant un camion ou un car, je ne sais pas trop. Elle ralentit même pour forcer le car à s'arrêter, elle est sur un passage piéton, dans son droit. Mais le car ne veut pas s'arrêter, ne change pas son allure... le temps ralentit, elle se fige, paralysée par la peur? Le car dévie sa trajectoire et enfourche le trottoir avec fracas, il la dépasse. Il est sur mon trottoir, je m'écarte rapidement, sentant la peur et l’adrénaline m'envahir une fois de plus.
Le car me dépasse, retourne sur la route. Je le vois s'éloigner et regrette de ne pas être capable de prendre le numéro de sa plaque, je me dis que j'aurais du le prendre en photo. Je regrette.
Je remonte enfin l'allée qui conduit à la tour, et je vois sur le coté, de l'autre côté d'un grillage 2 grands gorilles, style king kong, de 4 à 6 mètres de haut se battre ! Je réalise qu'il s'agit de gorilles télécommandés, je vois des têtes d'ouvriers par les fenêtres de l'entrepôt, derrière le combat, encourager les participants. Ça a l'air trop génial ! Je suis enjoué, j'ai envie d'essayer, mais je continue ma route vers le boulot, émerveillé par l'ingéniosité et les jeux. Le gorille de gauche l'emporte me semble t'il. C'est fini? Non, d'autres combattants prennent place : une espèce de femme à droite, face à 3 gorilles à la queue leu leu (difficile à déplacer pour un combat...)

Fin du rêve...

Décidément le monde onirique est bien plus intéressant et surprenant que le monde réel :) Vivement cette nuit ! Question qui me trotte dans l'esprit, mon rêve est il aussi construit, ou est ce ma reconstruction à mon réveil qui lui donne un semblant de sens, un semblant de continuité. Peut être n'ai je qu'une succession d'images et de sensations, les liens sont "posthumes"...
Il paraît qu'on peut contrôler son rêve à force d'entrainement, ça ne m'étonnerait pas, avec un peu d'auto-programmation. que faire si j'y arrive? Rêver de venir me voir endormi, pour voir si je peux rêver de la réalité... sorte de voyage astral...

lundi 17 février 2014

Donne-moi du poison pour mourir ou des rêves pour vivre

Petite citation du Suédois Gunnar Ekelöf, digne de Shakespeare je trouve, voire même meilleur pour le peu que j'ai lu en V.O...

Vision romantique, donc dramatique de la vie, sans concession, à vivre à 100%, ou à ne pas vivre du tout. La citation est plaisante dans la mesure où elle réveille le romantisme, cette soif, ce besoin de rêve.
Mais la citation nous met presque face à un chantage : les rêves en balance avec la mort...

Certes j'ai envie de rêver, d'avoir des rêves dans ma vie (quoique quand je vois la gueule de mes cauchemars :p), d'avoir des objectifs, des ambitions, des moteurs qui me transcendent et me donnent une énergie quasi inépuisable. Mais dois-je abandonner la vie en leur absence? Je ne serais plus là pour écrire ces lignes si c'était réellement le cas...

Oui la citation est belle, attire par la vision qu'elle offre, la radicalité qu'elle propose. J'aimerai une vie suffisamment passionnée pour faire de cette phrase le résumé de ma vie, mais c'est tellement inconscient, tellement pas moi. Les idées extrêmes séduisent, mais sont rarement applicables, sont rarement subtiles...

Ces sublimes citations sont à prendre comme mantra, pour se donner de l'énergie ou des coups de pied au cul, mais surtout pas à prendre au pied de la lettre. La poésie n'est pas faite pour être réfléchie, elle s'adresse au cœur ou à l'âme, pas au cerveau.

Me voilà une fois de plus coincé entre deux tendances pourtant naturelles chez moi : l'envie de passion, d'absolu, de pureté et l'incapacité à l'appliquer, retenu par la raison, l'anticipation... Opposition classique entre âme et raison, comment satisfaire les deux?
Vivre et réclamer une passion insouciante, aller de rêves en rêves, inconséquemment : c'est tellement pas moi que ça m'attire, c'est tellement pas moi que je ne le serai jamais.
Vivre de manière raisonnable, en anticipant la conséquence de chacun de mes gestes, tellement moi et tellement prévisible, routinier, ennuyant.

Juste équilibre à trouver... une fois de plus... mais voir la vie comme un équilibre ne fait que me replacer un peu plus du coté routinier : le funambule calcule les risques et ses mouvements.
Malheureusement (ou heureusement?) il ne suffit pas de le vouloir, de le décider pour changer ce que l'on est. Je ne peux pas choisir d'être méchant, arrogant ou au contraire généreux et humble demain, je ne peux pas choisir d'être à l'aise en public demain, ou encore plus timide. On passe notre vie à essayer de découvrir qui on est et pourquoi on est comme ça (pour peu qu'il y ait des raisons dans notre enfance, notre éducation...) et ensuite on peut s'évertuer soit à essayer de se changer, petit à petit, avec méthode, rigueur et sueur soit à s'accepter et à vivre en accord avec ce que l'on a découvert : est ce se résigner? En un sens oui... Vivre en accord avec soi-même, quand bien même ceci apporterait un épanouissement complet, une espèce de bonheur béat, on resterait alors dans une sorte de zone de confort, sans évolution, sans révolution. Le bonheur est stable et inerte, il se suffit à lui même, tellement stable qu'il en devient mort...

La solution est peut être de ne pas y penser... trop tard pour moi :)

vendredi 14 février 2014

Another dream

Dernier rêve en date :
je crois que j'étais jeune, en train de jouer aux échecs avec mon frère, à même les carreaux de la table de la cuisine, avec de grandes pièces. J'étais en mauvaise situation, en train de perdre.
Je me retourne quelques secondes, puis reviens au jeu, et me rends compte que mon frère a bougé toutes les pièces. Ça m'énerve, je râle comme toujours face à mon frère, même si apparemment il a juste translater les pièces un peu plus au centre de la table, les positions relatives seraient restées inchangées. Mais ça m'énerve quand même : entre le mauvais joueur, l'autiste et le fait que je ne supporte pas qu'il est fait ça dans mon dos... avec le seul but de m'énerver.

Je vais aux toilettes (je crois que c'est le même rêve :p), je vais pour m'asseoir et là j'aperçois un visage féminin, pâle, vieux, trop ridé pour être vrai. Je réalise que j'ai en face de moi une espèce de fantôme -j'en ai des frissons à l'écrire-, que je vois à travers la porte, de l'autre côté. Je sens l'adrénaline et la panique monter en moi, je tourne la tête comme un fou, comme si je cherchais une issue, ou à voir ailleurs. Mais à chaque fois je retombe sur ce visage. Ça me glace le sang et me donne la chair de poule, dans mon rêve et au présent. Je vois une autre personne (toujours à travers la porte) s'approcher de ce fantôme féminin...

Et je me réveille !
Angoissé, oppressé, comme d'habitude...

Interprétation : ?? délicate :) mais j'abandonne pas. Simple retour en enfance pour la première partie, à jouer aux échecs et me faire embêter par mon grand frère, simple expression de mon irritabilité. Pourquoi la cuisine? Je l'ignore. Seconde partie plus délicate, mais ce n'est pas la première fois que je rêve d'un fantôme : un passé qui revient me hanter?

Les fantômes et en fin de compte toutes les mythologies ne viennent ils pas des rêves, et de leur interprétation? Les rêves sont ils encore plus puissants que l'imagination consciente? Comme quoi on n'est jamais aussi puissant que lorsqu'on s'abandonne, qu'on s'efface...

jeudi 13 février 2014

Il faut toujours connaître la vérité, et parfois la dire.

Citation prise au hasard ce soir, de Khalil Gibran, enfin, à moitié au hasard :)
Tombé dessus par hasard, retenu parce qu'elle résume une partie de ma pensée : la recherche de vérité comme moteur, voire comme mode de vie, en se nourrissant de curiosité... un peu prétentieux peut être, mais bon, autant avoir des objectifs ambitieux, pour une fois :)
Ne pas rechercher la vérité, c'est se contenter d'apparences et d'approximations, voire prendre des mauvaises décisions et provoquer des malheurs alors qu'on aurait pu les éviter : c'est sans doute ce qui m'effraie le plus. La recherche de la vérité et la conscience est un devoir envers les autres. Blesser quelqu'un par inadvertance est un manquement à ce devoir.
Reste que la vie est incertaine, que le doute est partout. Il faut accepter ses limites, tout en essayant de les repousser, et se contenter de faire de son mieux, même lorsque celui-ci ne suffit pas (un peu l'impression de pondre des lapalissades ce soir, je dois être un peu rouillé).

Et surtout savoir garder la vérité pour soi, non par égoïsme, mais par altruisme en quelque sorte. La dire doit être en effet l'exception. La dire sans qu'elle soit demandée, l'imposer aux autres est un comportement de fanatique. Les autres ne sont ni forcément volontaires ni même près pour recevoir une vérité. Ce qui revient à dire que la liberté (et le respect donc) doit être placée au-dessus de la vérité. C'est toujours frustrant de voir quelqu'un dans l'erreur, surtout lorsqu'il s'agit d'un proche, mais de la même manière que les parents doivent laisser leurs enfants faire leurs erreurs, il en est de même pour nous. C'est aussi une sorte de respect pour l'autre, même si en apparence ça ressemble à de l'égoïsme. Mais ne pas énoncer de vérité ne signifie pas ne pas proposer d'aide ou de soutien. Question de forme sans doute. L'aide et le soutien ne doivent pas être trop directifs, pas soumis à de trop nombreuses conditions : je ne t'aide que si on le fait à ma façon. Ce n'est pas vraiment une aide ça, c'est plus un abus de pouvoir. Face à une position de faiblesse, on prend le pouvoir, les décisions, et on met l'autre dans une situation de redevable... Certes l'intention peut être très bonne, mais très maladroite, à réserver aux cas extrêmes.



J'aurais peut être mieux fait de prendre une citation avec laquelle j'étais en désaccord :) plus propice à l'inspiration.

mardi 11 février 2014

La folle expérience

Expérience la plus folle, trouvée dans un bouquin sérieux de Jean Staune -que je ressors pour l'occasion-, pratiqué par Benjamin Libet (malheureusement j'ai pas trouvé beaucoup de traces de cette expérience dans beaucoup de livres...faudrait il creuser les revues spécialisées, anglaises? :/)
Ça me permettra de fixer cette expérience qui m'échappe...

Piquez le bout du doigt d'un patient : il réagira 25ms après.
Excitez la zone du cerveau correspondante : il faut l'exciter pendant 500ms pour que le patient le détecte. Normal, le processus n'est plus le même, le signal a beau être plus direct, il est sans doute moins cohérent.

Maintenant,
piquez le doigt, puis 200ms après stimulez la zone du cerveau. Le patient ne ressent pas la première piqûre ! Alors qu'il aurait du la ressentir après 25ms. Il ne ressentira que la seconde après 700ms...
Rallongez le délai à 500ms : pareil ! La première piqûre n'est pas ressenti !
Rallongez le délai à 700ms, enfin, le patient ressent les 2 piqûres

Ça signifie quoi?
Que notre conscience se forme en 500ms, même si notre sensation est plus rapide. Et que pendant la construction de cette conscience, je peux encore modifier la perception, la conscience d'événements passés : je peux masquer certaines perceptions. Et ma conscience antidatera ma perception pour recoller les morceaux.

Maintenant, plus fort,
je ne stimule plus le doigt ni le cerveau, mais le nerf entre les 2. Le sujet sent la piqûre rapidement, seulement 25ms après le début de la stimulation, à condition que la stimulation dure 500ms !! Ce qui veut dire que si j'arrête la stimulation au bout de 400ms, le patient ne ressent rien, ne détecte rien. La détection consciente de l'événement présent ne se fait que si le futur est d'une certaine forme ! La détection en 25ms est dépendante des 475ms suivante : si la stimulation dure tout ce temps, alors la conscience de la piqûre sera là, si la stimulation ne dure pas, alors la conscience n'existe pas.
Cause et conséquences s'inversent dans le temps à l'échelle de la conscience ! Un événement présent à une cause future ! La détection ne dépend pas seulement de la stimulation passée, mais aussi de la stimulation future !
L'apparition de la détection consciente de la piqûre au bout de 25ms détermine à coup sûr le futur : la stimulation durera encore 475ms. Ceci n'est pas du déterminisme au sens classique : je connais la position et la vitesse d'un objet, je suis capable de déterminer sa trajectoire future... oui, mais c'est en faisant l'hypothèse que l'objet ne va pas rencontrer d'obstacle. La le lien est inversé -ou alors il est absolu- en voyant l'objet je sais d'où il vient, je sais qu'il n'a pas rencontré d'obstacle, puisqu'il est là, par contre, le futur reste incertain, ne sachant pas s'il poursuivra sa trajectoire librement ou pas.
Je ne peux pas déclencher la stimulation, attendre la réaction au bout de 25ms, puis décider après 200ms d'arrêter la stimulation, puisque si je l'arrête après 200ms, je n'ai pas de réaction, de détection consciente au bout de 25ms.
Je me retrouve face au paradoxe classique de voyage dans le temps !!!

Et c'est là la conclusion du scientifique ! Notre conscience est sur un autre plan et voyage dans le temps sans arrêt pour synchroniser la mécanique !

Et si ceci expliquait les phénomènes de déjà vu? Un petit dérèglement de cette conscience voyageuse temporelle expliquerait ces étranges sensations...

Expériences à rendre fou...

lundi 10 février 2014

Théorie du genre

Allez, je me mets 2 secondes dans la peau d'un éditorialiste :)

C'est quoi ce bordel avec cette théorie du genre, et surtout où veut-on aller et comment?

Si l'objectif est de donner plus de libertés aux gens, de rendre le monde plus tolérant, plus juste et plus ouvert, pourquoi pas : que du louable.
Par contre, pas sûr qu'on s'y prenne super bien...

Déjà, s'attaquer aux enfants : OK, on peut se dire que l'éducation passera mieux là, que c'est le meilleur moyen de préparer la future société. Mais bon, là ce qu'on fait ça s'apparente plus à jouer au petit sorcier, on va essayer d'inculquer des comportements et des modes de pensées aux enfants, sans être foutu d'être précis. D'ailleurs, comment être précis, les enfants n'ont pas forcement de sens critique très développé. Si y' un endroit où on pourrait essayer d'appliquer ce foutu principe de précaution, c'est bien là je pense : on y renonce sur les progrès scientifiques (OGM, ondes...) on aurait pu le garder pour les sciences humaines. Je reste fidèle à mes principes (lol), les valeurs se transmettent mieux par l'exemple. Plutôt que d'essayer de faire rentrer par la force des idées dans la tête des jeunes, on ferait mieux d'essayer de changer les mentalités des adultes, même si du coup ça se doit se faire plus sur la longueur et en douceur (quoique, y aller à coup de lois, on peut pas dire que ça soit super doux...). La tolérance s'installe déjà petit à petit (plus facile de faire son coming out maintenant qu'il y a 40 ans je pense...) : faut juste pas être super pressé, tant pis si tout ne se fait pas en 1 génération. Mais bon, œuvrer pour les générations futures, c'est pas trop dans l'air du temps on dirait...

Halte aux gommages des différences et à l'égalitarisme à tout prix ! Oui les différences sont le premier pas vers l'inégalité, mais cette égalité n'existe pas : c'est juste une notion humaine ! Oui, nous sommes tous différents, et la tolérance vise justement à accepter ça ! Faut choisir entre tolérance et égalité ! Mon choix est fait. Le monde, la nature sont profondément injustes, nier cette injustice, c'est juste refuser d'ouvrir les yeux, refuser d'être adulte ;) On peut essayer de valoriser chaque différence, voire de la compenser avec un peu plus d'équité, mais juste la nier... c'est juste irresponsable.

On va arriver à quoi en gommant nos différences? A un monde uniforme et asexué pour finir. La norme sera une sorte d'hermaphrodite, mâle féminisé ou femme virile, les 2 se rejoindront, et tous ceux qui auront une sexualité affirmée se retrouveront ensemble. Alors oui, on traitera sans doute les homos comme les hétéros, mais aucun des 2 ne sera dans la norme je pense. La norme sera de passer inaperçu, de ne rien revendiquer et de ne rien laisser paraître (pas de signe ostentatoire ! cachez cette jupe! cette cravate!...) Laissez moi ces différences par pitié, laissez moi une chance de trouver ma complémentarité ! Créez d'autres différences, tant qu'elles ne sont pas agressives, tant qu'elles ne s'inspirent pas des religions comme mode de fonctionnement : elles seront toutes enrichissantes pour peu qu'on apprenne la tolérance, et le respect qui va avec.

On veut essayer de faire sortir les enfants de nos clichés comportementaux? Bah laissons les choisir, laissons les se diriger vers ce qui les attire : l'imitation est sans doute le premier trait qui apparaît chez les enfants, donc donnons leur des exemples à suivre ! Salaires égaux, carrières égales, congés parentaux égaux, tâches ménagères égales... si ce n'est qu'on arrivera jamais à être égaux devant la grossesse et la naissance... c'est là dessus qu'il faut jouer, et pas directement sur les esprits des enfants, qu'on risque juste de perdre un peu plus, auxquels on va juste enlever les quelques repères qu'il restait encore...

Arrêtons de croire et de forcer nos enfants à être meilleurs que nous sommes ! Agissons plutôt sur notre propre génération avant de simplement reporter le problème ou sa résolution sur la génération suivante...

lundi 3 février 2014

Fauve ≠

Il est sorti, leur album ! Un condensé de musique à faire hérisser les poils, à tenir éveiller, à tenir debout !
Dernier morceau découvert au hasard de l'album Vieux Frères,

Requin-tigre
Je me suis mis à déconner complètement...
Y a quelque chose qui a sauté là-dedans, je sais pas...
Je pense que c'est parce qu'inconsciemment...
j'ai eu l'impression de perdre le contrôle
De perdre le contrôle sur toutes les choses dans lesquelles j'étais impliqué...
sur tous les éléments de ma vie...
ça m'a plongé dans un état de colère...
absolument indescriptible... c'était... insoutenable...
C'est comme être enfermé dans une boîte sans lumière...
dans laquelle le temps s'arrête..
C'est comme être dans les limbes en fait...
Tu peux plus aller en avant, plus aller en arrière...
tu peux plus aller dans aucune direction...
T'es complètement bloqué... à l'arrêt, en panne...
t'as les pieds dans le ciment...

Je me suis senti comme un requin-tigre
Vous savez que les requins quand ils avancent plus ils crèvent?...
Et le requin-tigre, c'est le plus agressif...
Quand il est immobilisé, il défonce tout ce qui passe...
Et c'est la même chose avec les loups quand tu les coinces...
Moi je me servais de la musique, et des mots, et de l'écriture, pour avancer...
pour progresser à travers l'existence...
Alors quand j'ai perdu ça ben...
ben j'ai perdu ma capacité à progresser...
C'est comme ça que je me suis mis à gueuler...

Tu peux plus interagir avec le monde
Tu te renfermes petit à petit
Tu deviens totalement hermétique aux autres et au quotidien
parce que le matin quand tu te réveilles et le soir quand tu te couches
quand tu marches, quand tu bosses, quand tu parles, quand tu conduis,
tu te répètes en permanence, en permanence :
"je suis nulle part, je vais nulle part... je suis pétrifié. Et je serai jamais rien d'autre que ça"...

Il faut choisir de pas y penser...
choisir que ça existe pas...
choisir de pas avoir de problèmes avec ça...
il faut sortir...
faut voir ses amis...
et attendre que ça revienne

Tout y est. Etat naturel par lequel nous passons peut être tous, mais sur lequel on communique peu, la perte de repère, le monde qui s'écroule, mais on n'est plus enfant, plus rien ne sert de pleurer et de se rouler par terre, on ne passe plus à autre chose à la première diversion, au premier baiser de sa maman, aux premiers bras qui nous enserrent. L'investissement n'est plus le même, la projection, l'anticipation non plus.
L'obligation d'avancer est là : à chacun de trouver comment avancer, le où étant secondaire, impossible à atteindre, par définition : sinon, retour aux limbes..
La découverte de la solitude, l'enfermement, l'isolement et l'aliénation qui va avec, l'obsession.
Et enfin la solution : est ce la seule? la diversion adulte? Celle-ci est positive, même si c'est un divertissement, une sorte de méthode coué, même si elle est exogène (son seul défaut : nécessite d'avoir des amis?...). Mais ce n'est pas une raison pour la dénigrer, c'est peut être LA solution malgré tout, se mettre en capacité d'attendre le retour de la pulsion de vie, l'entraîner par un mouvement artificiel. C'est l'énergie du vide appliqué au psychisme. C'est se réapproprier les méthodes qui fonctionnaient quand nous étions enfant. C'est retrouver cet espoir, cette croyance... et attendre avec cette certitude.


lundi 27 janvier 2014

Un peu de respect

Petite réflexion autour de ce terme  tant utilisé et réclamé de nos jours.
Et comme bien souvent je pense, ce sont sans doute ceux qui en réclament le plus à leur égard qui en montrent le moins. Bêtise et autoritarisme font bon ménage :)

Bref, c'est quoi le respect? (un jour je ferai mon propre dictionnaire, tellement les mots sont difficiles à cerner, tellement je leur donne une définition personnelle...)
Le respect, c'est la capacité de se plier à une autorité qu'on reconnaît (qu'on respecte donc) aveuglément, c'est à dire sans tenir compte de son jugement personnel.
Certaines institutions et certaines personnes se respectent naturellement.
L'état et ses lois sont généralement respecter, tout manque de respect étant puni. Et le respect conduit même à respecter les lois même lorsqu'on les juge inadaptées ou injustes : ne pas griller un stop lorsqu'il n'y a personne, rouler au pas... Toute infraction est à la base un manque de respect envers l'état et la société.
La société nous impose plus ou moins de respecter les autres : l'équilibre de la société en dépend, la vie en communauté n'est possible que par ce respect.Respect de nos engagements, mais aussi respect de la liberté des autres, de leurs croyances, de leurs pensées : y compris lorsqu'elles sont contraire aux nôtres. Au moins tant que les autres font preuve d'autant de respect à notre égard.
Mais la plus grande autorité que chacun reconnaît, c'est soi même. Chacun essaye de se respecter, de se plier à son propre règlement intérieur, de rester en harmonie avec l'idée et l'image que l'on a de soi. Sorte d'orgueil minimaliste.

Le respect se définit donc comme la liberté, qui s'arrête là où commence celles des autres. C'est un jeu d'équilibre, partant du principe que cette notion doit être absolument identique pour chacun : aucune raison d'avoir plus de liberté que mon voisin, ni de mériter plus de respect.
La liberté atomique est de disposer de son être comme on l'entend, sans contraindre l'autre (j'avais pas un article sur ce thème?) : ce qui la réduit à peau de chagrin, passons :)
Le respect atomique est identique : se respecter soi, son corps, son esprit, ses pensées. Et donc, ne pas dicter aux autres ce qu'ils doivent faire sur ces points.

Et c'est dans le conflit qu'apparaît la hiérarchie de nos valeurs.

Celui qui ne respecte que les règles avec lesquelles il est d'accord ne se respecte que lui même en fin de compte : il adaptera les lois en fonction de son interprétation, et les respectera au cas par cas. Même si, dans un monde idéal et sage, il vaudrait mieux adopter ce fonctionnement. La question est de savoir se situer par rapport à la sagesse des institutions, la sagesse des autres, la sagesse moyenne. Tout être plus sage que la moyenne a intérêt (pour lui et les autres) à respecter ses règles avant celles des autres. Tout le problème reste là, dans la conscience qu'on a de soi-même : allez expliquer à quelqu'un qu'il est moins sage que la moyenne !

mardi 21 janvier 2014

C'est le temps seul qui révèle l'homme juste, un seul jour dévoile le perfide

Citation de Sophocle ce soir pour me dégourdir les méninges.
Enfin, je vais pas me les dégourdir bien loin, c'est toujours la même idée :)

L'idée que la valeur est liée au temps, à la continuité... au maintien des valeurs dans le temps, et donc dans l'adversité. L'idée que la moindre trace de corruption entache la pureté : les qualités ne valent que si elles sont constantes, éternelles. Il est facile de posséder toutes les qualités (et les défauts) de manière temporaire, fortuite.
Marrant comme le pouvoir négatif l'emporte toujours sur le positif.
Peut être est ce pour cela que l'on associe la facilité au "mal", à la mauvaise solution : simple renversement de causalité, mauvaise déduction d'une corrélation forte? Il est toujours plus facile de détruire, de corrompre, de bloquer... Dommage, ça jette un mauvais regard sur les fainéant, sans réelle raison :)

Bon, si c'est toujours la même idée, d'autres idées serait défendables?
Qu'un éclair de bonté puisse illuminer une vie. Pour une vie, c'est peut être beaucoup : une bonne action n'efface pas une vie de péchés. Je ne suis pas assez religieux pour croire en telle absolution. Surtout si cette bonne action ne se produisait pas en fin de vie : elle donnerait le droit de tout faire par la suite?
Par contre, à l'échelle d'une masse, peut être est ce davantage de laxisme, mais j'ai l'impression qu'un individu peut sauver une masse, un peuple, une race. En tout cas, lorsque l'on projette ceci à la race humaine, on a naturellement envie de reconnaître et dire que l'homme est capable du pire et du meilleur, mais que le meilleur sauve le pire. Peut être est ce simplement pour nous rassurer et ne pas nous convaincre de nous exterminer :) Mais bon, on s'écarte de la citation (et de son antithèse) : on ne conclue pas pour autant que l'homme est bon (sauf certains naïfs j'ai envie de dire... une croyance de plus en fait)

L'autre idée plus acceptable revient simplement à sortir des idéaux et à accepter la nature humaine. L'homme est faible, et une erreur, une faiblesse ne fait pas de lui un être perfide. Reste à savoir ce qu'on met derrière les mots : un sens humain, et donc nuancé, intégrant les exceptions, les erreurs ou un sens idéal, parfait. Et si les mots et les idées sont parfaits, il faut garder à l'esprit que l'homme ne l'est pas. Donc intrinsèquement, les mots ne pourront jamais s'appliquer aux hommes. La réalité ne respecte pas les idées, ne les suit pas... ou alors les idées ne décrivent pas la réalité, mais simplement son essence.

lundi 20 janvier 2014

Etre adulte...

Une fois n'est pas coutume, prolongement d'une discussion :)
C'est quoi être adulte? En dehors de faire la gueule tout le temps et de perdre son âme d'enfant :)

Comme souvent, le plus direct reste la définition par la négative : être adulte, c'est ne plus être un enfant.

C'est cesser les caprices, cesser de bouder parce que le monde ne se plie à nos 4 volontés, cesser de croire que l'on peut tout obtenir du monde et de ceux qui nous entoure, simplement parce qu'on le demande, l'exige. Bref, c'est accepter le dur monde dans lequel nous vivons (ce qui revient à perdre sa capacité d'émerveillement -et son âme d'enfant- au profit d'un certain réalisme...), c'est accepter que tout ne nous est pas dû, qu'il faut travailler / faire des efforts pour obtenir certaines choses, et que d'autres seront toujours inaccessibles. C'est arrêter de pleurer facilement, au profit d'une approche plus rationnelle : c'est perdre la passion au profit de la raison.

C'est assumer ses actes : vivre sans la possibilité n'y d'aller se cacher derrière une grande personne qui serait responsable à notre place, n'y de dire "pouce", de s'arrêter et de sortir du jeu. La vie n'est pas un jeu qu'on peut mettre en pause, duquel on peut sortir et rentrer à loisir. Et pour assumer ses actes, il est préférable de développer sa conscience, de manière à comprendre par avance, à anticiper les conséquences de ses actes (difficile d'assumer l'imprévisible). C'est donc perdre l'insouciance de l'enfance : nous perdons la capacité à faire ce qui nous passe par la tête, sans réfléchir.

C'est aussi se responsabiliser, et surtout cesser d'accuser les autres (même lorsqu'ils sont responsables j'ai envie de dire...). C'est accepter sa dose de malheur, sans geindre et se plaindre du monde, des autres. C'est toujours la faute des autres quand on cherche peu (à comprendre), c'est accepter de se remettre en cause soi, préférentiellement aux autres, c'est accepter l'injustice du monde, sans chercher de coupable chez les autres.

C'est cesser de vivre dans l'instant présent, de ne voir que son bonheur (ou plutôt plaisir) personnel et immédiat. C'est accepter à d'autres formes de joie et de plaisir (plus subtiles?), c'est donc être capable de se projeter dans un avenir plus ou moins lointain, et de retirer une satisfaction de ces efforts à long terme. Le premier de ces effort nous est imposé, pour nous pousser dans la bonne voie : les études.

C'est malheureusement aussi user la nouveauté, lui faire perdre son goût à force de la répéter, c'est juste l'action du temps... C'est petit à petit découvrir de moins en moins de choses au profit de répétitions.

C'est réaliser son potentiel, ne plus être le produit, le jouet de quelqu'un, mais se construire. Simple suite logique des points précédents, c'est faire ses propres choix et les assumer. Ne plus se faire dicter sa conduite (ou sa pensée) mais tracer son propre chemin, avec plus ou moins de clairvoyance, de perspicacité.

Bref, c'est beaucoup de choses. Et les définitions génériques et abstraites comme celle-ci restent suffisamment vagues pour être ultra-poreuses. On trouvera des enfants adultes sur bien des points et des adultes encore gamins. En fin de compte, la définition la plus concrète de l'adulte est sans doute celle du parent. On devient adulte en devenant parent, en acceptant de devenir responsable de quelque chose qui nous échappe, qui échappe à notre contrôle au sens propre.


vendredi 17 janvier 2014

S'imposer aux autres

Petite révélation hier : et si les relations tenaient en fait aux choses qu'on impose aux autres?
Le meilleur moyen de tisser des liens reste d'imposer des choses aux autres : imposer sa présence, imposer de discuter, réfléchir, prendre parti, imposer sa bêtise, imposer son avis, son opinion.
L'imposition doit rester "respectueuse" : il s'agit d'imposer l'expression, pas d'imposer l'adoption. Il s'agit d'imposer sa vie, la vision de sa vie, mais pas d'imposer à l'autre de s'aligner sur notre vie, d'avoir la même.
Ça revient juste à affirmer sa personnalité en fait (ce qui suppose d'avoir une personnalité :) ), ne pas rester en retrait, ne pas rester transparent. Il est sans doute là (ou pas bien loin) l'équilibre entre ingérence et indifférence.
Entre la vie, la friction, les étincelles et la transparence, l'inaction, la mollesse, le choix est vite fait. Les relations se tissent à coups de petites frictions, positives ou négatives. Le mouvement, le rapprochement est à provoquer, il est provocation. La prudence n'est pas de mise ici. Les souvenirs forts sont des marqueurs de l'amitié. Un simple côtoiement répété, fréquent n'a jamais abouti sur rien : dès qu'il cesse, tout disparaît.

Et d'un coup je comprends mieux un aspect de ma vie, moi qui ai toujours été partisan de la non-ingérence...

jeudi 16 janvier 2014

Il peut arriver qu'on s'inquiète davantage pour d'autres que pour soi

Tiré de l'essence de l'art de Iain M. Banks.

J'ai même presque envie de dire que c'est la règle. Et ce malgré notre égoïsme inné.

Pourquoi? Bah pour plein de raisons, comme d'habitude.
Par facilité : il est plus facile (au moins en apparence, mais ça suffit à nous tromper) de prendre soin des autres que de soi même. Sans doute lié à un coté éternel insatisfait. On trouvera toujours que pour soi la situation pourrait être meilleure, alors que si un autre nous remercie de notre action, on peut s'arrêter à ce constat et considérer que sa situation est pleinement satisfaisante.
Par souci d'objectivité (ou à cause sa propre subjectivité) : on a un regard extérieur, on se pensera plus objectif, on se dira que l'autre n'a peut être pas vu tous les aspects du problème. On se croit en bonne position pour pouvoir l'aider (et on oublie notre propre subjectivité).
Pour un complexe de supériorité : on croira l'autre plus faible, il méritera donc notre protection, il en aura besoin en tout cas. Et en plus offrir notre protection nous permettra de consolider notre image.
Pour un complexe d'infériorité : on peut s'estimer indigne de protection, l'autre étant meilleur, il mérite davantage qu'on se soucie de lui, nous sommes insignifiants. On s'efface devant l'autre. En plus, ça nous permettra d'être enfin utile à quelque chose.

Marrant comme ça me montre (confirme?) qu'un comportement peut s'expliquer par tout et son contraire. Les arguments sont malléables, les situations et les explications complexes.

Mais il reste facile de se perdre hors de soi, de s'oublier, de s'effacer. Sorte de divertissement comme un autre, pour oublier sa condition. Et quoi de mieux que les autres comme cible de cette fuite?
En un sens il vaut mieux être égoïste, prendre ses responsabilités, s'assumer, s'accepter (et ensuite s'ouvrir aux autres : s'aimer soi même avant d'aimer les autres... et de laisser les autres nous aimer - voyez comme je peux vous convaincre que l'égoïsme est bon :) ), mais il y a pire comme comportement. Et si chacun pouvait se soucier de son voisin, plus personne ne serait malheureux. Ça serait une autre dynamique vertueuse, conduisant peut être à des situations où on pourrait enfin penser à nous mêmes. La destination est la même, le chemin est différent, je ne sais pas lequel est le bon : autant emprunter les 2 à la fois :) en prenant juste garde de ne pas se perdre en chemin.

Non Non, je ne parle pas pour rien dire... :)

lundi 13 janvier 2014

Amitié et désaccord

Petit sujet banal ce soir, tellement banal que je me demande si je l'ai pas déjà traité ! Je verrai l'évolution comme ça... Allez, ce soir je mets l'amitié en équation :D

Comment réagit on face à un désaccord, comment devrait on réagir?
Quand on est en désaccord avec un ami, que fait on? On joue la carte de la franchise, on lui dit ses 4 vérités pour le remettre sur le "droit chemin", on le soutient inconditionnellement dans ses choix, on l'accepte comme il est?

La franchise a l'avantage d'être directe, mais bon, au final ça revient à se poser comme supérieur à l'autre : on sait mieux que l'autre ce qui est bien pour lui, on lui indique où sont ses erreurs, comment faire mieux. Ce qui peut être le cas! Donc l'intention reste louable, même si elle dénote un certain sentiment de supériorité (qui peut être légitime : plus d'expérience, de connaissances..etc...) L'ingérence, même si elle part d'une très bonne intention, n'est pas ma solution préférée. Ça revient aussi à plier l'autre à sa propre volonté.

Le soutien inconditionnel, vraiment inconditionnel, est réservé je pense à l'amour filiale. Les parents doivent même impérativement laisser leurs enfants commettre leurs propres erreurs, en se gardant de les surprotéger (alors qu'ils sont légitimement bien placés la plupart du temps pour mieux savoir que leurs enfants ce qui est bon pour eux). Je pense que toutes les autres relations sont "conditionnelles". Elles dépendent d'un équilibre, ou plutôt d'un déséquilibre constant, tout comme la marche est une chute constante. Même si je suis le premier à vouloir bâtir sur ma vie sur des principes, à voir dans l'amitié une valeur forte, j'aimerai croire aux serments d'amitié et d'amour... mais bon, après ça transforme tout en question d'honneur : la relation ne tient plus qu'au serment et à la fidélité qu'on entretient vis à vis du serment, et plus de la personne (mais c'est sans doute le secret des relations les plus solides)

L'accepter comme il est, facile lorsque le désaccord est léger, plus compliqué lorsque le désaccord est profond, irrite, touche aux valeurs fondamentales (qu'on ne connaît pas forcément bien avant de les rencontrer). Après, la politique de l'autruche reste facile : on peut toujours jouer aux aveugles et éviter les sujets qui fâchent... mais l'amitié est elle encore présente dans ce cas?

Au final, je pense que notre comportement dépend essentiellement de 2 facteurs (en plus de la personnalité) :
- l'intensité du désaccord : est ce que ça touche un principe sacré chez nous? dont la seule possibilité de manque de respect nous met hors de nous, nous irrite?
- notre attachement à la relation : que suis je prêt à perdre pour cette relation?

Mais bon, avant tout il y a la personnalité : un intrusif donnera toujours des conseils, dira que sa franchise est une qualité. Mais si elle est sans réelle écoute (difficile à mesurer : se déclarer de bonne écoute, c'est comme se déclarer humble...), la franchise relève plus de l'égoïsme : on plie l'autre pour qu'il reste dans l'image qu'on a de lui. Et inversement, un passif, une personne sans caractère prononcé n'aura jamais d'avis sur rien, n'osera jamais dire aux autres ce qu'il pense de leur comportement... voire il n'en pensera rien (merde, pour un peu je m'y reconnaîtrai ! ... pour un peu seulement)

Ensuite, si le désaccord est faible ou l'amitié faible, la politique de l'autruche sera facile. Je ne vais sermonner un ami parce qu'il a fraudé le fisc, mal parler à sa mère ou que sais je... et je ne vais pas forcément embrasser toutes les causes humanitaires et dénoncer tous les crimes contre l'humanité : bref, la plupart du temps, les inconnus peuvent faire ce qu'il veulent, on s'en fout. On est dans une forme d'acceptation passive.

Après, plus le désaccord augmente, plus on sera touché, moins on pourra supporter la situation, jusqu'à toujours des valeurs sacrés : peut on être ami avec un tueur? avec un homme qui bat sa femme? avec un fraudeur de grande envergure? sans lui ressembler un peu... un peu moins grave, peut on rester ami avec quelqu'un qui s'engage dans une secte, qui change de religion et devient fanatique? avec quelqu'un qui se perd dans la drogue, l'alcool, le jeu...? La meilleure solution reste sans doute le dialogue : il ne s'agit pas de convaincre la personne, il s'agit plutôt de voir si la personne peut nous convaincre. c'est cela écouter. On n'est pas en train d'écouter pour mieux contrer, pour pousser dans les derniers retranchements (là je me reconnais bel et bien... parlons au passé :p), mais pour essayer de se faire convaincre, ou au moins d'accepter.
Et si on n'est pas convaincu? Reste 2 solutions : la fuite ou la claque.
La fuite, consiste à simplement faire une croix sur l'amitié : les bornes ont été franchies, impossible de voir un ami derrière un comportement qui heurte trop profondément notre sensibilité (à supposer qu'on ne veuille/puisse pas en changer).
La claque consiste à dire ses 4 vérités à l'ami en question. Et en fait on en arrive là par un sursaut d'égoïsme en quelque sorte (et la boucle est bouclée) : on passe outre notre désir de non-ingérence, notre désir d'accepter l'autre comme il est, de simplement échanger et s'enrichir de cet échange, sans chercher à dominer l'autre, à le manipuler. On passe outre ce désir simplement parce qu'on souhaite "à tout prix" conserver cette relation, et on préfère sacrifier notre vision générale de l'amitié (accepter l'autre tel qu'il est) sur ce cas particulier (cet ami là vau le coup d'enfreindre mes propres règles). Et on préfère donner une dernière chance à cette amitié, ou simplement on ne souhaite pas prendre la décision de la rupture : on laisse ce choix à l'autre en lui mettant une claque tellement forte qu'il devra choisir entre se ranger de notre côté (accepter la claque) ou affirmer sa position, et refuser qu'un ami cherche à lui dicter sa conduite. Sorte de chantage, mais bon, un chantage peut juste être un constat, un avertissement... tout dépend de l'intention et de la sincérité.

Il y a une certaine logique derrière tout ça : plus la relation nous est chère, plus on devient égoïste, moins on a envie de la perdre. Et plus on est prêt à sacrifier ses principes, ses valeurs, sa sagesse...Même si c'est, comme bien souvent, le contraire qu'il faudrait faire.

Le parallèle reste vrai je pense entre les peuples : l'ingérence est à mon sens une erreur. Mieux vaut miser sur l'exemplarité si on souhaite faire bouger les choses en respectant l'autre. Et les échanges permettent de découvrir cette exemplarité, pas de l'imposer. Que doit faire un peuple face à un autre qui ne respecte pas les droits de l'homme ? autruche, ingérence, sermon, distance? Ma foi, les relations commerciales ont souvent le dessus (les intérêts plutôt que les amitiés ou les valeurs), et poussent à faire l'autruche. Mais dans certains cas, lorsque les nations ont un sens du sacré plus développé, les réactions changent et on voit plus d'ingérence : cas des religieux (croisades et islam pour ne citer que ces exemples), cas du terrorisme.. bref, on voit plus de guerres.

Conclusion (ça commence à faire long), l'échange et surtout l'écoute reste le chemin à suivre... si l'on veut être raisonnable et loin des passions... et la passion se retrouve cantonnée aux cas extrêmes (désaccord profond menant à une rupture). Mais on peut faire le choix de tout vivre de manière passionnée !

vendredi 10 janvier 2014

Privatisons la santé !

Ha merde, c'est déjà fait !

Toujours les mêmes lectures, toujours inspiré de Nexus :)

Que ne faudrait il pas privatiser en fait ?
Ce qui doit échapper aux lois de la concurrence, ce qui doit être un bien commun, un service public, ce qui ne doit être ôté à personne, ce qui risque de se prêter à des dérives incontrôlables. Ceci devrait être un principe de précaution, ne serait ce que pour éviter une décadence de plus à la longue listes des civilisations humaines...

Certes les privatisations (partielles ou complètes) apportent de l'énergie, du mouvement : l'obligation de se renouveler, de bouger pour survivre. Mais ce mouvement est souvent destructeur, en tout cas ces dernières années, les riches étant sans doute de moins en moins philanthropes.

On a quand même réussi à privatiser la santé (cliniques privées et surtout laboratoires), bien commun par excellence (il reste quoi au dessus de ça? l'oxygène? la liberté?)
Dommage, ses caractéristiques auraient du le protéger de cette ouverture :
- il est difficile de renoncer à ce bien, de trouver un remède trop cher pour soi : il n'y a pas d'équilibre offre/demande, la demande est constante et quasi-absolue, quelle que soit l'offre.
- la fidélisation du client, recherchée par toute entreprise, passe malheureusement par l'entretien de la maladie (dommage qu'on cherche davantage à soigner qu'à entretenir une bonne santé)
- la recherche de profit poussera les labo à chercher des traitements pour les maladies des pays riches plutôt que des vaccins pour les pauvres ou pour les maladies trop peu répandues. On a mécaniquement fait de la santé un produit de luxe

Enfin, heureusement, tout n'est sans doute pas si noir, il existe toujours des chercheurs (et des entreprises?) motivés par autre chose que l'argent et le marché (mais il est toujours difficile de résister aux sirènes qui nous entourent...). D'ailleurs les labos ne sont pas aussi capitalistes que ça, la preuve, les chercheurs ne sont pas intéressés -que je sache- par le résultat de leurs recherches : que ce soit les résultats financiers ou humains. Le chercheur qui mettra au point un vaccin contre le sida rendra sans doute milliardaire son entreprise et sauvera des millions de vie, mais tout ce qu'il percevra en échange, ça sera son salaire (allez, et peut être un prix Nobel). Étrange cette différence de comportement par rapport à un trader par exemple :)

Une fois qu'on a privatisé ça tout en s'affranchissant d'un quelconque serment (qui constituait une barrière de principe aux dérives), sans même une compensation à un quelconque service public -que je sache- comment s'étonner des autres privatisations? eau, énergie, logement, transport, éducation, travail... sont ce des biens vitaux? Pas autant que la santé...

Toute privatisation mène à une certaine privation : la privatisation recherche un profit. Il n'est pas intéressant de répondre à toutes les demandes, il est intéressant de rechercher l'équilibre offre/demande le plus rentable, et donc de laisser une partie de la demande sur le côté. Poussée à l'extrême, la logique de l'offre et de la demande conduit au marché du luxe : beaucoup de richesses pour peu de monde, et son opposé est le communisme : le même bien partagé par tous. Ce n'est d'ailleurs sans doute pas un hasard si le marché du luxe se porte si bien... Les extrêmes (les 2) ne sont jamais bons, mais j'ai l'impression qu'on se rapproche de plus en plus de l'un des 2 au fil des années : futur mouvement de balancier à prévoir?

Le meilleur moyen de "lutter" contre la privatisation reste donc l'abondance : avec l'abondance, plus de manque, plus d'équilibre offre/demande. Le salut passera peut être par là, le jour où le progrès apportera une abondance naturelle : lorsque chacun pourra répondre à sa propre demande simplement avec ses propres moyens.

Mais bon, si le revers de la médaille de la privatisation est une lutte des classes exacerbée pour obtenir un pouvoir, pour obtenir la richesse, quitte à détruire sur son chemin, le revers du communisme est un immobilisme total. A chacun sa corruption. Les systèmes sont à l'image de l'homme (et si nous sommes à l'image de Dieu, ça promet pour lui...)

[C'était fastidieux ce soir... lié à la fatigue ou à la réflexion? Plus les idées sont nettes et naturelles, plus le texte doit couler sans doute...]


vendredi 3 janvier 2014

Les systèmes coupables n'admettent pas l'innocence

Tiré de L'Hommes des Jeux de Iain M. Banks.

Trait fondamentalement humain je dirais : l'homme n'aime pas être mis en situation d'infériorité. Formidable moteur à l'origine de l'esprit de compétition, de beaucoup de progrès et du désir de surpasser l'autre, avant même de vouloir se surpasser (désir plus simple).

Mais chaque médaille a son revers. Et la saine motivation peut se transformer rapidement en soif de destruction.
L'autre est meilleur que moi? Je n'ai pas la force, l'envie de me mettre à son niveau : détruisons-le !

Soit on arrive à prendre une certaine distance par rapport à l'autre, histoire de ne pas prendre l'existence de l'autre comme un affront personnel, soit on le prend comme un exemple à suivre, un encouragement sur une voie à poursuivre... sinon, le côté sombre de l'être humain prendra le dessus. La simple existence de quelque chose de mieux nous renverra à nos limites, à nos défauts. Ceci est difficilement supportable dans ces conditions : il ne reste qu'à fermer les yeux ou à détruire cet objet.

Un système coupable est par définition limité, et ne cherche pas à tendre vers plus d'égalité, d'innocence. La vision d'un innocent lui sera insupportable. Il l'accusera souvent de ses propres maux, le transfert étant plus facile que de chercher ailleurs.

Même phénomène à l'échelle individuelle (mais largement amplifié par tout effet de masse) : une assemblée de personnes ne payant pas la redevance sera outrée de voir quelqu'un la payer, idem pour les excès de vitesse, le respect des règles de bonne conduite... On tournera souvent en ridicule ces innocents plutôt que de les prendre en modèle.
Même chose pour les qualités physiques : la jalousie entraîne souvent la raillerie, le commérage...
Pareil pour les qualités morales : mais plutôt que de tourner ces gens en ridicules, on préférera souvent les éviter (à moins bien sûr de supporter la comparaison...). On ne comprendra pas les gens qui donnent de leur temps et de leur argent à des personnes plus démunis alors que nous même ne le faisons pas.

Et les modèles, plutôt que de sentir encouragés, appréciés, se sentent rejetés, remis en cause. Triste conséquence de cette mesquinerie humaine. Il suffirait de s'en détacher pour simplement apprécier la compagnie du modèle, même s'il nous est inaccessible (tout le monde n'est pas capable des mêmes choses... nous ne naissons pas égaux...), l'envier positivement.


Cette règle s'applique aussi aux états, qui ne supportent pas les régimes plus libertaires, plus justes, moins corrompus qu'eux mêmes, aux entreprises et aux systèmes économiques.

Je sens qu'il va être dur d'être un idéaliste optimiste en 2014 ! :)

mercredi 1 janvier 2014

Celui qui n'est plus ton ami ne l'a jamais été

Petite citation de Aristote reprise par Shakespeare.

Amusante dans sa façon de considérer le temps, les causes et conséquences : une cause présente a une conséquence antérieure.
Le passé ne se mesure qu'à l'aune du présent, et le présent que par rapport au futur.
Ça renvoie aussi un peu à Big Brother : qui contrôle le passé contrôle le futur, qui contrôle le présent contrôle le passé.

A chaque instant on peut refaire son passé, se réinventer, c'est même le propre de l'homme... pour ne pas devenir fou :), pour conserver une certaine stabilité, pour ne pas trop se remettre en question...

Autre interprétation : tout est dans tout, le temps n'existe pas. Simplement on n'y accède pas, alors on se contente d'une illusion, d'une hypothèse. On ne sait pas encore que cette personne se trahira et ne sera plus notre ami, en attendant on le considère comme tel, et on se persuade de l'illusion que ce statut est acquis...

Dernière interprétation, ou plutôt conduite à tenir : pleine de principe et de rigidité (droiture?). Donner son amitié pour ne jamais la reprendre, forger son futur à partir de ses décisions présentes. Ceci évite d'avoir à refaire son passé, au prix d'une rigidité plus affirmée. La stabilité de la personnalité n'est plus une illusion, mais une prison : on devient prisonnier de ses décisions.

Bref, on a le choix. D'un côté, l'insouciance, comblée par les mécanismes naturelles de l'homme, de son inconscient : sa capacité à refaire son passé, à le considérer différemment au regarde de nouvelles connaissances. De l'autre, la rigueur qui nous enferme dans des paroles données, des positions prises.

Où est le juste milieu? Dans l'abandon des notions qui projettent dans l'avenir, impossible à maîtriser, dans l'acceptation des limites de nos connaissances, dans l'acceptation de notre simple capacité à prendre les choses comme elles viennent, au jour le jour, sans possibilité de se projeter?
Nous devons constamment faire des paris sur cet avenir incertain, c'est bien la seule façon d'avancer, de construire... ou du moins de s'en donner l'illusion. Le tout est de garder en tête que ce ne sont que des paris, et d'accepter d'en perdre un certain nombre, sans s'y arrêter, sans se culpabiliser, sans baisser la tête.

dimanche 29 décembre 2013

Albator et les contes de fées

J'ai un peu délaissé le blog ces derniers temps...
Bref, réflexion du soir, Albator et les contes de fées :)

Simple réflexion sur l'influence qu'ont les contes (et les dessins animés) sur notre personnalité. Ces éléments font partie intégrante de notre éducation : nous grandissons avec, notre inconscient se forme réellement, il est encore vierge et malléable à cet âge là.
C'est sans doute pour ça que toutes les histoires pour enfant ont une morale, ou au moins un message : pour pénétrer l'inconscient, pour former les valeurs du futur adulte.

Tout ceci est évident, mais on ne se rend peut être pas bien compte de l'importance de ces histoires. Je pense que nos valeurs nous sont davantage transmises par ces histoires que par l'éducation directe de nos parents. Les illustrations sont plus nombreuses et plus parlantes dans la fiction. La réalité reste assez pauvre, que ce soit en exemple ou dans la clarté de ses démonstrations, la réalité est toujours complexe, ambiguë... Seules les punitions doivent nous marquer davantage, mais heureusement, on ne se fait pas punir à tout bout de champs, en tout cas pas moi :)
Bref, il me restait les histoires...

Ces contes pour enfant étaient (et sont?) parfaits, idylliques. Ils présentent souvent une vision simple, voire simpliste et manichéenne du monde : idéale pour se forger des repères, mais pas forcément commode pour affronter la vie. Qui n'a pas été déçu de ne pas rencontrer une belle princesse (tous les hommes ont une vision idéalisée de la femme...même si elle peut aussi être la sorcière : celle-ci se repère à des kilomètres et à son pustule sur son nez crochu) ou son prince charmant (les filles ont peut être une vision moins idéalisée des hommes -le choc de la réalité est peut être plus précoce- mais restent plus romantiques globalement).

Et c'est là qu'intervient Albator :) Mon premier modèle sans doute. Et je viens de me rendre compte que j'ai sans doute hérité de certains de ses traits de caractère (on aurait pu plus mal tomber...).
Petit extrait de wikipedia :
Il est déterminé, implacable et semble sans pitié mais sa vie est dictée par un code d'honneur, ce qui fait qu'il fait souvent preuve de compassion. C'est un être intelligent, idéaliste, cultivé et courageux. Son sens logique, sa bravoure et son esprit pratique font de lui un capitaine respecté par ses hommes d'équipage et craint par ses ennemis. Il apparaît nettement comme l'archétype du héros romantique, un chevalier se battant pour faire respecter ses convictions et sauver des causes perdues.
Homme de principe, capable d'affronter une armée juste parce qu'il pense avoir raison, être du "bon côté", capable de sacrifier sa vie pour ses convictions, ou en tout cas incapable de renier ses convictions. Homme peu bavard, pas franchement doué pour les relations sociales, même s'il peut servir d'exemple. Bref, rigolo de m'apercevoir tant d'années après que le modèle a sans doute eu une forte emprise sur moi (ou simple coïncidence? mauvais jugement de ma part?) Bon, c'est un peu triste au final de se dire que le meilleur ami d'Albator c'est son ordinateur de bord :)

Bref : est-ce une bonne idée d'abreuver nos têtes blondes avec des histoires idéalisées? D'un côté ça créera nécessairement de la frustration lors de la découverte de la vraie vie, mais au moins ça permet de transmettre des valeurs positives aux enfants (générosité, entraide et solidarité, conviction, courage, vérité...). N'est ce pas le meilleur moyen d'essayer de construire un monde meilleur?
Oui, il s'agit peut-être un peu de demander à nos enfants de réussir là où nous avons échoué, mais ça reste le principe du progrès. Seul risque de l'approche : la frustration adulte peut conduire au rejet brutal de toutes les valeurs de l'enfance, ça serait dommage, on obtiendrait l'effet inverse à celui désiré.

Et maintenant? Que se passe t'il?
Les jeunes adultes ont ils moins de valeurs? J'en ai bien peur... Mais ceci n'est peut être que la pensée d'un jeune vieux réactionnaire.
Les enfants ont ils moins d'histoires? Peut être bien... les contes pour enfant sont toujours là, mais je pense que l'éveil au monde réel se fait de plus en plus tôt, que les histoires disparaissent de plus en plus tôt (faudrait que je regarde les dessins animés d'aujourd'hui...), que les histoires refusent de plus en plus d'être moralisatrices et manichéennes (comme ça elles peuvent cibler un public un peu plus adulte, style Harry Potter...même si ça reste relativement manichéen, en tout cas Harry n'est pas l'archétype du héros).
Les modèles actuels sont sans doute plus ancrés dans la réalité, et proposent comme valeur la renommée, la richesse (facile tant qu'à faire), voire la duperie : seul le résultat compte. "Dommage", je n'ai pas d'adolescents autour de moi pour voir quels sont leurs modèles, quand à leur âge j'étais sans doute encore dans mes dessins animés...



mardi 17 décembre 2013

Maslow et Pascal

Petite réflexion récente sur les motivations humaines. Tout le monde connaît maintenant Maslow et sa pyramide des motivations, essentiellement appliquée au travail : besoins physiologiques, de sécurité, d'appartenance, d'estime de soi puis d'auto-accomplissement.
J'ai subitement eu l'impression qu'il manquait un niveau à sa pyramide, celui du divertissement.
Les hommes se motivent généralement pour survivre et vivre en sécurité, mais une fois ceci atteint, le besoin de se divertir n'est il pas généralement plus fort que les autres, même en ces temps de réseaux sociaux?
L'homme éprouve un besoin quasi vital de se divertir, ne serait ce que pour oublier ses problèmes.

Après, la figure de la pyramide est je pense à revoir. Autant la base me semble logique et solide, autant les étages supérieurs doivent pouvoir être pris dans le désordre. Un des étages supérieurs pourra facilement éclipser tous les autres : le besoin d'appartenance pourra être exacerbé et faire oublier l'estime de soi et l'épanouissement personnel, et inversement, y compris avec le divertissement.

Les concepts sont là, les motivations primaires sont là (pas toutes) mais l'image de la pyramide est fallacieuse.

Petite question théorique : à quoi ressemblerait un monde où les contingences matérielles auraient disparues (réglées par les robots, le progrès, la richesse...) ? Vers quelles motivations se tourneraient les hommes?
Cette hypothèse fait simplement disparaître les deux premiers niveaux de la pyramide.
Certains se tourneraient sans doute vers le plaisir immédiat, le divertissement instantané: le plus grand nombre?
D'autres se tourneraient vers des associations (ou plus bêtement vers les réseaux sociaux), pour le sentiment d'appartenance, sans aucun doute. Si en plus l'association revêt un caractère spirituel, religieux, ça nous donne un semblant d'un autre étage de la pyramide.
L'estime et la reconnaissance disparaîtraient en partie dans un monde sans travail : mais on pourrait trouver d'autres critères, basés sur les connaissances, les valeurs morales, les relations humaines (quoique là, on retombe dans le besoin d'appartenance...)...
Et les derniers (les moins nombreux?) se tourneront vers la création, la réalisation personnelle, l'auto-accomplissement : je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que ces gens là sont assez peu nombreux dans notre société. C'était sans doute l'idéal des anciens philosophes, qui voulaient abolir le travail (par l'esclavage... pas terrible comme moyen :p ) : bien lointain maintenant.